‹ Études scientifiques [microforme]Chapitre 5 sur 40 · TA · texte numérisé non relu

TA

a x températures extrêmes se prononce. M, de Mumboldt a depuis longtemps développé ces admi- Mbles relations naturelles et distingué ce qu'on peut Bomimner les climats insulaires ou marilimes des climats Œntinentaux.

D Le grand courant chaud, connu sous le nom de

Quifstream, prend naissance dans le golfe de Floride, uit quelque temps les côtes de l'Amérique, puis s’infr fortement, vient passer entre l'Islande et les

es Hébrides, rase la Norvége méridionale et va ren- Contrer la Nouvelle-Zemble. Pour donner une idée de importance de cette masse d’eau, il suffira de dire Que si l'atmosphère entière de la France et de l'An- Lire était à la température de la glace fondante, lichaleur que le gulfstream vient verser en un seul jour dans les mers arctiques l’élèverait aux températüres de nos étés les plus ardents. Par un contraste bien fait pour étonner, c'est pendant que l'hiver @xerce ses rigueurs dans la zone boréale que le cou- Fant chaud y pénètre le plus profondément. A cette oque, le grand contre-courant qui charrie pendant Pété les glaces polaires vers le sud se trouve arrêté : æs glaces restent encore attachées aux rivages et #emplissent les grands fleuves de l'Asie. Il faut se appeler d’ailleurs que la glace qui fond absorbe, Aux dépens de ce qui l’environne, une certaine quan- 46 de chaleur, que les physiciens nomment chaleur tente, au contraire, une grande masse d'eau, au moent où elle se &nvertit en glace, devient une véri- 1 ble source de chaleur, @ qui ne peut laisser que

de paraître bien extraordinaire à ceux qui sont habi. tués à considérer le chaud et le froid comme deux puissances antagonistes et rivales. Il arrive ainsi que le courant chaud se refroidit plus rapidement quand les glaces flottantes, entraînées dans leur mouvement vers le sud, viennent s’y fondre, que lorsqu'il va seulement réchauffer les eaux polaires. Pendant l'hiver, il contourne de loin jusqu’à une très-srande distance les côtes de l'Asie, tandis qu’au printemps et en été il est arrêté entre la Nouvelle-Zemble et le Spitzherg,

Les îles Cherry, situées entre le cap Nord et le Spitzhberg, sont bien placées pour donner une preuve de l'influence que le gulfstream exerce pendant l'hiver. Le soleil y reste cent trois jours sous l’horizon : pendant cette longue nuit, le temps y est fort doux, et on ya vu tomber de la pluie le jour de Noël. Leur latitude est pourtant la même que celle de l’île Melville, où le froid est si intense que le mercure y gèle pendant cinq mois consécutifs. On ne s’'étonnera pas dès lors que la mer ne soit pas prise plus fréquemment dans le port de Bergen, en Norvêége, que la Seine à Paris.

Avec le printemps arrive la débâcle; les grands fleuves se déchargent, les glaces commencent leur migration vers le sud, qui continue pendant tout l'été, et qui fait, si l’on peut s’exprimer ainsi, reculer le gulfstream. Il faut en chercher les réservoirs

Jes plus immenses sur les côtes de Sibérie et d’A-

sie, puis dans le grand labyrinthe arctique. Le courant asiatique dépasse le pôle et descend le long

qui sont habid comme deux rrive ainsi que idement quand eur mouvement lorsqu’il va seu- >endant l'hiver, >rande distance emps et en élé et le Spitzberg.

cap Nord et le iner une preuve exerce pendant urs sous l’horiemps y est fort luie le jour de même que celle nse que le mersécutifs. On ne se soit pas prise ergen, en Nor-

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er ainsi, recur les réservoirs Sibérie et d'Actique. Le cou-

lescend le long

Mu Groënland oriental en passant des deux côtés du Spitzherg : les glaces rencontrent alors: le cou- Æant équatorial qui les rejette et qui protège contre Mlles les côtes de l'Europe. Aussi Léopold de Buch bbservait-il en 1816 qu'il fallait s'éloigner de 20 à 0 lieues marines des derniers promontoires de la Laponie avant d’apercevoir, bien loin à l'horizon, uelques îlots de glace. On sait d’ailleurs qu’en Euope les hivers sont extrêmement doux, quand on les Compare à ceux qui règnent aux mêmes latitudes de autre côté de l'Atlantique. Ce contraste avait frappé d'un étonnement douloureux les hommes courageux Qui allèrent les premiers dans l'Amérique du Nord | êler les fondements de ces colonies qui devaient si Vite s’ériger en rivales indépendantes de la métropole, É auxquels leurs descendants donnent encore aujourd'hui ce nom touchant, dont le sentiment est presque intraduisible, pilgrim fathers, «nos pères es pèlerins. »

