‹ Études scientifiques [microforme]Chapitre 36 sur 40 · FREE · texte numérisé non relu

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34h ÉTUDES SCIENTIFIQUES.

quarts d’un hémisphère terrestre, et l’on saurait ax bout de vingt-quatre heures à Londres ce qui se passe aux bouches de l’Indus et du Gange. On estime qu'il faudrait 7 500 000 f*. pour relier Suez à Aden, 16 millions pour poser un câble sous-marin entre Aden et Kurachee : que sont d'aussi faibles sommes en regard des avantages que présenterait à l'Angleterre l’établissement d’une ligne qui lui permettrait de surveiller heure par heure ce vaste empire, dont la conservation importe autant à sa grandeur qu’à l'avenir de la civilisation dans l'Orient? Quand on songe que la révolt: Ge l'Inde a éclaté le 10 mai, et qu’on n’a pu en connaître l'importance et les dangers qu’au mois de juillet, on déplore qu’un temps si précieux ait été perdu, et que des mesures rapides n'aient pu modtrer une explosion qui a menacé de rendre nécessaire une nouvelle conquête, et a forcé l’Angleterre à recommencer l'œuvre sanglante des Clive et des Warren Hastings.

L'extension de la télégraphie sous-marine aurait

donc pour effet de consolider la suprématie des na- |

tions civilisées dans le monde. Tel serait l'avantage politique de ce nouveau moyen de communication.

Au point de vue commercial , il est à peine nécessaire }

d'en faire ressortir les heureux résultats. Quand on connaîtra à chaque instant l’état des marchés les plus lointains, les besoins de tous les peuples et des colonies les plus éloignées, le commerce pourra remplir avec plus de méthode et de sécurité sa bienfaisante mission. L'établissement d’une ligne télégraphique

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à entre l'Angleterre et l'Amérique, en même temps É. qu’elle multiplierait les relations entre l’ancien et le | nouveau monde, porterait, sans aucun doute, un | coup fatal à cette fièvre de spéculation dont les rava- | ges n'ont été nulle part aussi terribles que dans les

grandes cités commerciales des États-Unis. Pour le

! comprendre, il faut se rappeler que les capitaux | anglais et américains sont toujours engagés dans une

foule d'entreprises communes, et que le contre-coup

| des crises qui affectent les marchés de l'Angleterre D est ressenti vivement de l’autre côté de l'Atlantique : : cette dépendance est aggravée par l'interruption for- | cée des nouvelles qui n'arrivent que par intervalles. 1 La spéculation les commente et profite de ces pério- | des d'attente; la substitution des bateaux à vapeur M aux vaisseaux à voiles a déjà entravé ces opérations, À auxquelles le hasard seul sert de base, et qui devien-

dront encore plus difficiles quand le télégraphe atlan-

M tique fera connaître chaque jour à New-York la

situation de Londres et les nouvelles de l’Europe. De tels résultats font aisément comprendre quel

d avenir est réservé à la télégraphie sous-marine. Dans

la Méditerranée, il n’est pas douteux que, d’ici à une époque assez rapprochée, plusieurs lignes rattacheront l’Europe à l'Afrique et à l'Asie. M. Newall et M. Bonelli ont enfin relié l'Afrique à la Sardaigne. Malte sera aussi, on l’a vu, unie dans un très-court délai à l° Sicile, et bientôt après au port d’Alexandrie ; Corfou sera rattachée à Raguse par la mer Adriatique. L’archipel grec semble tout préparé pour

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