‹ Etudes robespierristesChapitre 52 sur 87 · I. Sans doute un frère ou cousin de Mme de fieaufort · texte numérisé non relu

I. Sans doute un frère ou cousin de Mme de fieaufort

aao ÉTUDES ROBESPIERRISTES

nous. Je vous assure que, quoi qu'il puisse m'arriver, ce sera jusqu'au dernier moment une consolation pour moi de penser aux services que vous m'avez rendus.

Voici encore une Mme de Puisieux qui écrit à Julien une lettre d'un lyrisme débordant, datée d'un château de l'Orléanais, le dimanche 28 juillet 1798 :

Il est impossible, citoyen, d'écrire une plus aimable lettre que celle que vous m'avez envoyée. L'esprit dont elle brille m'a cependant moins touché que les charmes de la sensibilité qui y est répandue et, si elle était factice, vous seriez bien coupable ! Mais non, l'homme, je crois, ne peut se manquer à ce point et celui qui a le bonheur de vivre auprès de mon amie ne peut être ni faux ni insensible...

La lettre continue sur ce ton. On voit que Julien a recommandé l'auteur à quelque sans-culotte d'Orléans et l'a chargé de la protéger contre tout danger. Elle n'est cependant pas délivrée de toute inquiétude et elle espère que son « Dieu tutélaire », c'est Julien, continuera de veiller sur elle. Dans sa solitude, elle s'entretient de ses « vertus ». Elle souhaite qu'il jouisse « de la douce récompense qui est due à l'homme de bien, au véritable républicain qui sait, par les grâces de son esprit, faire aimer la République et montre, par ses vertus, qu'il est digne de marcher sur les pas des Romains généreux qui doivent être toujours nos maîtres et nos modèles ».

Tout l'armoriai, décidément, se donnait rendez-

UN DEPUTE D'AFFAIRES aai

VOUS dans le cabinet du pasteur. Voici encore qu'il s'intéresse à deux Normandes : Mmes de Râville et de Théroulde, femmes d'émigrés, dont les biens, écritleur homme d'affaires Demontaur*, vont être pillés « administrationnellement », si Julien ne tient pas la promesse qu'il leur à faite d'intervenir en leur faveur, de concert avec les deux députés du Calvados, Philippe Delleville et Fauchet ^.

Ces lettres, dira plus tard Julien, sous la réaction thermidorienne, « faisaient l'éloge de son amour pour la justice dans un temps où il y avait quelque mérite à être juste » ! « Dans mes fonctions au Comité de Sûreté générale, continuerat-il, je ne distinguois ni aristocrates ni ce qu'on appeloit sans-culottes. Je ne vis jamais que des citoyens et je tâchois d'être juste envers tous. Si je m'occupois du bonheur des hommes lorsqu'ils étoient opprimés, si j'écoutois les réclamations qu'on me fesoit à leur égard, je remplissois un devoir sacré, je faisois alors ce qu'on a fait, ce que vous avez fait vous-mêmes depuis le 9 thermidor, je venois au secours des victimes de la tyrannie. » *.

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