‹ Etudes robespierristesChapitre 15 sur 87 · Robinet, pp · texte numérisé non relu

Robinet, pp

2. Archives nationales, F' /16G0. Lettre anonyme adressée au Comité de Salut public.

3. V^oir mon article « La vente après décès des biens de Danton dans l'Aube », Annales révolutionnaires, mai-juin 191 3.

LÀ FORTUNE DE DANTON Sy

Aucune de ces accusations, que je sache, n'a été à l'époque reconnue fondée. Mais il faut avouer que le district d'Arcis, où siégeait en qualité de vice-président le beau-père de Danton, Recordain, ne mit qu'un empressement modéré à vérifier les dénonciations qui lui furent faites. Nous ne les mentionnons ici que pour mémoire. Nous nous en tenons aux textes officiels. Ils nous prouvent qu'en six ans la fortune de Danton s'était accrue de iSoooo francs environ.

Depuis que son office d'avocat aux Conseils est fermé, depuis le mois de mars 1791, Danton n'exerce plus de profession. Administrateur du département de Paris, par la grâce de Mirabeau, disent ses ennemis, depuis la fin de 1790, ses fonctions sont gratuites.

En décembre 1791 il est nommé substitut du procureur de la Commune de Paris. Il touche en cette qualité une indemnité annuelle de six mille livres. Il a été ministre, du 10 août au 5 octobre 1792, pendant 55 jours. Il a été député pendant 19 mois environ.

Admettrons-nous qu'il ait réalisé sur ses appointements de ministre et de député des économies assez fortes pour expliquer ses nombreuses acquisitions, la plupart d'ailleurs antérieures à son élévation? Malgré tout son optimisme, le brave docteur Robinet n'a pas cherché à soutenir que Danton fut économe. Tous les témoignages, même ceux de ses amis, s'accordent à le représenter

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comme un joyeux vivant, aimant la bonne chère, un Gaulois ne détestant pas la paillardise, un jovial compère affectant le cvnisme de l'allure et du langage. On rapporte de lui des mots qui le peignent tout entier. Non, un tel homme n'a pas dû faire d'économies sur ses appointements de ministre et de député.

Alors, la question se pose toujours : d'où vient l'argent ? On a dit que Danton avait dédaigné de se défendre contre les accusations de vénalité qui furent lancées contre lui de son vivant et à maintes reprises. Et même on lui en a fait grief. « Il eut tort, a-t-on écrit, dans l'intérêt même de la patrie, qui se confondait ici avec le sien, de ne pas réfuter la calomnie'. » C'est une question de savoir si l'intérêt de la patrie s'est jamais confondu avait l'intérêt de Danton, mais il n'est pas exact que Danton ne se soit pas défendu contre ce qu'on appelle la calomnie. Nous avons vu que Courtois, son ami, rédigea au mois d'août 1791, évidemment sous son inspiration, un mémoire apologétique. Le 20 janvier 1792, dans le grand discours qu'il prononça lors de son installation comme substitut du procureur de la Commune, Danton prit soin d'expliquer que ses acquisitions, l'acquisition de sa métairie comme il disait, avaient été faites au moyen du remboursement de sa charge, fournissant ainsi d'avance au

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