‹ Études scientifiques [microforme]Chapitre 39 sur 40 · LE EE · texte numérisé non relu

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giques et en compilant les résullas obtenus dans plusieurs milliers de voyages , il est parvenu à construire des cartes où l’on trouve marqués, dans chaque partie de la mer, le sens du courant et la direction moyenne du vent pendant chaque mois de l’année.

Une telle carte, indiquant aux marins à toutes les latitudes et en toutes saisons, sur quel courant et quel vent ils peuvent compter , remplace en quelque sorte l'expérience pour les jeunes navigateurs et ajoute à l'expérience des plus anciens celle de plusieurs milliers de leurs devanciers. Bien que le liéctenant Maury n’ait eu qu’une quantité encore insuffisante de matériaux pour faire ses premières cartes, elles ont pourtant permis d’abréger d’une quantité très notable certains trajets importants. Pour aller de New-York en Californie, on employait, il y a quelques années encore, environ cent soixante jours; actuellement il n’en faut plus moyennement que cent quaranté-cinq. De l'Angleterre à l’Australie, on comptait cent vingt jours de traversée , aujourd’hui l'on n’en met plus que cent, pour aller d'Europe ou des États-Unis à Rio-Janeiro, l’on a gagné dix jours. En calculant l'économie de frais qu’on a obtenue sur ces grandes lignes, on arrive, pour les États-Unis seulement, à une économie qui se compte déjà par millions. Il est juste de tenir compte des progrès qu'on à réalisés dans la construction des navires marchands pendant ces dernières années ; mais une part de ce favorable résultat revient sans contredit aux études du lieutenant Maury, et c’est sur ses indi-

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cations que les hardis clippers américains se sont écartés en quelques points de ces lignes traditionnelles qui formaient autrefois les grandes routes de l'Océan, et dont la tempête seule faisait dévier les navires.

« Il existe un fleuve dans l'Océan. Il ne tarit jamais durant les plus grandes sécheresses, et ne déborde pas pendant les plus grandes inondations. Ses bancs et son lit sont formés d’eau froide: le fleuve est un courant d’eau chaude. Le golfe du Mexique en est la source et l'embouchure est dans la mer Arctique. On le nomme Gulfstream. Nulle part au monde il n'existe un cours d’eau aussi majestueux ; sa vitesse est plus forte:que celle du Mississipi ou du fleuve des Amazones. »

Ainsi débute l'ouvrage du lieutenant Maury : deux chapitres entiers sont consacrés à l'étude de cesingulier courant et de son influence sur les climats de l’Europe. La découverte du Gulfstream ne remonte pas bien haut : les baleiniers de la Nouvelle-Angleterre savaient dès le siècle dernier qu’il y avait une zone d’eau chaude dans la mer: ils avaient remarqué que les baleines l’évitent avec autant de soin que certains poissons la recherchent; mais ce fut le docteur Franklin, qui, à son voyage en Europe,

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vérifia le premier, à l'aide d’un thermomètre, que les eaux du courant sont plus chaudes que celles qu'il traverse: il comprit dès l'origine l'importance de cette observation, et prévit que les navires auxquels les vents contraires ne permettraient pas d'aborder les côtes de la Nouvelle-Angleterre pourraient chercher un refuge dans la région du courant chaud: Franklin pensait même qu’à l’aide d'observations thermométriques, les marins égarés pendant les terribles tempêtes qui règnent si souvent près du continent américain, pourraient facilement retrouver leur longitude en arrivant dans le Gulfstream. Le célèbre docteur américain garda sa découverte secrète depuis 1775 jusqu'à 1796, parce qu’il eraignait de la faire

connaître à l'Angleterre, contre laquelle les États- à

Unis venaient de se soulever.

Cette découverte ne fut pas sans imfluence sur les 4 destinées des États-Unis: sitôt qu’elle fut connue, elle à

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verses parties du littoral américain : de cette époque

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Nord. Üharlestown fut détrônée et New-York devint bientôt la reine de l'Atlantique.

