Athenssum, i8g8, t. II, p
iSa
ETUDES BOBESPIERRISTES
re-established, or at least the présent 0 prolongée!
for several years. Staley brought your last. We are determinecl to grant C. D's l'equest. You'ill be pleased to advance liim the 18000 livres, and be kind enough to assist him in discovering the channels in which the money may be inost successfullv distrlbuted. We hâve a great deal of business to transact today in the office, Avhich circumstance obliges me to subscribe myself pro S e
lour most obedient and huinble servant.
enverrons bientôt, le vieux "j sera bientôt de nouveau rétabli ou pour le moins que le présent 0 se prolongera pour quelques années. Staley a porté votre dernière. Nous sommes décidés à faire droit à la demande de C. D. Vous voudrez bien lui avancer 1 8 000 livres et être assez aimable pour l'aider à découvrir les canaux dans lesquels l'argent peut être distribué avec le plus de succès. Nous avons une grande quantité d'aff"aires à traiter aujourd'hui au ministère, cette circonstance m'oblige à signer moi-même pour
Votre très obéissant et humble serviteur.
Il y a dans cette lettre de quoi exercer la sagacité des critiques. Pourquoi d'abord se trouve-t-elle dans les papiers de Danton? M. Alger donne à cela une explication inadmissible. Il rappelle que Perregaux fut compromis dans une tentative d'évasion du duc du Chàtelet, qu'on l'arrêta et que les scellés furent mis sur ses papiers. La lettre compromettante, que nous avons reproduite, aurait été communiquée à Danton pour qu'il en fit la traduction. Mais, au moment de l'arrestation de
DANTON ET L'OR ANGLAIS l33
Perregaux, à la fin de frimaire an II, Danton n'appartenait plus depuis longtemps au Comité de Salut public. Il n'a jamais appartenu au Comité de Sûreté générale. C'est Cambon qui fut chargé par ces deux comités de faire le rapport sur l'affaire de Perregaux. Or, Cambon connaissait l'anglais et il se défiait de Danton, dont il fut un des accusateurs les plus opiniâtres, depuis le début de la Convention. Comment supposer que Cambon aurait demandé l'aide de Danton, son ennemi, pour déchiffrer un document anglais qu'il pouvait lire à première vue ! Cette supposition est d'une invraisemblance criante. Si Cambon avait découvert un pareil document dans les papiers de Perregaux, nul doute qu'il n'aurait pas conclu, comme il le fit, dans son rapport du 3 nivôse, à l'innocence du banquier, qui fut remis en liberté !
A cette date, la lettre était déjà en possession de Danton. Qui pouvait la lui avoir communiquée, sinon Perregaux avant son arrestation?
Pourquoi Perregaux a-t-il remis la pièce à Danton après sa réception, sinon parce qu'elle intéressait directement Danton ?
11 n'y a pas lieu non plus de s'arrêter à une autre supposition de M. Alger, d'après laquelle ce serait le duc du Châtclet qui serait l'un des personnages indiqué par les initiales C. D. dans le document anglais. Sans doute le duc Louis-Marie- Florcnt du Chàtelet, ci-devant colonel des gardes françaises, qui avait été condamné à mort pour
l34 ÉTUDES ROBESPIERRISTES
émigration, le 28 frimaire an II, tenta de corrompre ses gardiens en leur offrant un chèque de looooo livres sur la banque Perregaux, mais rien, absolument rien, ne permet de croire que l'Angleterre fut pour quelque chose dans l'affaire. Vérification faite après l'arrestation de Perregaux, il fut reconnu que du Châtelet n'avait jamais eu de dépôt dans cette banque et qu'il s'était targué d'un crédit imaginaire. C'est pourquoi Cambon conclut à l'innocence de Perregaux. La supposition de M. Alger ne repose donc sur rien. D'ailleurs le duc du Chàtelel ne paraissait pas aux Jacobins et on ne voit pas pourquoi l'Angleterre lui aurait envoyé de l'argent pour récompenser son action dans ce club.
Le fait brutal reste. La pièce compromettante, qui prouve de toute évidence que le gouvernement anglais payait à Paris des révolutionnaires h bonnet rouge pour entretenir l'anarchie, cette pièce figure dans les papiers de Danton saisis à son domicile lors de son arrestation.
Le Stalev qui joue le rôle de courrier entre j^aris et Londres pourrait bien êlre le Stanley que l'observateur Francqueville dénonce comme un agent de Pitt dans son rapport du 28 frimaire an II'. Ce Stanley se livrait justement, dans la section des INIutius Scœvola, h des excès démagogiques. « On entend tous les jours se renouveller