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Discours de Batbedat aux Jacobins, le 3 juin

L'ABBÉ DESPAGNAC i5i

D'Espagnac fréquentait dès lors les révolutionnaires les plus ardents. Il était le compagnon de plaisirs d'Hérault de Séchelles. Il héritait de ses maîtresses. L'une d'elles, la Morency, qui raconte sur son compte une aventure assez scabreuse, a laissé du galant abbé ce portrait séduisant : « C'est un homme fort aimable, ô Lise ! Tu lui trouverais bien des charmes ! De la taille de Séchelles, des grands yeux voilés et superbes, l'air sentimental, quoiqu'il soit le plus grand roué de la terre, il plaît sans qu'on y pense et joint aux charmes extérieurs beaucoup d'esprit. J'aurais raffolé de lui si jamais Séchelles n'avait fixé mon cœur »*. Il traitait Danton en ami. Il rencontrait Camille Desmoulins dans la maison de jeu de la belle de Sainte-Amaranthe, au 5odu Palais-Royal. Camille Desmoulins prenait en mains les intérêts de son frère dans l'affaire de l'échange du comté de Sancerre et consacrait à les défendre tout un supplément des Révolutions de France et de Brabant'^.

L'agioteur menait grand train. Les parlementaires affamés trouvaient plaisir et profit à le fréquenter.

La guerre déclarée, l'abbé patriote se fit fournisseur aux armées. Quand Danton, son ami, fut entré au ministère après le lo août, il passa des marchés fructueux.

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