‹ Études russes et européennesChapitre 5 sur 26 · VI AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

VI AVANT-PROPOS

timidité venue de nos malheurs et conscience de nos faiblesses intimes? L'Europe vient encore d'en faire l'expérience, et il nous est bien permis, à nous Français, de le constater, la cause de la justice et les droits de l'humanité ont bien, décidément, perdu quelque chose à la mutilation et à l'affaiblissement de la France. Les dernières semaines ont montré, à tous, quel cas nos vainqueurs de 1870 font de l'existence des faibles et des revendications nationales, là même où ils n'ont nul intérêt à les fouler aux pieds, sur ces rivages classiques éclairés, à nos yeux, des reflets éblouissants du génie de l'Hellade. La primauté de la force a, de nouveau, été proclamée à la face du monde, dans cet Orient où, par la faute de nos pères, les chrétiens s'étaient habitués à compter sur leur faiblesse, comme sur une force.

Elle n'a donc pas mis fin aux brutalités de la politique, l'alliance appelée, par tant d'ingénus, comme la grande réparatrice des torts du passé et des crimes de l'histoire. Elle n'a rien redressé, en Occident ; et quant à l'Orient, Arméniens ou Grecs, anciens clients de la France catholique ou de la Russie orthodoxe, ceux qui avaient tant de fois bénéficié de l'appui du Franc ou du Slave russe, savent quel profit les chrétiens d'Europe et d'Asie ont retiré de cette alliance, sur laquelle l'Orient, en d'autres jours, eût entassé tant d'espé-

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