UX SEINS
égraphel
* Ja côte | doivent ètres en
la façon arin. On
commence par le charger, sous la forme d'un vaste rouleau , à l’intérieur d’un navire; après avoir fixé l’une des extrémités à la côte, on conduit le vaisseau | le long de la ligne projetée : le câble se dévide par l'effet de son propre poids et s'étend graduellement au fond de la mer , jusqu’à ce qu’on atteigne la côte
opposée. On pourrait, avec beaucoup de vérité, comparer un vaisseau chargé de cette opération à une araignée occupée à tendre un fil d’un point à un autre. Comme le fil sort du corps même de l’animal à mesure qu’il se meut, ainsi le câble s'échappe des flancs du navire pendant qu’il traverse l’océan ; seulement l’araignée ne file que ce qui lui est nécessaire et ne tend que des lignes droites, tandis qu’on a beaucoup de peine à empêcher le câble, qui se déroule avec une furieuse vitesse, de s’accumuler en inutiles méandres au fond de l’eau. Quand on est arrivé en pleine mer, la corde métallique, suspendue entre le navire et le lit de l'océan, agit comme un poids tellement puissant qu'il faut modérer l'entraînement de la portion qui reste dans le vaisseau, en opposant au déroulement des obstacles très-énergiques que les mécaniciens appellent des freins. Lorsque le fond de la mer présente une aussi remarquable régularité que dans la région comprise entre l'Irlande et Terre- Neuve, il est assez facile, on le conçoit, de régler cette résistance , puisque le câble n’a qu'à descendre avec une vitesse uniforme qui, théoriquement doit être égale à la vitesse même du navire en marche. De cette façon, tandis que celui-ci avancerait d’un
kilomètre, un kilomètre de câble s’échouerait derrière lui sur le lit de l'océan. Si au contraire il fallait : franchir des montagnes sous-marines ou des vallées de SANEN ! d’une grande profondeur , il deviendrait plus difficile il qui relie de diriger convenablement la descente du câble, con-l [Saint-Louis | traint de s'étendre sur des lignes très-sinueuses R"1ts électr tandis que le bâtiment court en ligne horizontale : sil 2° 600. kilon
A ricité parco M mètres dan
le câble ne se dévidait pas assez vite, il arriveraig{l"omome A alors infailliblement que le navire, tirant sur ll 12100 kilorr partie suspendue dans les flots, en causerait la rup- bourg, et se
Pisous-marine
ture.
Il ne suffisait pas d’avoir des données plus précises sur la forme et la profondeur du lit de l'océan: il fallait encore savoir de quelie iaçon un câble d’une aussi grande longueur, et placé dans des conditions si nouvelles, serait propre à transmettre l'électricité. Ici nous abordons une nouvelle série d’études qui, bien qu’entreprises en vue seulement de la construction du télégraphe atlantique, ont une portée trèsgénérale et intéressent vivement les sciences physiques. Les câbles sous-marins sont des conducteurs électriques placés dans d’autres conditions que les fils des télégraphes terrestres : ceux-ci sont isolés par l'atmosphère même qui les entoure et qui ne retarde que d'une quantité presque inappréciable la vitesse des courants qui les parcourent ; aussi cette vélocité est-elle comparable à celle de la lumière elle-même. # En opérant sur les fils qui relient Paris aux villes de # Rouen et d'Amiens, MM. Fizeau et Gonuelle ont mon-à tré, par des expériences fort ingénieuses, que l’élec-
tlectrique p itesse très- Jheaucoup m Msés dans l’ea aile premier sous-marin, véhicule au gutta-perchs Mon tresse des
h corde ains
mer. Les fils Biont donc s
gutta-perche
ducteurs éle passe un co sent les phy:
eux-mêmes tent une ex arrive quan
D ricité parcourt, pendant une seconde, 100000 kiloimètres dans un fil de fer et 180 000 dans un fil de cuivre. M. Gould, aux États-Unis, se servit d’un . fl qui relie, sur une distance de 1680 kilomètres, D Saint-Louis à Washington, et trouva que les cou- Lrants électriques le traversent avec une vitesse de 20 600 kilomètres par seconde. En Angleterre, l’astomome Airy a fait voir que cette vitesse est de 01 12 100 kilomètres sur la ligne de Greenwich à Édimbourg, et seulement de 4300 kilomètres sur la ligne Pisous-marine qui relie Londres à Bruxelles. Le fluide Milectrique parcourt donc les fils terrestres avec une itesse très-variable, mais il s'y meut toujours avec Jbeaucoup moins de paresse que sur les câbles plonés dans l’eau. Le célèbre physicien anglais Faraday aile premier expliqué cette différence ; dans un câble sous-marin, les fils de cuivre destinés à servir de véhicule aux courants sont isolés par une couche de gutta-percha. Pour donner au câble plus de solidité, Mon tresse des fils de fer autour de cette enveloppe, et h corde ainsi préparée est descendue au fond de la
tricité.
