‹ Études scientifiques [microforme]Chapitre 4 sur 40 · FEREZ · texte numérisé non relu

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cité de géants ; l'œil reconnaît çà et là, dans le vague du lointain, des colonnes debout sur des piédestaux irisés, des portiques gigantesques, des aiguilles blanches pareilles à des obélisques, qui dressent leur ligne aiguë dans le ciel et appuient leur pointe contre d’autres obélisques renversés. Parfois les frissons du vent impriment à toute cette architecture des ondulations légères, comme si un tremblement souterrain venait ébranler à la fois la cité terrestre et la cité aérienne. Un moment après, tout disparaît comme par enchantement : encore un instant, et tout reparaîtra sous des formes nouvelles ; ce ne seront plus que d'immenses rochers en tables ou en assises grossières, des dolmens druidiques, des murailles massives et radieuses où s'ouvrent des grottes sombres, qui semblent conduire à un monde inconnu. Ces scènes magiques rompent la triste monotonie des voyages arctiques : là où la terre n’a plus rien qui puisse charmer les yeux, le ciel peut encore créer des spectacles nouveaux et saisissants.

Mais il est temps de parler des glaces et de tous les phénomènes qui sont liés à la formation et aux mouvements de ces masses flottantes. On sait quelle influence le relief et la configuration des terres ont sur la météorologie d’une contrée ; aussi importe-t-il de donner d’abord un aperçu rapide de la géographie des régions polaires. Si l’on suit sur un globe terrestre le prolongement septentrional des continents de l’Europe, de l'Asie et de l'Amérique, on verra que les portions de ces continents qui dépassent le cercle

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k ÉTUDES SCIENTIFIQUES

dans le va- “polaire dessinent une sorte d’anneau grossier, dont ur des pié- Mes bords intérieurs sont très-irréguliers. Le cercle ues, des ai- polaire entre dans la Suède au-dessous desîles Loffoisques, qui Miden, au pied des vastes glaciers de Fondalen, séppuient leur “pare la Laponie de la Finlande, pénètre dans la rsés. Parfois mer Blanche, et traverse ensuite toute la Russie et cette archi- Asie septentrionale en coupant presque à angle si un trem- “droit les grands fleuves qui descendent vers l'océan a fois la cité "Glacial, la Petchora, l'Obi, le Raz, l’Ienissei, l’Anat après, tout Dara, l'Olenek, la Lena, l’Tano, l’Indigiska, la Rovina. ncore un in- En dépassant le détroit de Bchring, il divise l’Amés nouvelles ; rique russe, franchit la rivière Mackenzi É

ers en tables Grand-Ours, le pays des Esquimaux, 19

; druidiques, Ætle Cumberland, le détroit de Davig@)

s'ouvrent des fuite la partie méridionale du Groë ‘äun monde 8h pointe dans l'océan Atlantique Ja triste mo- Près du cap Nord, qui forme l' terre n’a plus ie de l'Islande.

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ants. Romprises dans la zone glaciale sont'à peu Pre

es et de tous ducs, ainsi que le Spitzberg, la Nouvelle-Zemble et nation et aux les îles de la Nouvelle-Sibérie. A l'exception de la On sait quelle 1 Bone profondément découpée des fiords de la Nor-

des terres ont Ki qui forme comme une barrière à demi détruite si importe-t-il Mt minée par l'Océan, les côtes de cette zone sont de la géogra- { resque partout basses et unies. Le grand continent sur un globe 4 à nu semble descendre par degrés sous la mer descontinents At lui verse les eaux de ses grands fleuves, qui deson verra que endent des pentes régulières en lignes presque passent le cercle L allèles. Si ces immenses artères s’ouvraient libre-

ment sur des mers navigables, des villes riches et po- ‘puleuses viendraient se grouper sur leurs rives; mais leurs eaux infécondes vont se perdre dans l'océan Glacial, et ne baignent que des contrées incultes, presque désertes, périodiquement désolées par les débâcles et les inondations causées par les glaces qui emprisonnent les embouchures : lieux d’exil et de châtiment, où les rigueurs d’un régime despotique s'ajoutent à celles de la nature. Les côtes et les plaines de l'Amérique septentrionale ont le même caractère de monotonie que celles de la Sibérie : ici encore le continent se perd insensiblement sous les mers arctiques ; seulement les inégalités de son relief ont donné naissance à des mers intérieures ou baies réunies entre elles par des canaux et des détroits. Qu'on se figure une surface presque plane, mais couverte en tout sens de rides et de bossellements légers : si on la plongeait à demi dans l’eau, le niveau liquide y tracerait les méandres les plus capricieux, et l’on aurait dans ces lacs, ces îles irrégulières, ces détroits si-

