CHAPITRE XII
UNE PAGE d'histoire CONTEMPORAINE. LA BOHÈME
ET l'autriche en 1871 .
Sympathies de la Bohème pour nos malheurs. — Protestations de la Diète de Prague contre les annexions allemandes. — Nos prisonniers en Bohème. — La ville de Prague. — La politique intérieure de l'Autriche jusqu'en 1866. M. de Beust. — Le droit public de la Bohème. — Iniquités flagrantes. — La constitution violée, — Les Teutons. — L'Autriche et l'Allemagne. — Le ministère Hohenwart. — Situation en juillet 187L
Prague, juillet 1871 t.
On peut dire que nulle part les malheurs de la France n'ont éveillé de plus douloureuses sympathies que chez les peuples slaves, notamment en Bohême ; la Bohême, en effet, est aujourd'hui, de tous les pays de l'Europe, celui qui a le plus à craindre des progrès de la nation germanique. Slave
1. Lettre adressée de Prague au directeur de la Revue imlitique en 1871.
par ses origines et par son histoire, la Bohême n'a commencé à être germanisée qu'au déhut du xvii« siècle après la désastreuse bataille de la Montagne- Blanche (1620). Le germanisme, propagé par les jésuites, y a fait d'elTrayants ravages pendant le xvii'^ et le xviii" siècle ; mais les peuples slaves ont la vie dure : et a il suffi du libéralisme de Joseph II, qui a supprimé les jésuites, de l'influence libératrice de notre Révolution, de la renaissance des études historiques au début du xix« siècle, pour que la Bohême slave ait repris conscience de sa nationalité, et su tenir eu échec la rapacité teutonique et le vieux despotisme autrichien. Un peuple qui a si miraculeusement échappé à la mort, et dont l'existence est constamment menacée par l'ennemi qui vient de nous infliger de si cruelles humiliations, un tel peuple devait nécessairement prendre une part bien vive à nos malheurs.
Voici comment, au mois de décembre dernier, dans un mémorandum adressé au souverain, s'exprimaient les députés slaves de la Bohême. Je dis les députés slaves : car malheureusement il y a à côté d'eux des Teutons qui se sont laissé enivrer aux triomphes de l'Allemagne et qui se fondraient dans la grande Allemagne pour le simple plaisir de dominer et d'étouffer sûrement leurs compatriotes tchèques. C'est aux Allemands surtout que s'applique le mot de Tacite : Omnia serviliter pro dominatione .
UNE PAGE D'HISTOIRE CONTEMPORAINE. 303 Void donc ce que je lis dans le factum des députés bohèmes, rédigé au mois de décembre dernier : a La nation bohème reconnaît le plein droit des différents peuples germaniques de se réunir en un État unitaire, s'ils en éprouvent le besoin. Outrepasser ce besoin en voulant l'imposer à autrui, employer la violence coutre des populations allemandes qui préfèrent vivre dans un autre État, auquel elles ' se sentent plus liées par leur histoire et par leurs intérêts, ne serait qu'une violation du droit qui appartient à chaque individualité nationale de régler elle-même sa destinée.
c( La nation allemande a le droit indubitable de repousser par les armes des attaques dirigées contre son territoire ou contre le libre exercice du droit qu'elle a de fixer elle-même sa constitution unitaire; mais, si elle voulait imposer à la nation française une certaine forme de gouvernement, ou si elle voulait lui arracher par violence un territoire dont la population se sent française et veut rester française^ elle ne ferait que violer le droit de la liberté politique de cette population et mettrait en agissant ainsi la force au-dessus du droit.
« La nation bohème éprouve les sympathies les plus sincères pour la noble et glorieuse nation française, qui a rendu de si grands services à la civilisation, à la liberté et au progrès des principes humanitaires, et qui ne combat aujourd'hui que
pour son indépendance et pour la défense de sa patrie envahie.
