L. de nos climats
1 Un autre phénomène bien connu est lié à la même î circonstance. On sait que tant que le soleil n’est point À descendu à plus de 18 degrés environ au-dessous de “l'horizon, nous recevons encore ses rayons brisés ou 4 \plutôt courbés par la réfraction atmosphérique. Cette Mlueur crépusculaire est d'autant plus vive, qu’elle est ‘plus rapprochée du point où le soleil s’est couché ;
elle s’affaiblit par degrés dans la direction du point
î opposé de l'horizon. Le crépuscule a une durée va-
4 pins aux différentes époques de l’année : à Paris,
par exemple, il dure exceptionnellement toute la
{nuit à l’époque du solstice d'été. Dans la zone glaà | ciaie, le crépuscule peut continuer pendant des jour-
| nées entières et même des mois, suivant qu’on ap-
1 proche davantage du pôle. Au pôle boréal même, du 4 21 mars au 23 septembre, il règne un jour absolu;
un crépuscule de cinquante-trois jours lui succède, | puis une obscurité complète de deux mois et demi, puis un nouveau crépuscule de cinquante-deux jours.
4 Aussilôt qu'on entre dans la zone glaciale, toutes
les conditions ordinaires de la vie se trouvent donc
ô ÉTUDES SCIENTIFIQUES.
les âmes les plus courageuses de funèbres pressenti- Ænten ments. Cependant, s’il faut en croire les navigateurs @U'il c pensé pure paise hobles dre exc Polaire vec
ne v:
4 Dan 4 ’air d
| altérées. L'homme est habitué dès l'enfance à la bien- 4 trar À! faisante périodicité du jour et de la nuït, qui se lie, #Æhan {l pour lui, aux alternatives de repos et d'activité : il Me sol bi éprouve je ne sais quel sentiment d'abandon et d'in- #prolo 1! quiétude quand il ne voit pas remonter sur l’horizon toile 1! l'astre qui lui verse la chaleur avec la lumière et par d {: donne la vie à toute la nature. Les heures de la lon- 4 ont À! gue nuit arctique doivent paraître bien lentes aux #Æans( | matelots, condamnés à un loisir forcé et enfermés gueur fi dans les flancs de leur vaisseau. Dans cette étroite Jours FE retraite, ils combattent avec peine les rigueurs d'un 1es so: } froid cruel ; au dehors, tout est ténèbres, mystère et “Pourl | solitude ; les vents sifflent avec furie, et les glaces, en # ract il se heurtant, se brisent avec des bruits étranges, qui #4 La |} ressemblent à des plaintes confuses et remplissent @mm |
arctiques, on s’habitue peut-être plus facilement à l'obscurité continuelle qu’au jour sans fin qui y succède. La nuit amène avec elle une sorte de langueur: et d’engourdissement ; mais il semble que cette lumière incessante et perpétuelle, cette netteté même qu’elle imprime à tous les objets, aient quelque chose d’implacable et d’irritant : il y a dans les teintes amoindries du soir comme une douceur secrète qui appelle le repos. Les ressorts de la pensée se détendent avec le jour qui s'évanouit. La nuit n’est point une tyran- 4 nie de la nature, elle en est un bienfait. 4 u-des
C'est pendant les périodes crépusculaires que les Muite paysages arctiques ont peut-être l'aspect le plus 4 ouche
à la bienqui se lie, ctivité : il n et d’inl'horizon umière et de la lonentes aux enfermés tte élroite eurs d'un mystère et glaces, en anges, qui emplissent pressentiavigateurs cilement à qui y SUClangueur' et tte lumière ème qu’elle hose d’imtes amoinqui appelle ndent avec une tyran-
es que les ect le plus
trance et le plus poétique. Qui n'a ressenti le Frarme de ces instants, pour nous si fugitifs, quand de soleil a disparu, lorsque les ombres indéfiniment 1 Drolongées ont enfin tout envahi ? Quelques rares pioiles brillent dans le ciel, dont l’azur s’assombrit par degrés, on reconnait encore les objets, mais ils 1 bon: en quelque sorte indistincts et comme noyés dans d’épaisses vapeurs. Dans les zones polaires, cette lueur douteuse et inégale remplit le ciel durant des Jours entiers; les vastes plaines de glace et de neige, es sombres falaises des rivages, qui ne s’ouvrent que Lu laisser passer les glaciers, se revêtent alors d’un @ractère imposant et mélancolique.