La pénétration de Franklin ne pouvait laisser sans explication l'étrange phénomène d'un fleuve marin qui sur une distance de mille lieues ne se mêle point à l'Océan qui lenvironne : suivant lui, l’action des vents alisés qui soufflent constamment de l’est aceumulerait les eaux dans le golfe du Mexique à un ni-

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1 Maury ; suivant lui, c’est à l’inégale distribution de la # chaleur solaire sur le globe qu'il faut rapporter l'ori-

gine de tous les courants marins ; les eaux échauffées sous les tropiques tendent sans cesse à remonter vers les pôles et les eaux des mers glaciales à redescendre vers l’équateur. Voici à l’aide de quelle comparaison il cherche à faire saisir les lois de la circulation des grands fleuves océaniques. « Supposons, dit-il, que toute l’eau renfermée entre les tropiques jusqu’à la profondeur de cent brasses, se trouve changée en huile. L'équilibre des parties liquides de notre planète se trouvera rompu et il devra s’établir de suite un système genéral de courants et de contre-courants: l'huile formant une couche uniforme à la suriace coulera vers les pôles, etun contre-courant d’eau ira vers l’équateur. Supposons encore que l'huile en ar- Lrivant dans les bassins polaires soit de nouveau

changée en eau et que l’eau se convertisse en huile en

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Dans la nature, qu’est-ce qui remplace Mhmile dont parle le lieutenant Maury ? c’est l’eau échamffée des tropiques, plus légère que l’eau froide des zones glaciales. Cette différence de densité est assez grande pour faire naître des phénomènes analogues, qui se trouvent seulement modifiés par l’'interposition de grandes masses continentales, par la profondeur très-variée du fond de la mer, et par la tendance naturelle des eaux à se mélanger, même quand elles sont à des températures inégales.

Le courant chaud décrit une immense courbe dans l'Atlantique ; à sonembouchure elle est dirigée vers le nord, mais elle s’infléchit ensuite de plus en plus vers l'est en se rapprochant de l’Europe. Berghaus, le célèbre géographe alleman.: : : le major Rennell attribuent cette déviation à l’inflexion que le courant éprouve en rencontrant la côte de l'Amérique au cap

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ÉYUDES SCIENTIFIQUES. 359

Hatteras : mais le lieuienant Maury l'explique uniquement par le mouvement de rotation de la terre. Le courant chaud ne touche en effet nulle part la côte des États-Unis au delà de ia Floride, ets’en trouve partout séparé par le courant froid qui descend de la baie de Baffin.

Les sels que l’eau de mer tient en dissolution, suivant qu’elle est plus ou moins chaude, jouent un rôle considérable dans la formation des courants marins. Les vents n’enlèvent jamais à l’état de vapeur que de l’eau tout à fait pure, et les sels restent toujours dans la mer : entre les tropiques l'Océan perd par l’évaporation une quantité d’eau plus grande que celle qui lui est rendue par les pluies : il en résulte que la mer y est plus salée que dans la zone tempérée et dans la zone glaciale : mais au point de vue des courants marins, il faut remarquer que la salure de la mer contrarie les effets de la température, puisqu’elle contribue à augmenter la densité de l’eau entre les tropiques, tandis que la ch:leur solaire agit de façon à la diminuer. Il me paraît donc nécessaire d'admettre, contrairement au lieutenant Maury, que si la mer n'était point salée, les courants y seraient encore plus rapides et plus puissants qu’ils ne le sont aujourd'hui.