nueux, une miniature des parties les plus septentrio- “M nales de l’Amérique. Les dépressions qui servent de * lit à ce qu’on nomme modestement les baies de ces 4

régions sont véritablement énormes. Les baies de 4 Baffin et d'Hudson ont plus de trois cents lieues dans leur plus grande étendue; le grand canalqu’onnomune * le détroit d'Hudson a cent soixante-dix lieues de longueur.

La presqu'île du Groënland forme un contraste frappant avec ces contrées basses qui s'étendent

riches et pors rives; mais dans l'océan rées incultes, olées par les les glaces qui « d’exil et de 1e despotique et les plaines me caractère * ici encore le les mers arclief ont donné baies réunies its. Qu'on se is couverte en égers : si on la iquide ytraceet l’on aurait es détroits si-

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À ‘hu delà du Labrador. Deux chaînes de montagnes

Maui viennent se croiser à son extrémité méridionale Men ont marqué le relief, l'intérieur des terres est

ontueux, et les côtes sont anfractueuses et dentelées

1 omme celles de la Norvége qui leur font face de J'autre côté de l'Atlantique. Il y a bien des siècles

‘que le flot de la mer bat ces noires et gigantesques les révolutions qui les ont fait surgir du “fond dos eaux se perdent dans la nuit des temps "géologiques. Nos dates et nos ères s’effacent devant

Les monuments, qui ne mesurent point les années de

M'homme, mais les âges d’un monde.

4 Il est très-intéressant d'étudier l'étendue et la dis-

“ribution des glaces pendant la saison d'hiver dans Houte cette zone boréale : elles remplissent et ferment Complétement tous les passages dans ce qu’on pourfait nommer le grand labyrinthe arctique, depuis . approches des détro'is d'Hudson et de Davis j jus-

waux plages inconnues du pays de Banks. On con-

coit aisément combien ces régions basses et entre-

k Loupées se prêtent à une pareille accumulation : 4 quand les premières glaces se brisent, 4 bris viennent s'arrêter à l'entrée de quelque étroit ranal,

leurs dé-

où le froid les ressoude presque aussitôt.

1 Merres et eaux se couvrent bientôt d’un immense manteau de neige et de glaces, et cette solitude Mésolée n'a pas moins de huit cents lieues de lon- Æpueur dans sa plus vaste étendue. En même temps une ceinture de glaces borde les côtes de l'Amérique Wusse, ainsi que les alentours du détroit de Behring

et du Kamtchatka jusque vers son extrémité méridionale. Elles s'étendent à une énorme distance tout le long de l'Asie, unissent au continent les terres abandonnées de la Nouvelle-Zemble et dela Nouvelle- Sibérie, remplissent toute la Mer-Blanche et s’étendent sur la côte orientale de la Laponie. Enfin une vaste plaine glacée unit le Spitzherg et la partie occidentale de l'Islande aux rives inhospitalières du Groënland.

Si l’on peignait d'une même couleur sur un globe terrestre toutes les régions arctiques qui, pendant l'hiver, sont recouvertes par les glaces, l'observateur le plus inattentif ne pourrait manquer d’être frappé par certaines singularités de leur contour : des côtes situées à la même latitude peuvent être, l’une complétement libre, l’autre défendue par une large barrière de glaces. C'est que la température d'une contrée ne tient pas seulement à son éloignement du pôle; elle est aussi en rapport avec sa configuration, avec la distribution relative des terres et des eaux et avec les grands mouvements qui se produisent dans le sein des mers sous le nom de courants. Tout le monde sait que les eaux échauffées sous l'équateur se répandent vers le pôle et que les glaces du Nord viennent se fondre dans les zones temprées : ii se fait ‘insi un perpétuel échange de froid et de chaleur qui tend à niveler les températures, et l’on peut dire de la mer qu’elie est le grand modérateur des saisons. À mesure qu'on. pénètre dans l’intérieur des terres, ces infuences r'égulatrices s’effacent, et la tendance

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