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La solution importait au succès et à l'avenir de l’entre-
prise.
Le 3 août, le lord-lieutenant d'Irlande, en présence d'une foule immense, inaugura l'immersion du câble sous-marin dans la paisible baie de Valentia, qu’on
D avait choisie comme un des termes de la ligne, parce que très-peu de vaisseaux viennent y jeter l'ancre. di L'extrémité du câble fut amenée par des bateaux sur Ah rive, et lord Carlisle la relia à une forte pile qui, 2 pendant l'opération, devait établir une communica-
tion permanente avec les navires. En cas de réussite, il était convenu que les premières dépèches entre les deux continents seraient directement échangées entre là reine Victoria et M. Buchanan, président des États- Unis.
L'expédition partit le jour suivant. Au bout de
à quelques heures, le câble s’engagea dans la machine
et fut brisé; on perdit quelque temps à retirer la
nouveau à la voile le lendemain, et pendant quatre jours consécutifs on reçut constamment des dépèches du Niagara. Le 11 août, les signaux furent subitement interrompus: le câble s'était rompu en pleine mer. Le retour des navires, que tant de cris de joie avaient salués au départ, s’opéra au milieu d'une véritable consternation. Dans le rapport qu'il envoya immédiatement au directeur de la compagnie, l’ingénieur en chef raconte que la pose du câble épais destiné à la côte s'était accomplie sans difficulté. On y avait soudé le câble principal, dont le déroulement
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se fit d’abord avec uw grande régularité. Pendant quelque temps, il des sndit avec une vitesse à peu près égale à celle du navire; mais, à mesure que la profondeur de l'Océan augmentait, le déroulement devint plus rapide, et il fallut imprimer aux freins une force de résistance toujours croissante. En pleine
mer, le câble se dévidait avec une vitesse de cinq Bi | frayante pre
nœuds à l'heure, pendant que le navire faisait seulcment trois nœuds. Bientôt de nouvelles circonstances vinrent rendre l'opération encore plus difficile. Pendant que le navire avançait dans la direction de l’est à l’ouest, un puissant courant sous-marin venant du
sud entraîna le câble en dehors de la ligne du vais- .
seau, et contribua encore à en augmenter la tension.
La mer devint grosse ; chaque fois qu’une vague sou- À
levait l’arrière du navire par où le câble s’échappait, l'immense corde métallique, suspendue jusqu'au fond de l'Atlantique, éprouvait une subite et forte commotion. Quand l'extrémité du câble se trouvait ainsi relevée, M. Bright, pour affaiblir la secousse, faisait ralentir l’action du frein, et laissait à propos descendre le câble avec plus de rapidité pour contrebalancer l'effet produit par l'ascension du navire. Il | avait dirigé tout le temps en personne l'opération du déroulement; un moment il fut obligé de quitter la machine pour aller à l'avant du vaisseau. A peine éloigné, il entendit tout bruit cesser ; le câble s'était brisé au fond de la mer. Il est hors de doute que ce déplorable accident ne peut être attribué qu’à une inintelligente manœuvre du frein, et l’on a droit de
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exercé, et que tant de puissants intérêts fussent restés en quelque sorte à la merci d’un seul homme. Il est d'autant plus permis de regretter cette imprévoyance que l’on était déjà parvenu à immerger 540 kilomè-
1 tres du câble, et qu’il s’échouait régulièrement à l’ef- | frayante profondeur de 2000 brasses. La transmis-
sion des signaux s’opérait avec une perfection qui
1 dépassait toutes les espérances et avec plus de facilité
mème que près des côtes d'Irlande; l'énorme pression qui s’exerçait sur le câble au fond de l'océan, au lieu
| d'en diminuer la conductibilité, semblait en quelque
sorte l’augmenter, comme si la gutta-percha fortement comprimée isolait mieux les fils de cuivre placés à l'intérieur.
Un premier insuccès ne découragea point les promoteurs du télégrophe atlantique: il eût été assez étonnant qu’on eût réussi du premier coup à traverser l'Océan sur une immense longueur, quand presque toutes les entreprises du même genre, exécutées dans des bras de mer peu profonds, avaient généralement échoué au début. N’avait-on pas brisé des câbles sousmarins dans la mer Noire, entre Terre-Neuve et l’île du Prince-Édouard, et à deux reprises dans la Méditerranée ? La portion du câble de l'Atlantique qu'on avait immergée sans accident était plus étendue que le câble de Varna à Balaclava, le plus long qui eût jusqu'ici réuni deux rivages opposés. La profondeur de la mer Noire est d’ailleurs si insignifiante, quand on