LA PART DE L'ÉTAT
ponsabilité se trouve engagée, puisqu’un ré- gime politique ne saurait sans léser tous les 2. droits répudier l'héritage de ses devanciers, | une population nombreuse, privée de sa part légitime aux dons de la nature, ne peut vivre | à que sous le bon plaisir d'autrui, par le travail qu’elle accomplit au profit d'autrui, sous les = conditions qui lui sont dictées. L'Etat devrait abolir cet ordre de choses s’il en avait les moyens. Il ne les possède pas ; mais il puise dans sa dette même envers le pauvre, incapa- ble de se protéger, le droit de contrôler les conditions sous lesquelles celui-ci s’engage à servir. Il doit veiller, dans la mesure de son pouvoir, à ce que le travail n’épuise pas les . forces de l’ouvrier et lui laisse le loisir de rem- | plir ses devoirs envers la famille et envers l'Etat lui-même, principalement celui de culti- ver les facultés physiques, intellectuelles et morales dont chacun a besoin pour s'acquitter de ses obligations particulières. Il restreindra donc la liberté du travail et des contrats, ce
qui est en soi chose fâcheuse ; mais cette inter- vention condamnable en soi devient nécessaire
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F nu Fac LE Ve
ÊRLE
et légitime par de fait ds abus antérieurs. .C est
un sophisme cruel, c’est une gageure impossi- î
ble de vouloir appliquer une règle idéale au règlement d'une position qui n est pas nette. :
Lorsqu'on n’est plus sur le bon chemin, ne +
suffit pas d’aller droit devant soi pour le re-
trouver. Il ne faut pas feindre la liberté, il faut
y tendre, ce qui est une chose absolument dif-
férente. Afin d’assurer aux salariés le loisir “nécessaire à leur santé et à leur développe-
ment, l'Etat prescrira un maximum de durée
pour le travail des ateliers. Si la règle estim-
posée d’une manière universelle, elle n’entrainera point de baïsse dans les salaires, car pour
produire en moins de temps des quantités éga-
les, on aura besoin d’un plus grand nombre de a bras, les ouvriers seront plus recherchés, et =” par conséquant on leur offrira de meilleures conditions et le gain de chacun restera le même .
pour un moindre travail. Plusieurs Etats ont
déjà entrés dans cette voie, mais ils n’y mar-
chent qu’en hésitant. Ils ne sauraient accorder
lement besoin sans s’exposer à ruiner leur in-
à l’ouvrier tout le soulagement dont il a réel-
oies étrangères die s à moiIn- : ‘dres frais et de renoncer à l'exportation. Ordonnée par un Etat isolé, la réduction des
heures de travail favorise l’ouvrier aux dépens
de l'entrepreneur ; résultant d’une convention
internationale, elle augmenterait les prix de evient et les frais en seraient supportés par
les consommateurs, mais la part du salaire ‘dans le prix coùtant des articles de fabrique n’est pas en général assez considérable pour qu’une augmentation d’un cinquième ou d’un sixième püt affecter ceux-ci d’une manière sensible et paralyser les transactions. Entre a cet. inconvénient et les avantages que présen-
É. terait l’affranchissement de la classe ouvrière, Le D is a ee de Le se ouvriers
suivant nous un très ei | honneur, | pour
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LES RÉFORMES NÉCESSAIRES | rt seul cabinet, une première étape aura été Ga gnée dans la bonne voie!. Surveiller les condi- | tions du travail, en abréger la durée, établir . une journée normale universelle, c'est du côté . des pouvoirs publics ce qui nous semble le .
plus pressant. |
En revanche, les restrictions spécialement 4 appliquées au sexe faible en raison de sa fai- 4 blesse même nous sont très suspectes. Gagner | sa vie honnêtement est déjà assez difficile aux
! Au moment où nous corrigeons les pages de ce volume, la … réunion de la conférence diplomatique sur les conditions du tra- . vail est assurée ; mais l'Angleterre a déjà annoncé qu’elle s'op= » poserait à ce qu'on délibérât sur la durée du travail des adultes. … Cependant la durée du travail des adultes est le seul point sur. lequel un concert des Etats peut offrir un intérêt véritable, mais on comprend que les pays astreints à l'exportation de produits … manufacturés pour payer les aliments qu’ils tirent de l'étranger, ne. et qui parcourent le monde en quête de nouveaux débouchés, s'opposent à toutes les mesures susceptibles d'élever leurs frais : deproduction si peu que ce soit. Cependant les ouvriers anglais ont déjà une conscience de leur force qui leur permet de veiller euxmêmes à leurs intérêts. Ce n’est pas eux qui soufirent le plus | d'une prolongation de travail excessive, et si les Etats continen- » taux parvenaient à s'entendre sur la durée d’une journée nor=.
male, ils pourraient, semble-t-il, passer outre sans trop de danger. Quel que soit le résultat positif de ce premier congrès, c'est déjà un grand progrès de l'humanité que la question du travail E salarié ait été reconnue officiellement question de jurisprudence Î internationale. Les considérations indiquées dans le texte sont » présentées avec un peu plus de développement dans l'étude sur la journée normale qu'on trouvera quelques pages plus loin.
femmes pauvres pour qu’on ne leur ferme pas la porte des ateliers en les empêchant de
s’y rendre utiles, et qu’on ñe pousse pas à la - réduction de leurs salaires déjà si chétifs. Eloi- gner la femme du travail sans lui donner du pain est d’une philanthropie trop ironique.
Pour se montrer bienfaisante, la limitation du travail doit être universelle.
Quant à réglementer les salaires, il ne sau- = rait en être question, à moins que l'Etat ne veuille et ne puisse forcer les industriels à travailler et le public à consommer leurs pro- duits, c'est-à-dire à moins qu’il n’absorbe l’in- dustrie et devienne le seul producteur.
: L'assurance en cas de maladie et d'accident È peut être constituée, ordonnée même, sans 1 devenir un service public. L'assurance contre l'incapacité de travail au moven de versements au trésor public imposés à l’ouvrier nous semble de nature à diminuer en lui le senti-
ment de la responsabilité, en le dispensant de la prévoyance. Le travail manuel ininter-
. rompu tend par lui-même assez à réduire
+ moins qu’il n'ait ses raisons particulières tenir beaucoup à te résultat. Ceux qui voient dans lé émancipation des individus l’objet d'une | bonne organisation politique préfèreront une assurance facultative, sous des conditions fa-
vorables à l’ouvrier.
En somme, dans l'impossibilité pour l’au-.
torité publique de modifier sensiblement le système du salariat, la journée normale, q | suppose une entente internationale, résume à nos yeux, avec un système rationnel d’impô
et de bonnes écoles industrielles, ce qu’on peut attendre de l'Etat comme contribution à la réforme sociale. 4