les qui,
ucteurs
que lesner- Les fils de cuivre qui en forment le centre ne lés par Mont donc séparés que par un mince manteau de retarde M sutta-percha du fer et de l’eau, qui sont de bons con-
ducteurs électriques. Il en résulte qu'au moment où passe un courant, les corps voisins sont, comme disent les physiciens, influencés, c’est-à-dire dérangés eux-mêmes dans leur repos électrique et manifestent une excitation propre. C’est exactement ce qui arrive quand on charge nn de ces appareils nommés
vélocité -même.# villes de nt mon- à e l’élec-
bouteilles de Leyde, si communs dans tous les cabi- 1
nets de physique. L’électricité qui s’accumule autour du cylindre de gutta-percha réagit à son tour sur celle qui voyage à l’intérieur, tend à la retenir et oppose ainsi une forte résistance à la marche du courant. M. Faraday a fait voir, par une expérience
directe, que, sur une ligne aérienne de 1500 milles 8
anglais de longueur, l'électricité se répand presque instantanément d’un bout à l’autre du fil, tandis qu’elle emploie jusqu’à deux secondes à faire le même trajet dans un fil sous-marin.
Ces résultats faisaient craindre qu’on n’éprouvit
une grande difficulté à transmettre des signaux dis- BR tincts, avec une suffisante rapidité, à travers un cà- À ble aussi long que celui qui devait traverser l’Atlan- à
tique. M. Whitehouse, l’électricien de la compagnie
(pour une chose nouvelle il faut un mot nouveau), Ë s’est occupé de lever ces doutes. Pendant l’année
1855, on préparait en même temps à Greenwich deux câbles destinés, l’un à traverser le golfe Saint-
Laurent, l’autre à compléter ia ligne de la Méditerra- à
née, en unissant la Sardaigne à la côte d’Afrique. L'un de ces câbles devait se composer de trois fils de cuivre, l’autre de six. En formant un circuit unique avec tous ces fils, on obtint une longueur totale de plus de 1800 kilomètres : jamais la science n'avait pu être servie par des expériences faites sur une échelle aussi grandiose.
Pour reconnaître avec quelle rapidité l’on pourrait transmettre des dépêches dans un câble aussi long,
M. Whiteho
2 sensibilité c D esse des c
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Lil met la p | mettant ain N l'oscillation à interrompu
chimiquemi canisme dl que le cour terrompu. ( que temps t dont chacur points du ci
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n Cà- À Atlan- à
agnie
(veau), année
nwich Saint-
abi- à
ÉTUDES SCIENTIFIQUES. 317 M. Whitehouse a construit des appareils d’une exquise
2 sensibilité destinés à mesurer rigoureusement la vi- D tesse des courants. Un pendule, battant la seconde,
est disposé de telle façon que, pendant une oscillation,
Jil met la pile en communication avec le câble, per-
mettant ainsi au courant de le parcourir, et qu'à l'oscillation suivante cette communication se trouve
à interrompue. Au point de départ, un papier préparé
chimiquement se déroule régulièrement par un mécanisme d’horlogerie : un stylet s’y appuie pendant que le courant passe, et se détache sitôt qu’il est interrompu. Ce papier présente ainsi au bout de quel-
que temps une suite de traits placés à égale distance,
dont chacun s’imprime durant une seconde. A divers points du circuit sont disposés des rouleaux sembla-
à bles, qui tous sont entrés en mouvement en même
iterra- à
rique.
