AVANT-PROPOS. IX
à la recueillir et à la garder. Sachons donc la conserver; soyons fidèles à nous-mêmes, en étant fidèles à nos amis, — aussi longtemps du moins qu'ils nous garderont leur foi. Mais, alliés récents ou anciens rivaux, ne nous mettons aveuglément à la suite de personne ; sachons apprendre aux autres à compter avec nous, avec nos intérêts, avec nos sympathies, avec nos idées, et, s'il nous en reste encore un, avec notre idéal. Et pour que peuples et gouvernements comptent avec nous, soyons unis et soyons forts j car toute alliance ne vaudra, pour nous et pour les causes qui nous sont chères, qu'autant que nous aurons contraint le monde à nous apprécier et à nous estimer, à apprécier nos forces et à estimer notre politique. Après cela, n'allons pas trop mettre notre confiance en autrui ; — ce n'est pas aux mains des autres, fût-ce de nos amis, c'est en nos mains françaises, ne l'oublions jamais, que doit demeurer le sort de la France.
Paris, mai 1897.