VIII AVANT-PROPOS
est pas de délicieux. » Boutade impertinente peutêtre d'un célibataire sceptique; mais si ce n'est pas toujours vrai de l'amour ou du mariage, cela l'est assurément des alliances entre gouvernements et des amours ou des amitiés entre nations. Il faut, ici, consulter la raison plus que le sentiment. C'est ce que trop d'entre nous avaient oublié ; l'alliance russe souffre, aujourd'hui, d'avoir été faite, en grande partie, par le sentiment. Il ne faut pas laisser maintenant le sentiment la défaire. Ce serait une autre faute, et plus grave. Telle qu'elle est, même après ces tristes déboires d'Orient, l'alliance russe peut encore rendre service à la France, et à TEurope, et à l'équilibre du monde. A peine conclue et déclarée devant les peuples, cette union du tsarisme russe et de la république française, ce serait folie, de notre part, de la répudier. En politique étrangère, au moins, il sied d'avoir quelque esprit de suite, et nous serions mal récompensés d'appliquer à notre diplomatie les mêmes procédés qu'à notre politique intérieure. Dénoncer l'alliance avec le jeune empereur, passionnément acclamé il y a quelques mois par la France, ce ne serait pas seulement nous montrer plus mobiles que nous ne le sommes ; ce serait encore réjouir ceux de nos voisins qui nous veulent le moins de bien. L'alliance rejetée par nous, d'autres sont là, qui nous guettent, prêts