fils de inique ale de vait pu schelle
urrait i long,
temps que le premier ; seulement les stylets ne commencent à marquer leur première trace qu’au moment où le courant parvient à eux. On voit donc, à la partie supérieure de chaque bande de papier, un espace blanc d'autant plus long qu’on se rapproche davantage de l’extrémité du fil; en comparant ces diverses longueurs à la trace que l'électricité imprime pendant une seconde, on possède des images matérielles du retard qu'elle éprouve dans sa marche, et l'on peut, à l’aide dé rigoureuses mesures de longueur , calculer des fractions de temps dont notre imagination a peine à saisir la valeur, mais qu'il importe à la télégraphie de connaître.
Chose singulière, à l'extrémité du fil, le stylet, une
fois appliqué sur le rouleau, ne pouvait plus s’en détacher, et, au lieu des traits discontinus du premier appareil, ne marquait qu'un trait indéfini. Cela vient de ce qu’à chaque seconde, au moment où le courant s'établit, un mouvement vibratoire, ou, si l’on aime mieux, une onde électrique entrait dans le fil ; mais, comme il lui fallait plus d’une seconde pour en sortir, il en résultait que l'extrémité était constamment chargée d'électricité et que le courant ne pouvait être interrompu. Il faliait une seconde et demie au fil pour se décharger complétement, et par suite de ce retaril les mouvements consécutifs du stylet, dont les traces forment l'écriture télégraphique, ne pouvaient être séparés par un moindre intervalle. On acquit ainsi la
preuve qu’on ne pourrait transmettre des dépêches
d’un continent à l’autre qu’avec une extrème lenteur, si l’on envoyait périodiquement dans le circuit des ondes de nature semblable : il restait à examiner si, ‘en employant alternativement des ondes d'électricité
positive et négative, on ne réussirait pas à obtenir une |
transinission plus rapide. Le passage des courants ne peut s’opérer, avons-nous vu, qu'à la condition que le fil de cuivre reste chargé d’une certaine quantité d'électricité qui tienne en équilibre celle qui se développe autour de l'enveloppe isolante en guttapercha ; en envoyant dans le Àl une onde électrique négative après une onde positive, on pouvait espérer que les molécules, subitement déchargées et rendues à leur équilibre naturel, propageraient plus docilement l’excitation nouvelle. Les essais réussirent au
+ delà de tou
dont le sen
+ duire à le
lincts du st
| ptriences € 2) démontrère
lives ou né dans le câb tuellement.
dispositions lignes sousterrestres, € deux sens a vraiment du Une fois électrique p tesse, il falla qui s’affaibli qu'ils doive mouvoir les Les anciens :
sont destinés triques et se que le passa:
vent servir q de très-court vulsivement précise. M.
nouveau, aus lorce d’attrac
| dé- M delà de toute espérance : en employant des courants mier dont le sens variait constamment, on parvint à provient BA duire à l'extrémité du câble huit mouvements disrant M tincts du stylet dans une seconde; bien plus, iés exaime périences entreprises avec les courants alternatifs nais, EN démontrèrent que plusieurs ondes électriques posiortir, MA lives ou négatives peuvent voyager en même temps ment BM dans le câble sans se détruire ou se contrarier mutêtre DM tuellement. On a donc le droit d'espérer qu'avec des pour dispositions convenables, on pourra un jour, sur les etaril lignes sous-marines et peuc-être même sur les lignes races terrestres, envoyer à la fois des dépêches dans les être deux sens avec un fil unique : résultat qui tiendrait nsi la EM vraiment du prodige.
