AUX JEUNES FRANÇAIS
La jeunesse actuelle, œlle qui est née depuis la guerre, se pose, tout haut, des questions que ses devancières auraient à peine osé, hier encore^ agiter à voix basse.
« Toute politique mise de côté, êtes-vous partisan de relations intellectuelles et sociales plus suivies entre la France et T Allemagne ? » telle est la question qu'adressait, ces jours derniers, à des écrivains de tout âge, un groupe de jeunes gens, au nom d'une petite revue des « jeunes » '*.
En d'autres termes (si j'ai bien compris), est-il permis d'aller à l'Allemagne? Et, si ce n'est en politique, au moins sur le champ neutre de l'art et de la science, avons-nous le droit de tendre la main aux Allemands ?
1 . Ces pages ont paru d'abord dans la Revue bleue du 2 mars 1895*