Il n'y a, à vrai dire, dans chaque hémisphère marin que trois courants principaux : tous les autres n’en sont que des branches ou des remous. Dans l'océan Atlantique du Nord, ces trois courants sont : le Gulfstream qui apporte les eaux chaudes de l’équa-

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teur au pôle, le courant polaire qui redescend vers les latitudes méridionales, et le grand courant équatorial, qui transporte vers la mer des Caraïbes toutes les eaux comprises entre les Antilles et la côte de l'Afrique. Cet immense courant, source véritable au Gulfstream, dirigé de l’est à l’ouest, doit sans doute sa naissance à la puissante et continuelle action des vents alisés :il entraîne tous les fucus qui se détachent de cette vaste prairie marine, plus étendue que la France entière et qu'on nomme souvent la mer de Sargasso. Le courant équatorial entre dans la mer des Caraïbes en faisant le tour du golfe du Mexique, les eaux s’y échauffent de plus en plus et débouchent par le détroit de la Floride sous le nora de Gulfstream, avec une énorme vitesse et une température qui dépasse de plusieurs degrés celle des eaux voisines.

Ce fleuve chaud présente quelques particularités bien curieuses signalées par le lieutenant Maury : comme il est formé d’eau plus légère que les masses d’eau froide qui l’environnent, il se trouve à un niveau un peu plus élevé et la surface du courant forme une courbe légèrement arrondie au-dessus du niveau du reste de l'Atlantique. On s’en assure aisément par les courants superficiels qui se forment sur cette surface convexe : à partir de la ligne de faîte centrale les eaux coulent à droite et à gauche comme la pluie sur un toit : D'ailleurs or a observé depuis longtemps que les graines, les bois, les débris de toute sorte provenant des Indes occidentales, de même que les

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épaves des navires naufragés dans l'Atlantique ne peuvent jamais dépasser la ligne de faîte et restent toujours sur la marge orientale du courant chaud : c’est ce qui fait qu’elles ne sont jamais rejetées sur les côtes de l'Amérique et sont entrainées au loin. Le Gulfstream verse une immense quantité de chaleur sur les régions septentrionales de l’Europe : il n’y règne, en effet, que deux vents principaux : l’un sec et froid souffle du nord-est; l’autre, qui domine pendant les deux tiers des jours de l’année, vient du sud-ouest et nous amène une partie des vapeurs chaudes du Gulfstream : c’est à ce dernier vent que l'Angleterre doit son humidité, et l'Irlande, qu’on agpelle encore poétiquement la verte Erin, sa belle végétation, le port de Liverpool n’est jamais pris par les glaces, tandis que ceux de Terre-Neuve, situés à la mène latitude, sont fermés jusqu’au mois de juin. Par un effet naturel, le courant qui sert

A de conducteur de chaleur est en même temps un

conducteur d'électricité : c’est la grande route des tempêtes et des ouragans de l’Atlantiqu: : aussi les navires redoutent-ils de s’y engager ; la mer y est affreuse, quand le vent souffle contre la direction du courant. Les tempêtes dans l'océan Atlantique prennent d'ordinaire naissance à la source du Gulfstreain ou sur les côtes d'Afrique et, dans ce dernier cas, elles vont toujours en ligne droite rejoindre le Gulfstream. Ces tourbillons atmosphériques parcourent d’un bout à l’autre l'immense courbe que

trace le courant chaud.

Les grands brouillards de Terre-Neuve, qui sont un autre danger pour les marins, doivent aussi naissance au Gulfstream : chaque année, ils sont la cause de nombreux désastres; mais les vents violents qui soufflent de terre rendent surtout les côtes du nord de l'Amérique si difficiles à aborder. La navigation de l’Europe aux États-Unis était encore beaucoup plus incertaine et plus dangereuse avant que l’on ne connût les limites exactes et les caractères du courant chaud. Aujourd'hui, quand un vaisseau ne peut résister aux violents coups de vent du nord-ouest, qui se font sentir si souvent sur la côte de la Nouvelle- Angleterre, il ne cherche point à prolonger longtemps une lutte inégale et se laisse emporter dans la région du courant chaud, où il trouve un abri momentané. Quelquefois il faut y revenir plusieurs fois

avant de pouvoir parvenir au port. Jadis les navires |

chassés par la tempête allaient jusqu'aux Indes occidentales et attendaient quelquefois jusqu’au printemps, avant de retourner à leur destination. Malgré l'étude approfondie qu'on a faite de l'océan Atlantique, un voyage d'Europe à la Nouvelle-Angleterre ou à New-York présente toujours quelques dangers, surtout pendant l’automne : à cette époque les tourmentes de neige sont épouvantables, le canon d’alarme retentit incessamment sur les côtes, et l’on y compte en moyenne jusqu’à trois naufrages dans un jour. |

