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DOUZIÈME ARTICLE

Critique de la participation.

L'idéal de la production industrielle serait

que l’ouvrier travaillât pour son propre compte et reçût intégralement le prix de l'objet con-

fectionné par ses soins. La division du travail

et l'emploi des machines ne permettent la

réalisation de ce vœu de justice que par l’as-

ociation. Nous persistons à voir dans la so-

ciété coopérative la solution de la question

ouvrière, sinon de toute la question sociale,

sans nous laisser he par des insuccès

be libre : 2 faire participer

les ouvriers à leurs bénéfices mênerait au but à par la route la plus courte et la plus facile. La 3 participation fait régner la paix dans l'atelier et donne à la maison qui létablit les meilleures chances de succès en lui garantissant … la constance et le dévouement d’un personnel | d'élite. L'extension graduelle de ce régime rendrait la paix à la société, dont elle éloignerait tout danger de violence longtemps avant le moment où la réforme économique serait accomplie. Aussi ne pouvons-nous pas nous empêcher d’y insister et d'indiquer, en nous appuyant sur la notice de M. Billon, comment la participation semble devoir être établie. Cet industriel ne veut pas que l’admission à la qualité de participant dépended’une décision du maitre, il veut qu'elle résulte du fait même d’appartenir à la maison; l'usage contraire lui parait avoir de grands

inconvénients dans la pratique et faire taxer

le patron d’injustice et d’arbitraire lorsqu'il refuse des candidats. — La participation doit être organisée de manière à établir entre le capital et le travail la solidarité la plus com-

CRITIQUE DE LA PARTICIPATION 447 ; “plèle, = bes bénéfices doivent être répartis au prorata des salaires entre les agents subordonnés. — Il ne convient pas que la particià pation aux bénéfices modifie en aucune façon les salaires. Ceux-ci doivent être débattus en dehors de cette influence et rester soumis à toutes les causes qui peuvent les faire varier. — La participation doit être largement calculée, et non réduite à un taux qui puisse la rendre illusoire. — Le règlement déterminera d’une manière générale qui a droit à parti ciper, en étendant les admissions aussi loin . que possible. — L'épargne d’une partie du bénéfice est obligatoire. — Au moyen de cette épargne, les participants seront autant que possible admis à la co-propriété de lPactif social, une entreprise particulière quelconque pouvant toujours être organisée de manière à le permettre. — Enfin la quotité des bénéfices “réservés au capital, à l’intelligence directrice et aux agents subordonnés, employés ou ouvriers, doit être déterminée par l'importance : relative de ces divers facteurs dans l’opération __ industrielle ou commerciale.

LE

riable. M. Leclaire, peintre en bâtiments à Paris, qui faisait des journées à douze ans et qui est mort en laissant plus d'un million, distribuait les trois quarts du bénéfice ; la à maison Billon et Isaac, à Genève, cinquante - pour cent; la Compagnie générale d’assurance cinq pour cent seulement, et les em- “a ployés de ces trois maisons se trouvaient re- “4 | tirer à peu près le même profit, leur part an-

nuelle variant également entre 18 à 20 ?/, de à leurs salaires. Vingt pour cent des salaires pla- i ; __ cés par les patrons, quinze pour cent du prix. | de toutes les consommations placés également : par la société coopérative, ne sont-ce pas là à des économies sérieuses, qui donneraient à l’ouvrier dans sa vieillesse un peu plus de pain .

que les cent ou cent vingt marcs de l’assurance obligatoire allemande? Ne serait-ce pas 4 l'universalisation de la propriété, l’'émancipa- ee . tion du prolétariat? Et n'est-ce pas précisé- : ment pour cette raison que certaines person- : nes trouvent tant de difficultés aux chemins . qui y conduisent ?

DE LA PARTICIPATION cn

or ueitu un progrès immense. hi nous ne saurions y voir une solution définitive. C’est une étape joyeuse et c’est une étape

forcée sur le seul chemin qui conduise au but : sans expropriation violente, disons mieux, sur le seul chemin au reste ouvert à la civilisation, car l’expropriation ne saurait aboutir qu’à la

ruine; mais ce ne peut pas être la solution définitive. En premier lieu, parce que ce serait

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