En même temps que s'établit le grand courant asiaque, les radeaux de glace qui encombrent le laby- Hnihe arctique se frayent péniblement un chemin ar les détroits sinueux de ces régions : quand ils dé- Douchent dans la vaste baie de Baffin, ils vont s'ac- @muler sur les côtes occidentales, sans doute à cause Qu mouvement de rotation de la terre, et laissent li- Dre un passage étroit et difficile le long du Groënland. À la hauteur du Labrador, ces glaces charriées se Mélent à celles .qui viennent des côtes de la Sibérie, L' elles descendent ensemble vers les zones tempé-

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rées. Enfin un troisième courant glacé, d’une importance-bien moindre, sort par le détroit de Behring 4, et descend tout le long de la côte du Kamtchatka. à

Cependant il ne suffit pas de tracer les routes sui- 4

u vies par des glaces polaires; il faut en étudier de #4, plus près la formation, les vicissitudes et les effets 4 : mécaniques pour donner une juste idée des périls @h

auxquels s’exposent les navires engagés dans ce dédale mobile. Supposons-nous transportés, vers la fin de l’été, dans quelque partie du labyrinthe polaire, à l'entrée, par exemple, du canal de Wellington, si obstinément et si infructueusement exploré dans ces dernières années par les navigateurs envoyés à la recherche de sir John Franklin. Les premières couches de glace mince qui se forment pendant le mois de septembre sont presque aussitôt brisées par le mouvement des vagues et flottent quelque temps en fragments irréguliers; on les voit bientôt se réunir peu à peu et se ressouder graduellement les unes aux autres. Cette surface, d’abord très-fragile, se consolide rapidement, et les froids deviennent si intenses, que dès le mois d'octobre elle a déjà près de deux pieds d'épaisseur; la glace, d’abord granulaire et spongieuse, a acquis la ténacité et la dureté du roc. Il ne tombe point de neige jusqu’au mois de novembre : à cette époque, une fine et blan- fl che poussière commence à tourbillonner dans le ciel tk et à recouvrir la grande plaine de glace. C’est vers le mois de décembre, quand ces masses solides on atteint plusieurs pieds d'épaisseur et pris leur plus

s, d'une imit de Behring Kamtchatka.

es routes suin étudier de s et les effets dée des périls s dans ce détés, vers la fin inthe polaire, Wellington, si ploré dans ces envoyés à la remières Couendant le mois brisées par le lque temps en ntôt se réunir ment les unes fragile, se conjennent si ina déjà près de ’abord granuacité et la duneige jusqu'au ne fine et blanner dans le ciel ace. C’est vers ses solides or pris leur plus

dut degré de consistance, que se dtoloient, dans Oute leur grandeur, ces actions dynamiques qui font Œ@urir aux navires un perpétuel danger. Heureux ux qui sont à l'abri dans quelque profonde anfracdosité de la côte, où même emprisonnés au milieu Pune des vastes plaines de glace! mais, quand ils fünt engagés dans les canaux étroits qui séparent dès grandes îles mouvantes, ou le long de la ceinture roite de glaces immobiles qui bordent les rivages, leur position est vraiment effrayante. On comprend à péêine que le vaisseau le plus solidement construit phisse résister à la pression de ces masses gigantesfes, d’une étendue souvent immense et épaisses de Husieurs pieds, quand leurs longues marges viennent æ heurter. Il est difficile de se faire une idée de la puissance d’un semblable choc. Quand cette rencontre rédoutable a lieu, on entend de sourds murmures, dés craquements et des grincements aigus. Ces blanes plaines, tout à l’heure si unies et si monotones, ’e gitent ; la neige se met en mouvement et semble Ofduler; des fissures s'ouvrent dans toutes les direc- Ons ; on entend les bruits les plus étranges, pareils à

Que

des voix et à des cris que les marins, dans leur langage lOujours trivial, mais souvent pittoresque, comparent aux jappements de jeunes chiens. Tout le long des Msures, les glaces se brisent avec fracas et s'élèvent en ta les gigantesques : ellesmontent ets’élancent comme assaut les unes des autres. Les parois, un moment nlagées par cette explosion, se rapprochent de nou-

u et recommencent à presser l’une contre l’autre;

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