‹ Études scientifiques [microforme]Chapitre 31 sur 40 · ENTRE LES DEUX MONDES · texte numérisé non relu

ENTRE LES DEUX MONDES

Lorsque Ampère découvrait les lois de l’électricité dynamique et faisait construire le premier appareil destiné à transmettre des signaux à l’aide du mouvement de petites aiguilles aimantées, il ne pouvait prévoir quelle brillante et rapide fortune était réservée à ce nouveau système de télégraphie. S'il eut l’incontestable mérite d'en poser les premières bases, c’est au physicien anglais Wheatstone et à l'ingénieur américain Morse que revient surtout l'honneur d'avoir réalisé, d’une manière simple et ingénieuse, la pensée hardie du savant français.

Ces fils dont on peut bien dire, sans la moindre hyperbole, qu’ils transmettent la pensée avec la rapidité de la foudre, — les fils du télégraphe électrique couvrent aujourd'hui de leur léger réseau tous les pays civilisés, se suspendent le long de tous nos chemins de fer, s’entre-croisent au-dessus des rues de

ns grandes le montagne deviné que d traient mot (rimée , — lus grave at dans les Alpe

Mon gîte du s

L’étonnant

Miexplique a qu'elle emple

tppareils d’u oilà tout ce continent; m l'esprit scient point conten krres, il a fe La télégraphie lle, où ell les, dont hes. Les pré fous-marin de-Calais, ent l'Angleterre f de Dublin, de lu com'é de portes de la commu icati nie, l'Écosse luyderzee fu

ricilé Appale du il ne rtune \phie.

pretstone artoul ple et .

irnidre rapitrique us les s cheues de

ns grandes villes, traversent les plus hautes chaînes de montagnes. Qui eût, il y a vingt ans seulement, deviné que des ordres envoyés de Paris et de Londres traient mouvoir le même jour des armées dans la trimée, — ou, s’il est permis de passer du sujet le lus grave au plus frivole, que le touriste qui voyage dans les Alpes pourrait, grâce au télégraphe, retenir

Mon gîte du soir au sommet du Righi?

L’étonnante extension de la télégraphie électrique ‘explique aisément par la simplicité des moyens

nelle emploie. Un fil de métal, des poteaux, quelques Moparcils d'une construction et d’un emploi faciles,

wilà tout ce qu’il faut pour unir les deux bouts d’un wntinent; mais, avec cette intrépidité qui caractérise l'esprit scientifique et industriel moderne, on ne s’est point contenté de communiquer à la surface des krres, il a faïlu traverser les mers elles-mêmes, et k télégraphie est alors entrée dans une phase noulle, où elle a rencontré des difficultés toutes spéales, dont quelques-unes ne sont pas encore résohes. Les premiers essais furent timides : un câble ous-marin fut placé en 1851 dans !° détroit du Pasde-Calais, entre Douvres et le cap Sangate. Peu après, l'Angleterre posa des câbles d’Holyhead aux environs de Dublin, de Douvres à Middelkerke, près d'Ostende, lu com'é de Suffolk à Scheveningen, qui est aux portes de la Haye. En 1853, le Danemark établit sa tommui ication avec l’île de Seeland par l’île de Fionie, l'Écosse fut mise en rapport avec l'Irlande; le luyderzee fut traversé. Au Canada, on uñissait le Nou-

veau Brunswick à l’île du Prince-Édouard, dans je golfe Saint-Laurent : première étape de la grande ligne qui un jour doit relier les deux continents. On préludait ainsi à des tentatives plus hardies : la Spezzia fut bientôt jointe au cap Corse, l’île de Corse à

l’île de Sardaigne, et dans la mer Noire le câble M

jeté entre Varna et Balaclava permit à l’Europe occi-

dentale de suivre jour par jour les péripéties de la guerre. Enfin l’on essaya de compléter la communication entre l’Europe et l'Afrique, mais sans succès : % le câble, qui, partant du cap Spartivento en Sardaigne, Bi devait aboutir à la Calle en Algérie et atteindre des pro- & fondeurs de plus de 2000 mètres, fut rompu et resta à