êches N Une fois qu’on eut reconnu que la transmission électrique pouvait s’opérer avec une suffisante vitesse, il fallait rechercher quels étaient les courants qui s’affaiblissent le moins dans un long trajet, parce qu'ils doivent conserver assez d'énergie pour faire mouvoir les appareils qui enregistrent les signaux. Les anciens instruments nommés galvanomètres, qui sont destinés à mesurer l'intensité des courants électriques et se composent de fines aïiguillesMimantées que le passage de l'électricité fait mouvoir, ne peuvent servir quand il s’agit de courants très-forts et de très-courte durée : les aiguilles s’agitent alors convulsivement et ne donnent plus aucune :adication précise. M. Whitehouse a imaginé un instrument nouveau, aussi simple que rigoureux, qui mesure la force d'attraction exercée par un barreau de fer doux,
320 ÉTUDES SCI£NTIFIQUES.
changé momentanément en aimant pendant le passage du courant. Avec cet appareil, dont la sensibilité
est exquise, M. Whitehouse a pu comparer les divers à courants au point de vue de leurs propriétés télégra- à
phiques : ceux qu’on devait préférer étaient les courants qui traversent le câble avec la plus grande rapidité, tout en perdant le moins possible de leur force. Sous ce double rapport, les courants voltaiques, et qui sont dus à une action chimique, se
distinguent très-nettement des courants dits d’induc-
tion, ces derniers prenne: “aissance dans un fi conducteur toutes les fois qu’autour de lui l'équilibre électrique ou magnétique est modifié, quand on ap-
proche un aimant, quand on l'éloigne, quand un
courant voltaïque naît dans un fil voisin ou quand il s’'évanouit, quand il gagne en force ou quand il s’affaiblit. Les courants d’induction ne sont donc en quelque sorte que les reflets des perturbations électriques ordinaires, et pourtant ils jouissent de propriétés tout à fait distinctes. Ainsi M. Whitehouse a montré, qu'ils se transmettent dans le câble sous-marin avec une plus grande vitesse que les courants voltaïques : il à prouvé aussi qu'ils voyagent d'autant plus vite que leur intensité est plus forte, tandis que l’intensité n’a aucune influence sur la propagation des courants ordinaires. Il fut donc décidé qu’on emploierait pou le service du télégraphe atlantique des courants d’induction d’une extrême énergie. La pile voltaïque qui alimente, si l’on peut s'exprimer ainsi, l’activité de ces courants inductifs est d’une force remarquable:
lle est con h dispositi sure au Co
Les reche resteront d phie sous-1 nière défini:
jrestait enco Hionner au
(alais pèse
4 l'Atlantique
pesé plus d charger une
navire, fût-c
qui pourrait | mille homm
n queltriques
nts d'inique qui
PTUDES SCIENTIFIQUES, 321
elle est composée d'éléments en zinc et en argent, et h disposition que M. Whitehouse leur a donnée assure au courant une remarquable régularité.
Les recherches dont nous venons de rendre compte resteront désormais comme les bases de la télégraphie sous-marine et en fixent les règles d’une manière définitive. Une seule question, dans le cas actuel, restait encore à résoudre : quelle épaisseur fallait-il
Ailonner au câule atlantique? Celui de Douvres à
(alais pèse 8 tonnes par mille; si le câble de
i M'Atlantique avait eu les mêmes dimensions, il aurait
pesé plus de 20 000 tonnes : il devenait impossible de charger une masse aussi énorme dans les flancs d’un navire, füt-ce ce Leviathan des mers, le Great-Eastern, qui pourrait transporter sur les mers une armée de dix mille hommes. L’immersion d’un câble très-lourd à de grandes profondeurs est d’ailleurs une opération très-difficile, qui présente les plus grands dangers. M. Brétt raconte que, dans une première tentative pour relier la Sardaigne à l'Afrique, il ne put trouver dans tout l'équipage que trois hommes assez couraseux pour rester auprès des freins. La prudence et l'économie commandaient de donner au câble atlantique la moindre épaisseur possible; mais d’autre part il semblait que l'électricité aurait plus de peine àse propager, si l’on diminuait le diamètre : c’est du moins ce qui arrive dans les courants ordinaires ; la résistance qu'ils éprouvent est d'autant plus considérable que le fil est plus mince. Cette fois, heureusement, les modifications que subit le mouvement de
l'électricité dans les câbles sous-marins se prêtèrent comme à souhait aux exigences qu'il s'agissait de
satisfaire; M. Whitehouse vérifia que, loin d’être re- |
tardé, le courant s'accélère quand on diminue l'épaisseur du câble. Aucune considération théorique ne
s’opposait donc à ce qu’on lui donnât une grande lé- |
gèreté, et on se préoccupa seulement de le faire assez épais pour qu'il conservât, pendant la descente, une convenable rigidité et ne pliât pas trop docilement sous l'influence des courants sous-marins.
