‹ Études russes et européennesChapitre 10 sur 26 · Voyez Un homme (F État russe (Nicolas Milutine · texte numérisé non relu

Voyez Un homme (F État russe (Nicolas Milutine

l'empereur ALEXANDRE II. 13

compagner l'empereur à Kovno, et de ne pas le laisser seul en présence du vice-roi de Pologne, c'était là, chez Alexandre II, le point sensible *.

De ce côté, il était aisé à froisser, et une fois blessé, il ne revenait guère. Il n'oubliait point volontiers les torts que, à ses yeux, on avait eus envers lui ; il avait des antipathies et des rancunes qu'il n'était pas assez dissimulé pour déguiser et dont il n'était pas assez politique pour triompher. Jamais, par exemple, il ne pardonna aux Polonais la fatale insurrection de 1863. La Pologne eut beau demeurer tranquille, pendant dix-huit ans; elle eut beau ne prêter aucun appui aux sinistres entreprises des révolutionnaires, l'empereur ne voulut apporter aucun adoucissement aux mesures de rigueur prises contre les provinces de la Vistule. Il n'a jamais, non plus, croyons-nous, pardonné, entièrement, à la France, sinon la guerre de Crimée, du moins l'accueil, relativement froid, qu'il avait rencontré, à Paris, en 1867, et le coup de pistolet tiré, dans nos rues, parBerezowski. Ces ressentiments personnels, associés à sa vieille affection pour son oncle, le roi de Prusse, ne furent peut-être pas étrangers à l'imprévoyant concours que, en dépit de l'opinion publique, il prêta, en 1870, à la prépotence germanique. Il est vrai que, depuis, en 1875, Alexandre II, mieux éclairé sur les intérêts de la Russie et de l'Europe, contribua, par son veto, à refréner les velléités

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