La nature du Nord a d’ailleurs ses singuiarités dbmme ses aspects BIONERQUARE Tout le monde a éhtendu parler du mirage : les illusions étranges qu'il détermine se lient presque toujours dans notre Pensée aux souvenirs de la fameuse campagne d’Éoù elles égarèrent mainte fois l’armée fran- | ise pendant ses pénibles marches à travers les bles du désert. Les pays chauds n° sont pas le théâre exclusif de ce phénomène. C’est dans les régions Dolaires et pendant l'été arctique qu'il se déploie Avec une magnificence dont rien n’approche, avec | ane variété qui défie toute description.
+ Dans l’état ordinaire de l'atmosphère, les couches l'air diminuent de densité à mesure que l’on s’élève
| Au-dessus de la terre; mais il peut arriver que par " uite de l'échauffement rapide et excessif du sol les œouches d'air qui sont en contact avec lui s’échauf-
fent considérablement et deviennent ainsi moins denses que celles qui sont plus élevées. Comme les déviations qu'un rayon de lumière subit en traversant plusieurs couches d'air sont en rapport intime avec la densité de ces couches, il arrive que les rayons qui viennent de l’horizon se courbent et finissent par s’y réfléchir comme dans de véritables miroirs : l’œil voit alors dans le ciel des images renversées au bord de l'horizon, el nécessairement trèsfugitives. Les couches d'air qui les produisent sont dans l’état d'équilibre le plus instable, puisque les plus légères sont au-dessous des plus pesantes : le moindre mouvement qui se propage, le plus léger changement de température, ont pour effet d’abaisser, d'élever, souvent mêine d’incliner ces sortes de miroirs aériens : tantôt les images se confondent en partie avec les objets et les recouvrent, tantôt elles s’en séparent; tout est déformé, en largeur comme en hauteur. Souvent une deuxième image redressée s'élève par-dessus ia première, parfois même on en voit encore une troisième affaiblie et de nouveau renversée.
Les conditions les plus favorables à ce phénomène du mirage se réalisent au plus haut degré dans les zones glaciales. Au refroidissement excessif et continu de l’hiver succèdent en effet les longues ardeurs d’un soleil qui ne descend pas au-dessous de l’horizon. Il devient souvent complétement impossible aux navigateurs de se rendre compte, à une certaine distance, de la véritable configuration des côtes, et ils
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% sance très-précieux. Quelquefois le mirage a été cause
4 des erreurs les plus graves : c’est ainsi que sir John
Æ Ross annonça, en revenant de son premier voyage, Len 1818, qu'il avait trouvé le détroit de Lancastre
4 fermé à l'horizon par une chaîne de montagnes, et
#} qu’il fallait renoncer à l'espérance du fameux pas- M sage du nord-ouest. Ce fut sans doute un effet de
mirage qui causa cette illusion, qui, plus tard recon- Unue, fut pour un temps fatale à la réputation de celui
qui en avait été la victime.
Sile mirage est pour les navigateurs arctiques l'ori- ‘gine de beaucoup de mécomptes en les enveloppant de mille apparences trompeuses, il est aussi pour eux “ha source des plus vives impressions. Dans toutes Meurs relations de voyage, on sent percer une admi- “ration mêlée d’étonnement en présence de ces jeux “admirables de la nature, à qui il suffit de mouvoir Îles couches invisibles de l'air, pour créer des hori- Mzons nouveaux et suspendre un monde fantastique Doux bornes du monde véritable. Qui de nous n’a ja-
Imais dans les lignes arrondies ou les contours bi-
Mzarres des nuages, cherché à construire des formes ou Nà saisir de lointaines ressemblances ? Surtout quand la mer est recouverte au loin de ces montagnes de glace flottante, voyageurs lents et gigantesques qui se promènent au gré de courants souterrains, les ho- Mrizons arctiques donnent comme une réalité vivante à ces rêves et à ces fantaisies de l'imagination. Tan- (A1ôt on croit apercevoir les ruines amoncelées d’une
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