« La nation bohème est convaincue que vouloir arracher par force un territoire à une nation, c'est vouloir l'humilier, et que l'humiliation d'une nation qui se distingue autant par son légitime orgueil national que par son esprit guerrier, devient nécessairement la source inépuisable de nouvelles guerres et de nouveaux désastres pour les intérêts de l'humanité et de la civilisation. »
Voilà, monsieur, ce que déclaraient solennellement, au début du mois de décembre dernier, les députés slaves de la diète de Bohême,
Et certes, si toutes les assemblées délibérantes de l'Europe avaient tenu un pareil langage, li est probable que les événements auraient pris une autre tournure. D'ailleurs, les Bohèmes ne se sont pas contentés, d'exprimer pour la France de stériles sympathies, des vœux platoniques. Ils lui ont prouvé leur affection par les souscriptions ouvertes dans les journaux de Prague en faveur de nos blessés, et par les bons soins dont ils ont entouré ceux de nos prisonniers qui ont été assez heureux pour échapper à la captivité allemande et mettre le pied sur le sol de la Bohême.
Depuis le mois d'octobre, il ne s'est guère 'passé de semaine où des prisonniers internés en Saxe, en Silésie ou en Bavière, ne soient parvenus à s'é-
UNE PAGE D'HISTOIRE CONTEMPORAINE. 305 chapper et à se réfugier sur le sol autrichien. Ré- ^ cerament encore, j'ai eu moi-même l'occasion de rendre service à quelques-uns de nos malheureux compatriotes. Ils ne savaient comment exprimer leur reconnaissance pour les bons traitements dont ils avaient été l'objet ici. Ils arrivaient pour la plupart exténués par les soufiFrances de la captirité, par les péripéties d'un voyage à pied à travers les forêts et les montagnes, par les longues nuits sans sommeil ; à peine parvenus sur le sol delà Bohême, on leur offrait la plus cordiale hospitalité, on faisait des collectes en leur faveur, on leur criait : Vive la France! on leur chantait la Marseillaise^ qui, pour tous les peuples jeunes, est restée l'hymne de l'espérance et de la revendication. Quels romans étranges ne ferait-on pas avec les récits de ces évasions ! Celui-ci s'est échappé de Dresde avec le concours d'une grande dame russe qui lui a donné les vêtements de son domestique ; cet autre est arrivé à pied d'Erfurth jusqu'au Boebmerwald ; un troisième s'est sauvé grâce à la complicité d'une Allemande à laquelle il avait su inspirer une passion romanesque. J'en connais un qui, dans le cours de la guerre actuelle, a traversé deux fois la France, l'Allemagne, l'Autriche et l'Italie! Pris à Sedan, il a été interné au mois de septembre à Glogau (Silésie), il s'est échappé en décembre, a gagné la Bohême, a traversé Prague, Vienne, l'Italie méridionale, puis est ren-
tré dans l'armée de Garibaldi. Fait de nouveau prisonnier à la bataille de Dijon, il a été expédié à Dresde, d'où il s'est encore évadé pour recommencer à travers la Bohême et l'Autriche sa singulière odyssée. Il est deux points sur lesquels les récits de nos prisonniers étaient toujours d'accord ; leur reconnaissance pour la Bohême, leur rancune pour les mauvais traitements dont ils ont été l'objet en Allemagne.
Je vous laisse à penser s'ils maudissaient la Commune qui n'a eu d'autre résultat, pour eux, que de contribuer à prolonger une captivité dans laquelle un grand nombre d'entre eux gémissaient depuis cinq mois.
