‹ Études russes et européennesChapitre 4 sur 26 · AVANT-PROPOS V · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS V

France, pour ne pas trouver bientôt qu'elle ne nous donnait point tout ce que l'âme de la France en avait attendu. Notre engouement était gros de mécomptes; à la période d'exaltation devait succéder celle de dépression. Pour certains, l'heure du désenchantement est déjà venue. Ils trouvent que, au lieu de relever noire prestige et de fortifier notre crédit dans le monde, l'alliance russe, témoin l'Orient, a plutôt diminué ce qui nous restait d'ascendant moral et fait déchoir la France, aux yeux des peuples, de son rang ancien.

Justifiées ou non, ces maussades réflexions viennent trop tard. Avant de sceller l'alliance, peut-être eussions-nous bien fait de nous assurer que l'amitié tsarienne ne devait rien nous coûter de ce que nos pères nous avaient appris à regarder comme notre honneur de chrétiens et notre vocation de peuple libre.

Nos alliés slaves avaient l'esprit assez ouvert pour comprendre que nous tenions de notre long passé des titres et des devoirs qu'il nous eût répugné de sembler oublier. Mais s'il y a eu défaillance de notre part, Falliance avec l'aigle russe en estelle seule responsable? N'est-ce pas, aussi, manque d'initiative de notre France, indifférence coupable du public, défaut de confiance en nous-mêmes et perte de foi en notre mission ; — et aussi, il faut bien le dire à la décharge de nos gouvernants,

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