Porfiriev, Istoria slovesnosti, Kazan, 1870, p
Slaves vinrent s'établir en Russie. Ainsi, pour ne citer que quelques noms, Kiev eut au xv^ siècle pour métropolitain un Bulgare, Grégoire Samblak, considéré aujourd'hui comme l'un des meilleurs représentants de la littérature sacrée en Russie ; avant lui, le métropolitain Gyprien, d'origine serbe, avait importé un grand nombre de manuscrits sev" bes *. Au xvii^ siècle, on voit apparaître à Moscou, sous le tsar Alexis, un Croate, le prêtre Krijanitch, le premier Slave qui ait essayé de formuler une théorie du panslavisme et le premier aussi qui ait abordé en Russie l'étude comparée des langues slaves ^.
La langue slavonne reste jusqu'au xvii^ siècle l'idiome de la haute littérature; mais sous l^in-fluence de l'idiome populaire (le moscovite), la langue des écrivains devient un mélange bizarre de slavon, de vocables vulgaires, agrémenté de mots polonais ou latins, suivant les préférences de l'auteur. Auxviii^ siècle, grâce surtout à l'influence de Lomonosov, un divorce définitif s'opéra entre la langue de l'Église et l'idiome national. On n'abandonna pas cependant l'étude de la première. Lomonosov, le Malherbe russe, recommande à tous les