Après avoir résolu avec tant d'habileté et de bonheur toutes ces difficultés scientifiques, ces problèmes entièrement nouveaux, on résolut de faire une expérience solennelle avec les instruments mêmes qui devaient servir un jour sur la ligne de l’Atlantique. On réunit en un circuit unique, dont la longueur
atteignait plus de 3000 kilomètres, les fils souter- &
rains el les câbles qui font communiquer Londres, Dumfries et Dublin, avec toutes leurs ramifications. L'expérience eut lieu à Londres, dans la nuit du 9 octobre 1856, en présence du célèbre professeur Morse. M. Whitehouse employa, pour produire les courants, son appareil d’induction élettro-magnétique et sa pile à élémentsde zinc et argent: les signaux furent enregistrés suivant l'ingénieuse méthode de M. Morse, aujourd’hui presque universellement adoptée. On obtint de 210 à 270 signaux par minute, ce qui correspond à peu près à six ou huit mots. On s’assura ainsi qu’on pourrait transmettre environ un message de vingt mots en trois minutes, par consé-
quent 480 vingt-quat
Encoura pagnie du pel au pt 6 novembr
1 350 000 liv
lement. La gouvernem lui accord moment ot capital, et :
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Le l’éque ne
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bonroblère une nèmes tlantigucur
quent 480 messages de cette longueur pendant les vingt-quatre heures.
Encouragée par cette expérience décisive, la compagnie du télégraphe atlantique se décida à faire appel au public, et fit connaître son prospectus le
{ 6 novembre 1856. Le capital entier, qui montait à 1 350 000 livres sterling, fut souscrit presque immédia-
lement. La compagnie entra en négociation avec les gouvernements de l'Angleterre et des États-Unis, qui lui accordèrent une subvention annuelle jusqu’au moment où les recettes atteindraient 6 pour 100 du capital, et mirent généreusement à sa disposition les
D navires dont elle aurait besoin. Le tarif des dépêches
ne fut point fixé d'une manière définitive; mais on comptait porter à 100 francs le prix d’une dépêche de vingts mots de Londres à New-York, et à 60 francs le prix d'une même dépèche de même longueur entre Terre-Neuve et l'Irlande. Dans ces conditions, on comptait en cas de succès, sur un revenu probable de 10 à 15 pour 100. Cette proportion paraîtra peut-être laible, si l’on songe aux risques de tout genre auxquels est exposée une entreprise aussi hardie ; mais il n'est pas douteux que la plupart des souscripteurs étaient moins inspirés par l’appât d’une rémunération que par le désir de contribuer à une œuvre utile
let glorieuse.
La compagnie commanda le câble à la fin de décembre 1856 à deux maisons anglaises, MM. Newall de Birkenhead, Glass et Elliott de Greenwich, qui s'engagèrent chacune à fournir 2000 kilomètres de
Fete
RS us 2
EE La = En ss Eh à moine - = PR | = = S.- È = : a =. = LAzT: —
câble pour la somme de 1 550 000 francs. La fabrication des câbles sous-marins a déjà pris en Angleterr le rang d'une industrie spéciale , et l’on put satisfaire en quelques mois à une aussi importante demande : plus de deux mille ouvriers furent employés à ce gigantesque travail. Après un grand nombre d'essais, on se décida à donner au câble un poids d’une tonn
par mille et une épaisseur de 15 millimètres. Quelques mots suffiront pour indiquer de quelle manière il esi composé et comment il fut construit. Le centre es formé de sept fils de cuivre, l’un droit, les si: autres enroulés en hélice autour du premier; L corde en cuivre, plongée à trois reprises dans un bain
de gutta-percha, est couverte ainsi d’une triple couchel
isolante; on l’entoure ensuite de filasse goudronnée. Préparée par tronçons de deux milles de longueur, soumis chacun à l'examen des électriciens, la corde est revêtue d’une enveloppe protectrice en fil de fer. Voici de quelle façon s'exécute cette opération : une grande roue horizontale porte à sa circonférence dix huit cylindres verticaux autour desquels sont enroulé des fils de fer. Au centre de la roue est une ouvertur par où s'élève la corde en cuivre qu’une machine vapeur dévide, et qui monte incessamment vers le toit de l'usine. La machine dévide aussi les rouleau: de fil de fer, mais elle fait marcher par la même im pulsion la roue sur laquelle ils reposent : ils tournent donc en même temps qu’ils s'élèvent, et se tordent en hélice autour de la corde centrale. Aussitôt qu'un rouleau de cuivre est épuisé, on le remplace par un
