‹ Etudes robespierristesChapitre 28 sur 87 · Parue de i865 à · texte numérisé non relu

Parue de i865 à

LA LclGENDE DASTONIENNE ni

un certain point la réconciliation posthume dans une même glorification de tous les révolutionnaires. Ils défendaient Robespierre sans accabler Danton. Leurs apologies furent molles et ondoyantes. Il leur manqua le nerf que donne seul le souci profond de la vérité complète.

Les compilations de Bougeart' et de Vermorel ', le léger article d'Eugène Despois ^ n'auraient pas suffi cependant à donner droit de cité dans le parti républicain à la thèse familiale et positiviste du docteur Robinet, si le terrain n'aA'ait été préparé par l'historien le plus populaire de la Révolution ; j'ai nommé Jules Michelet.

Michelet commença sa Révolution au lendemain de son cours fameux sur les Jésuites, dans toute la fièvre du combat. « La Révolution estelle chrétienne, antichrétienne ? », c'est la première question qu'il se pose et qui le met dans l'impossibilité de comprendre Robespierre. Michelet admire les Girondins incrédules comme Vergniaud, les déchristianisateurs comme Chaumette et Cloots. Il porte ceux-ci auv nues parce qu'ils fermèrent les églises. Son fanatisme anticlérical ne lui permet pas de distinguer entre les prêtres constitutionnels, que les Montagnards protégè-

1. Danton, documents inédits pour servir à l'histoire de la Révolution, Paris, 1861.

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