en partie au fond de la mer. Malgré cet échec, il était

désormais permis de croire qu’on franchirait un iour à J

la Méditerranée, et l’on osa même espérer que l’ancien et le nouveau monde seraient bientôt réunis à

travers le vaste océan Atlantique. L'Amérique ct à l'Angleterre se prirent d'enthousiasme pour cette R

noble tentative, et en suivirent toutes les phases avec

une patriotique anxiété. On ne se borna pas à en RS

exalter l'importance commerciale, on voulut y voir comme un gage de concorde et de paix entre deux grandes nations, qui, bien qu'armées si longtemps l'une contre l’autre et encore rivales, ne peuvent oublier qu'elles sont unies par une commune ori-

gine. La portée politique et sociale d’une entreprise à

sans précédent, les études pleines d'intérêt qui l'ont préparée, l'accident même qui, une première fois en est venu interrompre l'exécution et les mystérieuses

| circonstanc

rement sté tion. On nc détail dan:

électrique précier les trées.

Le profe:

: mier l’idée

sous-marin ans après |

| Europe, le

accorda à t

L lui allouat

exclusifs st Lasrador.

Edouard et

la forme 0 pour chois

aigue, es prot resta à il était n jour à

e l’an-

r cette à

es avec 1s à en y voir "e deux temps Jeuvent 1e ori-

reprise B

ui l'ont fois en rieuses

| circonstances qui ont rendu le succès définitif entiè-

rement stérile, tout se réunit pour justifier l’attention. On nous permettra donc d’entrer avec quelque détail dans l'examen du projet de communication électrique entre les deux mondes pour faire apprécier les difficultés de tout genre qu'il a rencon-

Da lrées.

Le professeur Morse, de New-York, conçut le pre-

: mier l'idée d'établir une communication électrique

sous-marine entre les États-Unis et l'Angleterre. Trois ans après la pose du premier câble télégraphique en

| Europe, le gouvernement colonial de Terre-Neuve

accorda à une compagnie la concession de cette ligne, lui alloua une subvention, et lui garantit des droits exclusifs sur la côte entière de Terre-Neuve et du

Labrador. Les gouvernements de l’île du Prince- S Édouard et de l’État du Maine lui offrirent peu après

de semblables priviléges, mais ces concessions, comme tant d’autres qu'emporte l'oubli, seraient restées à l’état de lettre morte, si la confiance, que les plus téméraires seuls accordèrent d’abord, n'avait bientôt été justifiée par des études décisives, dont il est indispensable de faire connaître les résultats : nous voulons parler des études hydrographiques exécutées dans l’océan Atlantique, et des expériences entreprises en Angleterre sur le mouvement de l'électricité dans les câbles sous-marins.

‘Il importeit d’abord de connaître avec précision la forme du grand bassin que remplit l'Atlantique, pour choisir la route qui présenterait le moins d’obs-

tacles à l'immersion d’un câble, et diriger avec quel

que sûreté cette délicate opération. Malheureusement

ce qu'on pourrait nommer la géographie du fond de la mer est une science encore toute nouvelle. Les mystérieux abîmes qui séparent nos continents nous sont inconnus dans leurs profondeurs. Tous les marins savent quelle difficulté on éprouve à exécuter

des sondages rigoureux aussitôt qu'on s'éloigne al

une distance un peu considérable des côtes. Le moyen qu'on emploie d'ordinaire consiste à laisser tomb:r

un poids très-lourd, attaché à une corde, et à mesu-8

rer combien il s’en déroule jusqu’au moment où l'on

sent que le poids touche le fond de la mer; mais ce |

procédé ne donne plus aucune indication précise quand la profondeur devient très-grande : le frottement de l’eau, le poids même de !1 corde, ne permettent guère d'apprécier l'instant où la sonde à porté. D'ailleurs la corde ne descend jamais en ligne verticale, elle se replie en sens divers sous l'influence

des courants sous-marins. C’est pour ces motifs qu'on

ne peut accorder aucune confiance à certains sonda-

ges qui ont accusé en quelques parties de l'océan |

Atlantique des profondeurs vraiment incroyables. Depuis longtemps, on a imaginé une foule de moyens plus ou moins ingénieux pour remédier à ces dilticultés : le système adopté aujourd'hui par la marine américaine nous paraît le plus simple en même temps que le plus rigoureux.

