‹ Études socialesChapitre 35 sur 57 · TREIZIÈME ARTICLE · texte numérisé non relu

TREIZIÈME ARTICLE

La part de l'Etat.

Les résultats auxquels nous sommes arri satisferont peu de personnes dans le nombr de celles dont les convictions sont arrêtées Il est aisé de signaler l'insuffisance et l'inconséquence de nos conclusions; il l’est moin peut-être de trouver un autre chemin qui con duise au but. Nous nous sommes efforcé d faire entrer dans notre calcul tous les élément du problème, et, sans nous flatter d'y avoi | réussi, nous en voyons assez pour être auto risé à penser que les contradictions qu'or pourrait nous reprocher tiennent à la nature | des choses. | | He Nous reconnaissons avec M. George qu’e droit naturel la rente des terres appartient à k

munauté; nous en Don niet

RE à la base des inégalités les nes

on droit à des compensations ; mais nous

n’admettons point qu'une fois les terres dans le commerce en vertu des lois de PEtat, ceux

qui ont acquis cette rente avec leur épargne + puissent en être dépouillés sans indemnité, et nous ne voyons pas où la plupart des Etats prendraient les moyens de la racheter. Nous reconnaissons le bien-fondé du grief agraire sans connaître un moyen général et radical, c’est-à-dire un moyen suffisant d’y faire droit. * Au point de vue pratique, la question agraire | ne présente pas partout la même urgence et

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sugoère des mesures très différentes suivant les pays. Ici nous ne pouvons songer aujourd’hui qu’à corriger; par des procédés indirects,

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les effets les plus criants d’une injustice que ; la marche de la civilisation devait probable- ment rendre inévitable. Disons seulement que

: l'Etat porte au maximum cette injustice lors-

qui il nt la rente on pour hu le

Si le travail n’est pas, économiquement, la source unique de la richesse, il est bien, juridiquement, l’unique source légitime de la pro-

priété. Ce que l'Etat doit au pauvre, c’est l’ate-

lier, c’est l'outil. Avec des prix avilis par la concurrence étrangère, le propriétaire de fonds . ne peut offrir aux journaliers qu'un maigre salaire ; aussi leur nombre tend-il à décroitre:

le pauvre cherche son entretien dans l’indus-

trie, où la division du travail et l'emploi des machines indispensables à la production économique exigeant des capitaux considérables, ne permet pas à l’ouvrier de travailler pour son propre compte. Il a le droit de le faire; mais il ne saurait réaliser ce droit qu’en s’as-

sociant. L'Etat, que nous estimerons son débi-

teur jusqu’à ce que notre raison de laffirmer ait été sérieusement réfutée, est donc tenu de favoriser l'association coopérative des travailleurs, et il le fera d’abord en rendant le prolétaire capable d’y prendre part, au moyen d'une instruction professionnelle plus diversifiée et plus raisonnée que celle dont nous possédons aujourd’hui quelques éléments. Doit-il faire

plus, doit-il racheter les usines pour les re-

es mettre gratuitement entre les mains des associations ouvrières, et leur avancer un capital de roulement? — Il le devrait s’il le pouvait et si ce moyen conduisait au but; mais c’est im- possible. D'un côté, l'Etat ne trouverait pas de quoi payer toutes les usines et toutes les fabriques; puis, quand il les posséderait, il ne saurait à qui les confier : d'autre part, des essais partiels entrepris aux frais du public favoriseraient quelques travailleurs aux dépens des autres, avec l'argent des autres. Enfin, les tentatives d’émancipation qu’il s’agirait d'appuyer ne sauraient aboutir qu'avec un personnel habitué à poursuivre ensemble un but commun et qui ait fait ses preuves de prévoyance et d'économie, ensorte qu’au moment où l’intervention de l’Etat deviendrait avantageuse, elle aurait cessé d’être indispensable. La liberté ne s’octroye pas, il la faut conquérir.

Pour que la production par des ouvriers travaillant au profit d’autrui fit place au travail ; d'ouvriers agissant pour leur propre compte, il faudrait une transformation intérieure de la

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classe vouée aux occupations manuelles que les amis du bien publie seront pressés de se-

vs

conder, mais dont, après l'Esprit de Dieu, :

l'initiative appartient à cette classe elle-même.

Et d'abord, il lui faudrait répudier toute idée

de contrainte et de réforme imposée, en s’incli-

nant devant le droit, ce qui est impossible si:

la classe riche ne commence par lui reconnai-

tre ses droits et par faire preuve à son égard

d’une bienveillance qui, jusqu'ici, reste l’ex-

ception. Il lui faudrait s'entendre, s’instruire,

se discipliner, épargner dans le dénuement et

consacrer le prix de ses privations à l’œuvre …

commune : efforts immenses, qu'il ne nous est

pas permis de juger impossibles, quoiqu'ils

impliquassent le sacrifice des pères à leurs

enfants, œuvre séculaire, où l'Etat doit aider dans la mesure de son pouvoir, mais où son

pouvoir se réduit à bien peu de chose aussi

longtemps qu’il reste fidèle à sa consigne de

protéger également les droits de tous, et s’ap- |

plique à fins contraires dès qu’il en sort.

En offrant à leurs ouvriers de partager leur

bénéfice, les patrons réaliseraient cette réforme

leur he. grand ordi noel en .

vant à la société économique une direction dont elle : a besoin. S'il y a quelque différence matérielle entre l'association coopérative et la

participation, l’avantage pour la classe pauvre . appartiendrait à la dernière, où l’ouvrier ne . risque pas toute son épargne et dont les chances de succès sont, aujourd’hui du moins, beaucoup plus srandes ; mais cette supériorité : matérielle est balancée par une infériorité juri- dique sur laquelle il est impossible de fermer les yeux. Nous ne disons point que la partici- pation soit une faveur: les patrons qui l'ont introduite sont les derniers à la juger telle; mais la position de l’ouvrier y reste à bien plaire, tandis qu'ils ne pourront être exclus d’une société que pour motifs déterminés et : suivant des formes réglées. Aussi ne saurions- nous voir dans la participation aux bénéfices qu’un régime transitoire, susceptible de revêtir | des formes variées, de plus en plus semblables” à la solidarité complète et à cette égalité des

droits dans la diversité des tâches, des compé-

t ces et des rétributions qui réaliserait la

pleinejustice. Seul progrès d'ordre proprement social réalisable dès maintenant au jugement de ceux qui placent le bien dans la liberté et non dans un mécanisme quelconque, cette transition indispensable dépend des résolutions de chaque patron, qui se décidera suivant ses opinions et ses inclinations particulières. Bien qu'encouragé par l'exemple de nombreux suc- cès, il lui faudra du courage, il lui faudra de la foi pour entrer, par un sacrifice apparent, dans une voie où la reconnaissance de ses employés ne compensera peut-être pas à ses.

yeux la désapprobation de ses égaux. Pendant bien des années encore, il est probable que les conversions viendront lentement, une à une; tandis qu’il en faudrait un assez grand nombre pour améliorer sensiblement la condition générale du salariat et conjurer le péril social. Le pouvoir public ne peut rien sur ces décisions des chefs d'industrie, et en cherchant à les influencer, il jetterait le trouble partout. En attendant, n’a-t-il rien à faire ?

Telle n’est pas notre opinion. Par l'effet d’un développement historique dans lequel sa res-

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