Les lois qui président à la direction des courants marins ont été reconnues d’abord dans l'océan At-

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lantique, mais, depuis cinquante ans, elles ont reçu une sanction nouvelle par la découverte des courants de l’océan Pacifique. On y a constaté l’existence d’un courant équatorial, qu’à travers des contre-courants et des remous divers on peut suivre sur toute la largeur de cette mer immense qui occupe presque une moitié de la surface terrestre. Un courant chaud, véritable répétition du Gulfstream, suit les côtes de la Chine et du Japon; les observations de King, l'un des compagnons de Cook, de l’amiral Krusenstern , des capitaines anglais Broughton et Beechey, des commandants ;'ançais de Tressan et du Petit Thouars, et récemment du commodore américain Wilkes, en ont déterminé les contours généraux : il y a longtemps que les géographes Japonais le connaissent et le marquent sur leurs cartes sous le nom de Kuro Siwo. Le lieutenant Maury en place l'origine dans l'océan Indien, qui, protégé par le continent et les montagnes asiatiques contre les vents du nord, est toujours fortement échauffé. «Il y a, dit-il, bien des points de ressemblance entre les caractères physiques de ce courant et du Gulfstream de l'Atlantique. Sumatra et Malacca correspondent à la Floride et à Cuba, Bornéo aux Bahamas; les côtes de la Chine répondent à celles des États-Unis, les Philippines aux Bermudes, les îles du Japon à Terre-Neuve. Ainsi que le Gulfstream , le courant de la Chine se trouve séparé de la côte par un contre-courant d’eau froide. Les climats de la çôte asiatique correspondent à ceux qu’on observe en Amérique le long de l'Atlantique, et

les climats de la Colombie , du territoire de Washington et de Vancouver reproduisent ceux de l’Europe occidentale et des îles Britanniques; le climat de l’État de ‘Californie ressemble à celui de l'Espagne ; les plaines de sable et les régions arides de la Basse-Californie nous rappellent l'Afrique et ses déserts, qui sont compris entre les mêmes parallèles,

«a De même, l’océan Pacifique du nord, comme l'océan Atlantique, est enveloppé, sur le trajet des eaux chaudes, de brouillards, et parcouru par les orages. Les îles Aleutiennes sont aussi renommées pour leurs brouillards que les grands bancs de Terre-Neuve. »

Dans les tiers du sud, les courants sont bien moins connus que dans les mers septentrionales : ils y sont aussi moins nettement développés : on doit s’y attendre, quand on réfléchit que lhémisphère austral est presque entièrement marin : les pointes allongées de l'Amérique du sud et de l’Afrique et l’Australie n’en occupent qu’une faible partie : les eaux glaciales qui, dans la zone boréale, ne peuvent redescendre vers l'équateur que par le labyrinthe des terres arctiques et le passage étroit que le Gulfstream laisse libre entre l'Islande et le Groenland, rayonnent librement autour du continent qui recouvrele pôle antarctique. Elles envahissent de tous côtés le domaine des eaux tropicales, et la circulation marine doit s’y opérer d’une manière beaucoup moins simple que dans l’autre hémisphère, avec des ramifications et des remous plus multipliés. Les mers australes sont encore