Vous voyez que, pour un Français encore, poursuivi par les douloureuses impressions de la guerre étrangère et de la guerre civile, il est difficile de trouver hors de France un séjour plus sympathique que la capitale de la Bohême, cette Prague dorée (Zlata Praha), si chère au Slave, qui, après avoir été le point de départ du mouvement hussite et de la guerre de Trente ans, est aujourd'hui le véritable centre politique et intellectuel des nations slaves. J'ajouterai que, pour qui veut étudier à fond les questions qui agitent en ce moment l'Europe centrale et orientale, il est à peu près impossible de rencontrer un meilleur poste d'observation. Située à moitié chemin entre Vienne et Dresde, Prague est à
UNE PAGE D'HISTOIRE CONTEMPORAINE. 307 la porte de l'Allemagne ; on y ressent le contrecoup immédiat de tous les événements qui se passent en Allemagne, et cependant, comme ce n'est pas une ville allemande, on y trouve sous la main tous les matér'aux nécessaires pour l'étude des peuples non allemands, nos alliés naturels; ce n'est pas seulement une ville bilingue, c'est une cité polyglotte.
Entrez dans le premier café venu ; sur la table de marbre, Y Indépendance belge coudoie fraternellement la Gazette de Moscou ; le garçon apporte à votre gré le Times ou le Moniteur Serbe, le Kraj de Krakovie, ou la Nouvelle Presse de Vienne. Véritable tour de Babel où les renseignements affluent dans tous les idiomes, et d'où l'on observe à la fois l'Elbe et le Danube, Vienne et Berlin, Pétersbourg et Constaiitinople.
Ce qui, pour aujourd'hui, doit avant tout nous préoccuper, c'est la crise intérieure dont l'empire austro-hongrois est en ce moment le théâtre, crise qui se rattache d'ailleurs à une foule de questions internationales auxquelles nous sommes plus ou moins directement intéressés.
Jusqu'à la bataille de Sadowa, la politique du gouvernement autrichien fut absolument allemande ; sans vouloir tenir compte des droits historiques et des aspirations des populations non, germaniques que l'empire enferme dans son sein, le souverain actuel et ses conseillers n'eurent en vue qu'un seul but : prendre en Allemagne une grande situation, reconstituer, au profit delà dynastie habsbourgeoise, le saint-empire germanique, jadis détruit par Napoléon. Ce saint-empire eût été vraiment quelque chose de formidable, si François-Joseph avait triomphé, comme aujourd'hui Frédéric-Guillaume ; il aurait tenu dans ses mains non-seulement quarante millions d'Allemands, mais encore trente millions de Slaves, de Hongrois et d'Italiens. C'était là un idéal séduisant, et on lui sacrifia malheureusement la réalité ; on ne s'inquiétait pas des mécontentements qui se manifestaient à Pesth, à Prague, à Cracovie ou à Agram ; il fallait avant tout retourner à Francfort. Un beau jour Sadowa dissipa tous ces rêves ; François-Joseph se trouva exclu de l'Allemagne en face des populations mécontentes ; il fallait au plus vite remédier à une situation quasi désespérée ; l'empereur jeta les yeux sur un homme habile, mais jusqu'alors peu heureux, M. de Beust, premier ministre du roi de Saxe, l'inventeur de cette fameuse triade germanique qui venait d'échouer si piètrement devant les forces combinées
UNE PAGE D'HISTOIRE COiNTE.M PÛRAKNE. 309
de la Prusse et de l'Italie. M. de Beust connaissait beaucoup mieux les choses allemandes que les affaires autrichiennes, et l'empereur en l'appelant au pouvoir comptait surtout trouver en lui un instrument de revanche et de revendication. M. de Beust, fidèle à ses origines, s'appliqua à réorganiser l'Autriche, mais surtout en vue d'un retour offensif en Allemagne. Peu au courant des divers éléments qui composent cet empire plus bigarré que le manteau d'Arlequin, il ne savait qu'une chose, c'est qu'en 1848 la révolution hongroise avait mis en péril l'existence même de la monarchie austro-hongroise ; et il commença par faire aux Hongrois les plus larges concessions.