Qu’on jette à la mer un boulet attaché à une trèsmince ficelle qui se déroule librement, il tombera

lemps , la fi ment ; elle

mais comm et incompai

tème , le bo même, el

un petit cyl lelit delar du fond de Ces ingénie Berryman qui s'étend

à semblait in

de la gran( nents, don les recherc cord avec c rapidement bientôt un conserve st

écuter

igne à

moyen omber

mesu- &

où l’on

nais ce À

précise frottele pernde a a ligne luence qu'on

mbera

avec une vitesse toujours croissante, jusqu'à ce qu'il aille s’enfoncer dans le lit de l’océan. Pendant ce lemps , la ficelle se dévidera de plus en plus rapidement ; elle ne s'arrêtera même pas quand le boulet sera parvenu au fond, parce que les puissants courants qui traversent la mer continueront à l'entrainer; mais comme la vitesse de ces courants est constante, et incomparablement plus lente que celle d’un boulet tombant d’une prodigieuse hauteur , un hydrographe uu peu exercé n'aura aucune peine à distinguer ces deux périodes du déroulement , et à estimer celle qui se rapporte à la chute seule du boulet. Cet appareil si commode a été perfectionné encore par le lieutenant Brooks, de la marine américaine. Dans son sys- ‘ème , le boulet, arrivé au fond, se détache de luimème, et la ficelle ramène, quand on la remonte, un petit cylindre-rempli de la substance qui rompose le lit de la mer. On peut obtenir ainsi des spécimens du fond de l'océan aux plus étonnantes profondeurs. Ces ingénieuses dispositions ont permis au lieutenant Berryman de sonder en 1855 la partie de l'Atlantique qui s'étend entre l'Irlande et Terre-Neuve. La nature

à semblait indiquer ces deux îles comme les termes

de la grande ligne destinée à unir les deux continents , dont elles sont les sentinelles avancées, et les recherches hydrographiques se trouvèrent d’accord avec cette indication. Le lit de la mer s’ubaisse rapidement à partir des côtes d'Irlande, mais atteint bientôt une profondeur à peu près constante qu'il conserve sur une immense étendue. Cette plaine ma-

rine, qu'on nomme déjà le plateau télégraphique

s'étend à trois kilomètres environ au-dessous di niveau de l'océan. La sonde n’y a trouvé ni sable ni argile ; plus vaste et plus unie que les steppes et les déserts de nos continents, elle est entièrement formée par des animaux microscopiques qu’on nomme infu-

soires. Couvrant, durant leur vie éphémère, les |

chaudes mers des tropiques, ils tombent après leur mort au fond des eaux, et les courants sous-marins les amènent à ces calmes profondeurs, où leurs dé-

Jicates carapaces se conservent pour toujours à l’abrik

des tempêtes qui bouleversent la surface de l'océan. Le fond de la mer, qui, au milieu de l’Atlantique,

atteint jusqu’à 3900 mètres , s'élève doucement vers le continent américain, jusqu’auprès de Terre-Neuve, h

où il forme un talus rapide, comme sur la côte d'Irlande. Ces premiers sondages, exécutés sur l'Arctie, furent vérifiés et complétés par le bateau à vapeur anglais le Cyclope, qui parcourut dans les deux sens

la ligne qu’on avait choisie pour établir le télégraphek

atlantique. La distance entre Valentia, sur la côte d'Irlande, et Saint-Jean de Terre-Neuve, qui doivent en former les extrémités, est de 2640 kilomètres en ligne droite. |

Les promoteurs du télégraphe atlantique virent leurs espérances justifiées par la découverte de ce plateau , qui semblait tout préparé pour recevoir le dépôt précieux qu’on devait lui confier : on le comprendra aisément si l’on se rend compte de la façon dont s'opère l'immersion d’un câble sous-marin. On

commence

| rouleau , à

l’une des e le long de l'effet de 5.

au fond de opposée. O parer un :

araignée c autre. Com à mesure 0 flancs du n lement l’ar:

et ne tend beaucoup d avec une f méandres

pleine mer navire et le

ètre égale :

De cette fa

Page 1