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bien imparfaitement connues: avant le séjour que fit M. de Humboldt sur les côtes du grand Océan, on ignorait l'existence de cet immense courant froid qui amène les eaux polaires tout le long de 1: CCI dentale de l'Amérique du sud jusqu'au Ne quateur, vers l'archipel des Galapago ë fleuve d’eau froide et le grand courantéquuiorial s’6tendent des mers inconnues que les baleiniers seuls traversent quelquefois. Comme les continents, les mers ont de véritables déserts : en dehors des grandes routes commerciales, lignes où des milliers de navires se succèdent sans cesse, l'Océan a été peu exploré; mais ces routes se multiplient sans cesse ; les progrès de la Californie amènent déjà de nombreux vaisseaux dans ces solitudes, que troublait jadis seulement à de rares intervalles quelque expédition de recherche. Les hardis clippers modernes, rivaux jusqu'ici heureux des bâtiments à vapeur, vont avec une surprenante rapidité de New-York et d'Europe à San Francisco, en Australie et en Chine. Quand les États occidentaux de l'Amérique seront devenus le centre d’un commerce propre etindépendant, et que les communications interocéaniques se seront multipliées dans l'Amérique centrale, des chemins nouveaux s’ouvriront sur le grand Océan: il sera sans doute un jour aussi familier aux marins que l'océan Atlantique l’est aujourd’hui, et la science pourra profiter à son tour des conquêtes du commerce, qu’elle aura tant contribué à préparer.

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La géographie de la mer serait incomplète si l'étude des courants marins n’était suivie de celle des vents ou coùrants aériens, au nombre des chapitres les plus intéressants de l'ouvrage du lieutenant Maury il faut compter ceux qu’il consacre aux lois dela circulation atmosphérique. Les plus difficiles problèmes de la météorologie y sont soulevés et traités avec une remarquable clarté : l'on est encore bien loin de pouvoir rendre compte avec précision de ces grands mouvements de l'air, qui, sur les continents, condamnent certaines régions à une sécheresse perpétuelle, ramènent dans d’autres des pluies périodiques ou irrégulières et qui, sur les mers, règlent les limites des vents alizés, des moussons, des calmes de l'équateur et des tropiques, grandes provinces marines depuis si longtemps connues des navigateurs. La mer est le théâtre le plus propre à l'étude des lois générales de l’équilibre atmosphérique, obscurcies sur les continents par la topographie particulière de chaque contrée.

Pour reconnaître de quelle manière les vents se partagent la surface des mers, suivons, par exemple, un navire qui, partant de New-York, traverserait tout l'océan Atlantique, pour al'er doubler le cap Horn. Il resterait pendant assez longtemps dans une région

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où la direction du vent varie très-fréquemment. Cette zone , dans l'Atlantique comme dans l'océan Pacifique, s'arrête à peu près au trentième degré de latitude. Bien que le vent y souffle dans tous les sens, on peut dire cependant qu'il n’y règne que deux grands courants aériens; dont l'un venant du pôle se dirige au sud-ouest et l’autre remonte en sens opposé vers le nord-est. Tous les autres vents marquent en quelque sorte le passage, ordinairement assez rapide, de l’une de ces directions à l’autre. Ces deux grands courants se disputent la mer : tantôt c’est le premier, tantôt c’est le second qui en rase la surface; le plus souvent c’est le courant méridional qui l’emporte, car pour trois jours de vent du sud-oucst on ne compte en moyenne que deux jours de vent du nord-est. On peut donc admettre que le premier de ces deux vents forme le courant qui généralement se trouve le plus rapproché de la surface du globe et qu'il passe au-dessous d’un courant dirigé en sens contraire qui occupe les parties les plus élevées de l'atmosphère. Leur éternel conflit produit ces variations remarquables de température, qui sont un des caractères les plus tranchés des climats de la zone tempéréc.

Après avoir dépassé la zone des vents variables, on entre dans une province marine où règnent ces vents constants qu'on nomme alizés. Dans l'hémisphère boréal, ils soufflent sans cesse du nord-est; dans l'hémisphère austral, du sud-est. La régularité de ces grands courants atmosphériques est un bienfait

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