autre et ons:
est la rapidit
ich jusqu’
|jour. Les e) côles ont ét h partie de
à l'Océan. Afir
ion des va, sionner la rt de plus de 7 10 milles à milles près « Que de fo jantes on cr prévu! On ép descend aux au dernier commis quel aurait évitée terminées sé des fils de c ces moitiés € che à droite élrange mép quences , pu milieu de l'O à se détordre lachant au sant : remè( augmenter «
ÉTUDES SCIENTIFIQUES. 325 brica M autre et on soude soigneusement les extrémités. Telle
eterrM est la rapidité de cette opération, qu’on a fait à Greenisfaire Mi vich jusqu’à 48 kilomètres de câble dans un seul
ande ‘M jour. Les extrémités qui devaient rester près des ce gi cotes ont été construites avec plus de rigidité que essais Ba partie destinée à rester sur le fond tranquille de tonne l'Océan. Afin que le frottement sur les rochers, l’acclquesi'ion des vagues, le choc des ancres ne püût occae il est sionner la rupture, on avait donné au câble un poids tre est de plus de 7 tonnes par mille, sur une longueur de les six 10 milles à partir de la côte de Terre-Neuve et de 15
ier; li nilles près des côtes d'Irlande.
in bain Que de fois dans les entreprises les plus imporcouche tantes on croit avoir tout pesé, tout examiné, tout ronnée, prévul On épuise toutes les ressources de la science, on igueur, descend aux plus minutieux détails, et l’on s'aperçoit à cordeMau dernier moment, mais souvent trop tard, qu'on a de fer M commis quelque faute grossière que le plus ignorant n : uncMaurait évitée, Quand les deux moitiés du câble furent ce dix-M terminées séparément, on reconnut que les hélices nroulési des fils de cuivre et de fer étaient dans chacune de ivertureM tes moiliés en sens différents, les unes allant de gau- Achine à the à droite, les autres de droite à gauche. Une aussi vers lMttrange méprise pouvait avoir de fâcheuses conséouleaux@ quences , puisqu’une fois les deux moitiés réunies au dôme im nilieu de l'Océan, chacune d’elles devait aider l’autre ournent à se détordre. On comptait réparer cette faute en attordent iachant au point de jonction un poids très-puisot qu'un sant : remède dangereux, puisqu'il contribuait à > par ui augmenter encore la tension du câble, déjà natu- ‘ 19
ER RER SE ere ri ue
DR Em PsTaeS
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ä ee = os Én— “z = = + RE 2: = 22 z = Hi ét #4 ee = 7 ET - = A A. 3 re “ = = Bass MOSS bé = Er. 3 >
æ 1 e ue nb ue DURS ee 2 = s 1]
rellement si forte pendant l'immersion en pleine
mer.
Le gouvernement anglais mit à la disposition de la
compagnie, pour recevoir une des moitiés du câble, Bi
le vaisseau l’Agamemnon, qui avait porté le pavillon de l’amiral sir Charles Lyons dans la mer Noire au début de la guerre de Crimée; les États-Unis envoyt-
rent, pour être chargée de l’autre moitié, la neuve et
magnifique frégate Niagara. Les deux navires se dé-
pouillèrent de leurs formidables engins de guerre ;h construits pour les terribles luttes de la mer, ils al-B
laient se rencontrer pour une œuvre toute pacifique. Les deux moitiés du câble furent amenées dans les
chambres qu'on leur avait préparées, au moyen del
poulics portées sur des bateaux aiignés jusqu’auprès des vaisseaux à l’ancre : à mesure que le câble entrait on l’enroulait avec un soin extrême autour d’un axe vertical, de façon que les tours se recouvrissent trèsexactement et que rien ne pût mettre obstacle au déroulement. Il fallut un mois entier pour charger une moitié du câble dans l’Agamemnon ; la forme de ce navire permit de l’y loger en un rouleau unique, dont la partie supérieure formait un vrai plancher circulaire de 45 pieds de diamètre. Dans le Niagara, on fut obligé de diviser le câble en trois rouleaux, et il fallut même démolir en partie l’intérieur de la brillante frégate.
