Lettre citée
i5o ÉTUDES ROBESPIERRISTES
3 juin 1790. S'étant ainsi pourvu d'une bonne couverture patriotique, il pouvait aller de l'avant. Nul n'applaudit d'un meilleur cœur au décret qui mit les biens du clergé à la disposition de la nation. Dès le mois de décembre 1789 il soumettait au Comité des finances de la Constituante un projet de banque nationale dont le but était de tirer parti de cette immense fortune immobilière \ Il perdait à la réforme 26000 livres de rentes et de dîmes, mais il espérait bien se rattraper au décuple. Au moment où la vente des biens du clergé allait commencer, il se multipliait pour se rendre utile et dressait des tableaux d'estimation de ces biens ^.
Du premier coup et sans effort l'abbé d'Espagnac était monté sur les cimes du patriotisme. Quand Mirabeau mourut, il montra une grandeur d'âme admirable. Il offrit i 200 livres aux Jacobins pour le buste en marbre de son ancien ennemi. Les Sabbats jacobites donnèrent du geste cette plaisante explication :
Jugez mieux du motif qui l'anime.
En donnant son sac
Le D'Espagnac
N'est pas sublime.
Du mortel dont il fut victime
Est-ce trop offrir
Pour payer son dernier soupir ?