Mémoires de Barras, t. III, p. igS
tique. Il ne songea plus qu'aux afiPaires qu'il n'avait jamais délaissées du reste. En l'an VIII, il passa en Italie et il y resta pendant toute la durée du Consulat et de l'Empire. Il habita Turin depuis l'année 1800. Il y exerça la profession d'avocat, puis d'avocat-liquidateur. Il liquida notamment l'entreprise Bets qui était chargée des convois militaires dans la péninsule. Son fils devint procureur près le tribunal d'Embrun.
Les Bourbons revinrent. L'ancien régicide allait-il être obligé de partir pour l'exil? Il fit valoir, par une lettre datée de Milan le 12 septembre 1816, que la loi sur l'exil des votants ne lui était pas applicable, puisqu'il n'était pas revenu en France pendant les Cent Jours et qu'il n'avait reçu aucune fonction de l'usurpateur. Il déplora ses erreurs passées, il rendit un solennel hommage aux intentiorfs bienfaisantes de Louis XVIII, son gracieux souverain. Il termina son épitre par le cri de : Vive le Roi !
Le passeport qu'il sollicitait lui fut délivré et il put rentrer en France où il mourut obscurément. Nous ne savons rien de ses dernières années. On peut, sans crainte de se tromper, les imaginer remplies par les exercices de piété auprès du procureur du roi, son fils. Fin édifiante de l'ami de Danton et de d'Espagnac ! La vertu n'est-elle pas toujours récompensée?