Les pays dits de la Couronne de Saint- Etienne, c'est-à-dire la Hongrie, la Transylvanie, la Croatie et la Slavonie, furent détachés du reste de l'empiie et formèrent un Etat à part, n'ayant de commun avec les autres parties de la monarchie que la guerre , les affaires étrangères et le commerce. L'empereur d'Autriche se fit couronner roi de Hongrie à Pesth, et appela à présider le conseil des ministres hongrois ce même comte Andrassy qui, après la révolution de 1848, avait été pendu par contumace. On ne s'inquiétait même pas de savoir si les différents peuples dont se compose la couronne de Hongrie étaient parfaitement satisfaits du nouveau régime qu'on leur imposait; on ne con-
sulta pas les anciens adversaires des Magyares, les Croates, les Roumains, lesRuthènes, les Slovaques, qui constituent plus de la moitié de la population improprement appelée hongroise ; on les abandonna à la domination absolue de l'élément magyare. On créa dans l'empire deux centres politiques bien distincts, Pesth et Vienne. Les provinces purement allemandes (Autriche, Tyrol) et les pays slaves, Bohême, Galicie, Illyrie, etc., furent groupés dans un État factice inventé par M. de Beust et pour lequel on n'a pas encore de dénomination sérieuse. Tantôt on l'appelle « les autres pays de Sa Majesté », ce qui est un peu vague et difficile à écrire sur les cartes géographiques, tantôt Cisleilhanie, ce qui n'est guère plus clair. A la Cisleithanie répond \a Transleithanie ou royaume de Hongrie (du nom d'une petite rivière, la Leitha, qui sépare la Hongrie de 'l'Autriche proprement dite).
Livrer une moitié de l'empire aux Magyares , l'autre aux Allemands, tel était le plan de M. de Beust. On lui fit bien observer que la majorité de l'empire était slave, et que les Slaves ne se prêteraient sans doute pas à sa politique : « Bah ! dit-il, les Slaves, nous les mettrons au pied du mur! » Le mot est historique; et laissant à M. Andrassy le soin, de magyariser la Hongrie, il se mit à poursuivre de son côté la germanisation de la Cisleithanie. Malheureusement, il avait compté sans un peuple qui
UNE PAGE D'HISTOIRE CONTEMPORAINE. 31i a la vie dure, un sens i^olitique très-sérieux et qui ne se laisse pas facilement annihiler, je veux parler des Tchèques ou Slaves de Bohême et de Moravie.
Les Tchèques, non-seulement ont à un très-haut degré la haine de l'élément germanique et le sentiment de la nationalité slave, mais encore ils s'appuient sur un droit historique aussi iucontestahle que celui de la Hongrie.
Jusqu'à l'empereur actuel, tous les Hahshourgs ont dû se faire couronner à Prague comme à Peslh et jurer d'observer les droits et privilèges du royaume de Bohême... quittes à les violer plus tard; nous savons ce que valent les serments politiques. L'empereur François-Joseph a été jusqu'ici le premier souverain qui se soit soustrait à cette formalité; mais il avait compté sans l'opiniâtreté des diètes de Bohême et de Moravie ; les représentants slaves de ces diètes se refusèrent formellement à reconnaître le nouvel état de choses et la constitution qui le consacrait. Ils donnèrent à leur protestation une sanction éclatante en refusant d'aller siéger au Reichsrath de Vienne, et en envoyant les plus illustres d'entre eux au congrès slave à Moscou (1867). Cette politique d'ailleurs, chez eux, n'était pas nouvelle; c'est ainsi que vingt ans auparavant M. Palacky avait positivement refusé d'aller siéger au congrès allemand de Francfort.
