‹ Études sino-mahométanesChapitre 5 sur 18 · P AN-LONG-KIANG · texte numérisé non relu

P AN-LONG-KIANG

Le P'an-long-kiang, au nord-est de la ville murée capitale de la province, vient du village appelé Chao-tien-li, dépendant de la préfecture de seconde classe Song-mingtcheou.

Il a trois sources: une qui, venant de Houang-long-tong, Caverne du dragon jaune, coule sur une longueur de cent/z (environ 5o kilomètres) ; une qui vient de Hei-long-l'an, Bassin du dragon noir, et une qui vient de Leng-choueitong, Caverne de l'eau froide ; après avoir coulé sur une longueur de vingt H, toutes arrivent à San-kia-ts' ouen, le Village des trois familles, pénètrent dans une gorge rocheuse, coulent ensemble pendant trente //et parviennent au Songhoua-pa (Barrage en pomme de pin). Ce barrage fut construit par le prince de Hien-yang, Sai-tien-tch'e, de l'époque des Yuan, qui, entre les sources formées par les eaux des

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torrents venus des deux montagnes Fong-ling (Cime du phénix) et Lien-fong (Pic des nénuphars), éleva ce barrage Song-houa-pa, afin que celui-ci fût ouvert ou fermé suivant les circonstances.

Depuis le barrage de Song-houa, (le P'an-long-kiang) passe le long du versant de la montagne Lien-fong, près des portes orientales de la ville et par le Nan-pa (Barrage sud) et arrive au t%}^ Wi Hiong-tch' ouan-ko ; ce qui fait un trajet déplus de 70 li. De là, il se jette dans la merde K'ouen (lac de Yun-nan-fou) par l'écluse ^ ^ ^ Lo-kong-tcha, « du seigneur Lo ».

En outre, à partir du barrage de Song-houa et de la pente du mont Lien-fong, il creusa et ouvrit une rivière nommée Kin-tche-ho (à Liqueur d'or), qui est une branche détachée du P'an-long-kiang.

[Suit une description détaillée du P'an-long-kiang et de ses nombreuses ramifications, puis:)

En ce qui concerne les conditions particulières de cette rivière, au-dessus de Fen-chouei-ling (Cime de partage des eaux), les caniveaux d'irrigation des champs situés sur sa rive orientale utilisent l'eau du Kin-tche-ho et ceux des champs de la rive occidentale utilisent celle du Yin-tche-ho. Dans aucun cas, l'arrosage ne se fait aux dépens du P'anlong-kiang. Au-dessous de Fen-chouei-ling, les différents cours d'eau formés par la rivière principale et par ses ramifications se trouvent plus bas que les champs et on fait usage de norias (7JC '^ chouei-tch'o), machines élévatoires qui se prolongent au milieu des champs.

Quant aux réparations à faire, les questions y relatives sont ainsi réglées : depuis la Petite porte orientale de la ville (Siao-tong-men), jusqu'à Fen-chouei-ling, en passant par l'écluse Ma-Vi-tcha et le pont Kouei-hiang-k'iao, puis en tournant par Siao-tso-k'eou et le pont Ki-ming-k'iao, pour pénétrer dans le fossé de la ville [Hou-tclieng-ho), sur les deux rives, ce qui intéresse les demeures de la population

TRAV'AUX d'hydraulique DU SEYYID EDJELL AU YUN-NAN qS

donne lieu à des réparations faites par celle-ci, tandis que ce qui concerne l'irrigation des champs par les ruisseaux est du ressort de l'administration. C'est ainsi que, pour le travail de la pierre ou pour les pieux en bois, les autorités y pourvoient sur les fonds publics ou font les achats nécessaires, tandis que, pour le travail de la terre et pour les ouvriers, il y est pourvu par corvées réparties proportionnellement aux caniveaux d'irrigation des champs. Telle est la règle fixée pour cette rivière et à laquelle il n'est pas permis de faire de changements.

Toutefois, le Yang-kia-ho \fi%m (i) a, à son début, des eaux d'une allure irrégulière ; le sable et la boue l'obstruent ; son cours est sinueux et lent et impropre à l'irrigation ; on doit redresser ce début de son cours et créer un éperon [litt. : un bec de poulet) partageant les eaux [^y\K. Mi ^~*M) pour diviser également les eaux des trois rivières Kin (-kia-ho), T'ai (-kia-ho) et Yang (-kia-ho), afin d'empêcher l'ensablement ; ce qui rend l'irrigation plus facile.

En outre, en dehors de la Petite porte occidentale de la ville [Siao-si-men), il y a un autre cours d'eau, le ||:^ïp]" Tchouan-fang-ho, qui sert de voie au transport des grains de la capitale provinciale. Les habitants, dans leurs travaux de labourage, empiètent sur son lit pour arroser leurs cultures, et cela jusqu'à la moitié. Quand les eaux sontbasses, la circulation des navires se trouve gênée. Il conviendrait d'interdire ces cultures jusque dans la rivière et d'ouvrir un passage à la voie navigable, afin de permettre les transports.

Le Yin-leng-ho [Rivière des champs d'argent) ou Yintche-ho {Rivière à liqueur d'argent) est ce cours d'eau voisin, à V ouest, du haut cours du P'an-long-kiaiig, qui fut réuni à celui-ci par le Seyyid Edjell, à l'aide d'une branche

(i) Canal qui coule de l'est à l'ouest, au sud de la ville de Yun-nan-fou, et aboutit au lac.

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de dérivation lui donnant un écoulement vers le lac par le lit même du P'an-long-kiang et dont il est question tout d\abord dans le Hien-yang wang fou Tien tsi. La traduction de la notice le concernant montrera les complications de ses succédanés destinés à arroser les plaines environnantes, c'est-à-dire celles qui s' étendent en dehors de V angle nord-est de la ville murée actuelle de Yun-nan-fou, et le parti que l'agriculture tire de ce réservoir liquide dûment ramijié en de nombreuses canalisations. J'ai choisi cette notice comme un exemple du genre et en raison de son peu d'étendue.

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