‹ Études russes et européennesChapitre 6 sur 26 · AVANT-PROPOS. VII · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS. VII

rances. Beaucoup d'entre nous avaient, à vrai dire, attendu mieux de l'union des deux grandes protectrices de la Croix vis-à-vis du Croissant, des deux nations qui naguère se disputaient, les armes à la main, la gloire du patronat chrétien. Laquelle des deux, France ou Russie, a paralysé la main de l'autre? J'espère, pour notre honneur et pour notre conscience, que c^ n'est pas la France.

N'importe, si l'alliance russe a eu ses déceptions trop récentes et trop douloureuses pour qu'un Français ose y insister, est-ce une raison, pour nous, de rejeter Talliance et de nous réfugier dans notre isolement ancien? Non pas, croyonsnous, en toute sincérité. Étant du petit nombre de ceux qui avaient mis la France en garde contre les mécomptes de l'alliance, nous sommes à l'aise pour la prémunir contre les déboires ou contre les révoltes du désenchantement.

L'alliance russe a donné à la France la sécurité, à l'Europe la paix. Cela, il faut en convenir, est bien quelque chose ; et cela, nous n'avons cessé de le répéter, est tout ce que les sages étaient en droit d'espérer. Le reste était illusion, rêve d'esprits toujours prompts à croire aux vagues mirages du lointain. Il y a eu, de notre part, dans l'alliance, quelque chose de trop sentimental, et, pour tout dire, de trop amoureux. Un de nos moralistes a dit, méchamment : « Il est de bons mariages ; il n'en

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