UNE LU
une solution insuffisante ; puis parce que c’est . un régime instable de sa nature, qui ne pour- ‘ rait se généraliser qu’en se transformant.
= La solution est insuffisante : elle promet au salarié du pain pour ses vieux jours, elle pré- pare l'émancipation de ses petits-enfants, sans
l’émanciper lui-même ; elle ne lui donne pas de garanties vis-à-vis du patron, qui peut toujours le renvoyer du jour au lendemain, en ui réglant son compte de salaires et de profits.
Avant de condamner une fraction impor- | tante de l'humanité à rester perpétuellement dans une position aussi dépendante et aussi
précaire, il faudrait avoir acquis la certitude
ce
qu’elle ne peut rien espérer de mieux; tandis que la participation nous montre ce mieux elle-même et nous y conduit: c’est notre second argument. La participation au bénéfice est de nature un régime transitoire; nul ne : le comprend mieux que les généreux patrons qui l’instituent suivant un mode propre à convertir graduellement les participants en actionnaires et à leur conférer à ce titre le droit de contrôle qu’ils leur refusent comme ouvriers. Cependant l'instabilité que nous signalons ne tient pas à cette circonstance accidentelle que, dans certaines maisons, l’ouvrier devient actionnaire par la vertu de l'institu= tion ; sans renoncer à l’épargne forcée, on peut capitaliser les bénéfices hors de la maison. —— Cette instabilité ne tient pas non plus aux difficultés de la mise en œuvre du système, difficultés dont, suivant l'expérience de MM. Billon et Cie, il ne vaut pas la peine ‘de tenir compte au regard des résultats obtenus. Ce n’est pas que la participation, instable : comme régime universel, cause plus de dis-
sentiments au’elle n’en supprime, ainsi que )
M. Paul a en 1870 :
À les ouvriers Paccepteront toujours avec recon-
fertes, pourvu que ces conditions n’établissent
pas l'arbitraire et ne tendent pas à neutraliser
l'effet du principe. — Ce n'est pas qu’elle
exige des ouvriers d'élite ou ne soit applicable
que dans certaines limites de nombre, l’expé-
rience a réfuté ces objections. — Ce n’est pas qu’elle impose la forme de société par actions,
on peut donner un intérêt aux employés dans : Ja maison sans leur conférer la qualité d’ac- 4 tionnaires. — Ce n’est pas qu’elle soit incom- . patible avec la création d’une industrie nou- velle, qui aurait en perspective plusieurs années de travail sans bénéfice. L'espoir de | participer aux profits, lorsqu'il y en aura, n’at- tirera peut-être pas les ouvriers, mais les
détournera bien moins encore d’un travail convenablement salarié. Ici la participation promise conduirait aux bénéfices en stimulant l’activité, l'économie, l'esprit d'invention
DES NS a do MA tel UC ARR PE 2 22 te A germe DE à n De 2 5 Lo Cite à ne
ide tous les employés pour le succès de l’en- treprise. Avec M. de Courcy, de la Compagnie
naissance aux conditions qui leur seront of-
d'assurances générales, nous croyons sincère ment que l'institution peut s’étendre aJa plu
part des entreprises et des professions, péné-
trer jusqu'à l'exploitation agricole et à 1
boutique du détaillant. Chacun de ses progrès
est un gage de paix, dans l'amélioration ma
térielle et morale de l'humanité.
Mais en se généralisant, la participation
nous semble appelée à se transformer. Aussi
longtemps qu’elle sera l'exception, et même une exception assez rare, les ouvriers l’accep-
teront comme un bienfait dans les termes où
elle leur sera proposée, sans entreprendre sur
l'autorité des directeurs et sans réclamer un .
contrôle auquel ils auraient décliné toute pré
tention. En effet, s’ils trouvaient leur allocation trop exiguë ou qu’ils soupçonnassent la
loyauté de leur traitement, ils ne pourraient
pareil à celui qu’ils reçoivent déjà, sans boni fication quelconque dans le présent et sans
espoir de bonification dans l'avenir. Devant à une alternative ainsi posée, la passion pour
seule hésiter, le sens commun ne le fera pas ;
: Lou ou dans le présent, el pour un temps
plus long sans doute que celui sur lequel on calcule une entreprise industrielle, le système Dee la participation n'offre guère aux patrons que des avantages, plus ou moins balancés
seulement par la publicité de leurs succès et ‘ de leurs i insuccès. Mais du moment où plusieurs maisons de quelque importance l’aua. raient adopté dans le même centre industriel : et dans la même branche, la question chan- gerait de face: les ouvriers pourraient com-
is Ja part qui leur est faite chez l’un à la.