Pendant qu'on préparait avec une si étonnante rapidité le câble du télégraphe atlantique, on se préoccupait aussi de perfectionner les appareils ordinaire-
ment empl La princip empêcher pidement € replis. Jusc essayé de descente :
s'enrouler | lindre, qu’i vement aut sur son tra sur un fort La friction « de toute la ] de l’eau, ex s’'enroule, e trop vite, e en rendant plus difficild ceux quiarr ]
pleine
\ de la càble, avillon ire au AVOyÈ-
Puve et
se dé-
uerre ;È
ils al-
cifique.Ë
lans les
ment employés pourimmerger les câbles sous-marins. La principale difficulté de cette opération consiste à empêcher la corde métallique de se dérouler trop rapidement et de s’'amasser au fond de la mer en longs replis. Jusqu’à présent, voici de quelle façon on a essayé de modérer la vitesse du câble pendant sa descente : en arrivant sur le pont du navire, il vient s’'enrouler plusieurs fois autour d’un tambour ou cylindre, qu’il oblige à tourner avec lui ; il passesuccessivement autour de plusieurs tambours analogues placés sur son trajet; arrivé à l'arrière du vaisseau, il glisse sur un fort rail en fer et descend enfin dans la mer. La friction que le câble, fortement tendu par le poids de toute la partie suspendue entre le navire et le fond de l’eau, exerce sur les tambours, autour desquels il s’'enroule, et sur le rail en fer, l'empêche de se dévider trop vite, et ii est loisible d'augmenter le frottement en rendant le mouvement des tambours de plus en plus difficile, au moyende freins en bois dur pareils à ceux quiarrêtent en peud'instantslesroues des wagons lancés à grande vitesse sur nos chemins de fer. Toutes ces dispositions étaient encore imparfaites : ainsi il arrivait souvent que, le câble descendant avec une extrême rapidité, les différents tours se mêlaient sur les tambours et s’usaient en frottant les uns contre les autres ; le câble, fortement échaufté par la friction, se détériorait en passant sur le rail de fer, bien qu’on fût constamment occupé à l’arroser avec de l'eau froide. Pour opérer l'immersion du câble de l’Atlanlique, on a donc avec raison supprimé ce rail en fer,
et on l’a remplacé par une immense poulie, fortement fixée à l'arrière un peu en dehors du navire : le câble tourne une dernière fois autour d’elle avant de plonger dans les flots. Les t:mbours autour desquels le câble s’enroule en passant sur le pont portaient des sillons profonds en acier, où s’engageaient régulièrement les tours, qui ne pouvaient ainsi s’enchevètrer malgré la rapidité du mouvement. Il y avait
quatre tambours pareils, dont les mouvements étaient }
solidaires et réglés par la manœuvre du frein.
Les deux navires furent munis de tout ce que ia
prudence la plus scrupuleuse pouvait croire néces-
saire; on y accumula un véritable matériel de con- | struction et de réparation, des appareils électriques de ! tout genre. En supposant qu’une partie du câble eût à
perdu la faculté de conduire l'électricité, on devait en
être averti immédiatement par l'arrêt d’une sonnette À que le courant tiendrait constamment en mouvement. |
Aussitôt on aurait serré les freins pour arrêter la descente, mis en quelque sorte le navire à l’ancre sur
l'immense corde qui l’attachait au fond de la mer, } relevé graduellement la partie immergée à l'aide
d’une machine à vapeur; puis, le tronçon en défaut une fois découvert, on aurait coupé la portion privée d'électricité et ressoudé les deux extrémités saines. Dans le cas où une de ces tempêtes soudaines, qui sont malheureusement si communes dans cette partie de l'Atlantique, serait venue mettre l'opération en danger, on projetait de couper le câble, d’attacher le bout de la partie immergée à un puissant câble de
réserve, pr ment desce bouées à l’«
à de l'Océan.