Les Polonais, plus dociles, s'étaient soumis, non sans quelque répugnance; mais il y a entre la Bohême et la Galicie une grande différence ; la Galicie est un pays conquis, sans droit historique; au contraire la Bohême n'a accepté la dynastie autrichienne qu'en vertu d'un contrat équilatéral. On est resté longtemps, dans l'Europe occidentale, sans comprendre cette résistance des Tchèques; on l'a attribuée tantôt à l'influence du panslavisme, terme vague et élastique dont j'ai eu plus d'une fois l'occasion de démontrer l'inanité, tantôt à l'horreur de la nation bohème pour le régime constitutionnel. C'est là une profonde erreur : les Tchèques aiment fort le régime constitutionnel, mais à condition qu'il respecte leur droit historique et national, et qu'il leur assure dans l'empire la plaT^e qu'ils y réclament. Les deux royaumes de Hongrie et de Bohême sont en somme les deux pierres angulaires de l'État autrichien, et si l'on accorde à Pesth ce que l'on refuse à Prague, il est difficile que l'harmonie de l'État puisse subsister. D'ailleurs, la Bohême ne profitait même pas des bénéfices que la constitution de 1867 semblait assurer aux divers peuples de l'empire. Je ne citerai qu'un exemple. Cette constitution contient un article d'une extrême importance pour un État polyglotte comme l'Autriche, l'article qui garantit la Gleichberechtigung, c'est-à-dire l'égalité absolue de toutes les langues de
UNE PAGE D'HISTOIRE GÛNTEiM FORAINE. 313 l'empire au point de vue de l'instruction publique. Cet article porte en termes formels que tout sujet autrichien a le droit d'acquérir tous les degrés d'instruction en sa langue maternelle. Eh bien, cet article n'a jamais été mis à exécution ; depuis quatre ans, les Tchèques, s'appuyant sur cet article de la constitution, n'ont cessé de réclamer une université nationale; ils n'ont pu rol)tenir. C'est tout au plus si on leur a r.ccordé l'aumône de quelques chaires bohèmes à l'Université allemande de Prague; les Allemands delaCisleithanie, qui ne sont guère plus de cinq à six millions, ont quatre universités : celle de Vienne, celle de Gratz, celle d'Innspruck et celle de Prague. Les Tchèques de Bohême et de Moravie, qui représentent en chiffres ronds une population de cinq millions, n'ont pas d'université à eux. Veici quelle est, à l'heure qu'il est, à l'université de Prague, la proportion des leçons en allemand et en bohème et des étudiants slaves et allemands :
L'année dernière, pendant le premier semestre, l'université de Prague a été fréquentée par 1,835 étudiants, dont 1,098 Slaves et 737 Allemands ou Juifs. Or, voici comment, d'après la langue, les leçons se sont réparties entre les diverses langues :
Faculté de théologie, 10 leçons en latin, 7 en allemand, 3 en bohème.
Faculté de droit, 32 leçons en allemand, 7 en bohème.
Faculté de philosophie, 59 leçons en allemand, 8 en bohème.
Ces chiffres parlent assez d'eux-mêmes. Toutes les fois qu'il s'est agi de germaniser à tout prix, on a Lien su sauter par-dessus la constitution.
C'est ce qui s'est produit encore dernièrement à propos des Slovènes ou Slaves d'Illyrie. Les Slovènes forment une population compacte d'environ 1,200,000 âmes, groupée autour de Laybach, dans les provinces de Styrie, Garinthie, Garniole, etc. Un de leurs députés a dernièrement demandé au Reichsrath la fondation d'une académie juridique Slovène à Laybach ; les Slovènes ont hesoin d'huissiers et d'avocats, et ils se plaignent avec raison d'être obligés d'envoyer leurs étudiants aux universités de Vienne ou de Gratz, où on leur apprend le droit dans une langue étrangère. Inutile de vous dire que le Reichsrath teuton de Vienne a refusé d'adopter la proposition de M. Costa, qui n'était cependant qu'une application de la constitution.
Je crois avoir suffisamment expliqué par ce qui X^récède comment l'œuvre constitutionnelle, ou soidisant telle, de M. de Beust a échoué contre le mécontentement et la résistance passive ou active des populations non allemandes. Au fond, le dualisme de M. de Beust n'était que l'ancien centralisme réduit aux limites de la Cisleilhanie. Son programme se résumait en deux mots : assurer la haute main