Rss admise par Pie les bénéfices
| l'aure ; Ja D on s'ouvrira sur Ces proà portions, et si l’on ne se fie pas entièrement à
na manière dont le patron tient ses promesses, on pourra chercher du travail dans une autre : maison du même type. La participation ne se | mésentes plus comme un don gratuit lors-
pour pouvoir en faire abstraction, il faudrait forcer les salaires ; elle fera l’effet d’un droit en devenant une coutume; dés lors aussi les
ouvriers trouveront naturel de contrôler la
gestion de leurs propres affaires, et lorsque des maisons à participation seront en concurrence avec leurs pareilles, le désir d'acquérir ou de conserver un personnel d'élite en fera bientôt céder quelqu’une à ce vœu, dont la satisfaction ferait passer le serviteur à l'état de maître et changerait la participation en propriété privilégiée. Un tel régime serait contradictoire, par conséquent impraticable.
On peut prendre conseil de tout le monde; mais le contrôle d’une affaire, avec le droit de prendre part aux décisions ne saurait appartenir à des agents révocables à volonté; ces positions sont incompatibles. Et si leur réunion était possible pendant quelque temps, elle constituerait une injustice flagrante à l’égard des propriétaires, qui devraient partager avec des associés sans apport et sans responsabilité réelle la gestion de leurs capitaux. L'idée que ceux qui participent aux bénéfices
vent aussi prendre part aux pertes trouve-
ail ici sa légitime application. Et toutefois ce mouvement qui, par la généralisation du sys-
ème, porterait naturellement les ouvriers à
vouloir vérifier les écritures, contrôler la ges-
ion technique et discuter l'échelle même des répartitions serait en lui-même une impulsion
légitime autant qu'irrépressible, car il n’y
pas d'autre moyen d’émancipation pour les serviteurs de l'industrie, aucun autre chemin qui les conduise à la seule liberté compatible avec l'association et qui leur permette de prendre dans la sphère où se débattent leurs | intérêts les plus prochains, une place correspondante à celle que le droit de suffrage leur confère dans la cité. Il convient réellement ni qu ils prennent part à la gestion, et partant qu'ils soient intéressés dans les pertes éven- tuelles ; il convient qu’ils deviennent proprié-
M Heu Pa
| taires . ateliers. C’est ce que les fauteurs
L plus sérieux et les plus sincères de la par-
ticipation ont compris dès l’origine; ils ont tenu compte de cette exigence du problème
portés au débit de la maison, pour n'être liquidés qu’à sa sortie, et qu'ils seraient con- vertis en actions de propriété lorsqu'ils au-
raient atteint un certain chiffre. Ici encore il …
y aura crise : Les partisans de l’ordre hiérarchique, ceux qui trouvent naturel d'avoir des gens sous leur dépendance ne voudront à aucun prix dépasser la participation précaire | s'ils ont fini par l’accorder, et s’efforceront d’agsraver au lieu d’atténuer les difficultés : signalées ; tandis qu’au contraire les amis conséquents de cette égalité qui est la liberté pour tout le monde comprennent la participation comme un progrès et ne sauraient y voir le terme du progrès; aussi s’efforceront-ils de l’organiser de manière à préparer le pas ultérieur. É : En résumé, la participation de l’ouvrier aux bénéfices rétablit l'harmonie entre le capital
et le travail, entre le patron et l’ouvrier dans
‘les maisons qui l’ont établie et qui la pratiquent sincèrement; elle met fin aux grèves, | aux prétentions exorbitantes :; elle inspire à Jouvrier les qualités et les dispositions qui