| seraient ép:
À auraient co À venu, on &
| câble de sec
L'époque nières préc:
Maury, qui
Drologie de |
là période 1 la fin du m d'août. C'est les tempêtes
à qui à d’autr
reuse la ro reusement à guère comp vorable, sur continu; il avec la plus les progrès, navires au € extrémités q
deux sens à
réserve, préparé à cet effet, qu’on eût laissé rapidement descendre à la mer. On devait fixer de fortes bouées à l'extrémité, afin qu'elle flottât à la surface | de l'Océan. Pendant que les fureurs de la tempête se ! seraient épuisées sur ce câble de secours, les navires auraient couru librement sous le vent; le calme re-
‘ment > : le ant de squels aient
régu-
M A venu, on aurait recherché les bouées, remonté le avait à câble de secour: et repris l'opération régulière. hinint L'époque choisie pour l'immersion rendait ces der-
Pl nières précautions à peu près inutiles : le licutenant D Maury, qui a fait une étude approfondie de la météo- Lrologie de l’océar :'!:ntique, avait indiqué comme là période la plus ;iopice au succès de l’entreprise la fin du mois de juin et le commencement du mois
à d'août. C’est à ce moment qu'on a le moins à craindre les tempêtes, les brouillards et les glaces flottantes,
à qui à d’autres époques de l’année rendent si danged'reuse la route de l'Irlande à Terre-Neuve. Malheureusement à ces latitudes septentrionales on ne peut guère compter, même pendant la saison la plus favorable, sur plus de dix ou douze jours de beau temps Loontinu, il importait donc de terminer l'opération avec la plus grande célérité possible. Pour en hâter les progrès, on avait d’abord songé à envoyer les deux navires au centre de l'Atlantique : on y eût soudé les extrémités des câbles dont ils étaient chargés. Cela fait, l’un des navires aurait fait voile pour l'Irlande, l'autre pour Terre-Neuve, et le câble, une fois descendu au milieu de l'Océan, se fût étendu dans les deux sens à la fois. De cette façon, on pouvait ter-
que à À néces-
cre sur a mer, l’aide à défaut à privée saines.
miner l’up‘ration deux fois nlus vite qu’en immergeant d’:!/rd la moitié du câble à partir de l'Irlande, puis l’ouire moitié en avançant vers Terre-Neuve. De plus, en allant dès le début au milieu de l'Océan, on se plaçait tout de suite dans les circonstances les plus critiques, l’on mettait le mieux à l'essai la force de résistance du câble, et s’il devait se briser, on ne risquait que d'en perdre une faible longueur. Ajoutons
qu’il était trss-facile de souder les deux moitiés du à câble, tant qu’elles étaient encore chargées sur les
navires, mais que cette opération devait présenter de réelles difficultés, surtout par un gros temps, si l’une d'elles était déjà immergée. Pour tous ces motifs, on avait d’abord décidé que l’immersion commencerait
au milieu de l’Atiantique. Cette résolution fut ensuite | abandonnée, et l’on préféra faire naviguer de con- | serve les deux bâtiments chargés du câble avec les & steamers qui devaient leur prêter appui, afin de con- À Doartie déjà
centrer toutes les forces et les ressources de l’escadre.
Le 29 juillet 1857, le Niagara entra dans le port de Queenstown, accompagné du Susquehanna, un des plus rapides bâtiments à vapeur de la marine des États-Unis : l’Agamemnon était déjà au rendez-vous
avec le Léopard et le Cyclope, qui avait opéré les |
derniers sondages dans l'Océan. On vit bientôt arriver M. Bright, l'ingénieur en chef de la compagnie, M. Whitehouse, M. Morse, M. Cyrus Field, un des plus ardents promoteurs du télégraphe atlantique, le savant professeur Thomson, qui par ses conseils avait tant contribué à résoudre les problèmes scientifiques dont
i solution it prise.
Le 3 août, 2 d'une foule :
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