‹ Études socialesChapitre 41 sur 57 · QUINZIÈME ARTICLE · texte numérisé non relu

QUINZIÈME ARTICLE

Moralité.

nous vivons : la haine da Re pue tout

a l’'écroulement et le dépeuplement

un monde ; celle de l’ordre établi, un répit quinze ou vingt ans, acheté par le règne

tout au moins la calmer et la ralentir. Etle moyen, c’est que la classe privilégiée et menacée, mais encore maitresse apparente de la position examine loyalement, sincèrement, généreusement les réclamations qui s'élèvent, qu’elle fasse le départ du possible et de lim= possible, des prétentions injustes et des griefs | légitimes, qu’elle repousse les premières et … fasse d'elle-même droit aux derniers. En mettant de son côté le droit, elle y mettra peutêtre la force, parce qu’elle y attirera les neu- … tres et les éléments les plus raisonnables du … camp ennemi. a

Renonçons aux sophismes de l'intérêt, ces-.

sons d’invoquer comme lois inéluctables des 4 théorèmes conçus dans le but exprès de go.

rifier l’ordre ou le désordre du présent, .

voyons les faits tels qu'ils sont: Un rentier | 3

peut s'enrichir par l'épargne, l'épargne et 1e

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. qu’en travaillant au profit du riche.

ntre lemployeur et l employé il y a dans doute

hange de services, maïs l’échange n’est pas SC ) P

al aujourd’hui, il n’y a pas réciprocité. Cest le mal que le pauvre dénonce; c’est là le

al qu'il faut guérir. | La force n’y suffirait pas. La production au ne compte de l'Etat, dans des ateliers nationaux, upprimerait la liberté sans donner l’aisance: us avons dit pourquoi. Si bien concerté

u on le suppose, effort pacifique des ouvriers

universel a décidément fait ne la | (pal nce en faveur de l'attaque : aussi, | jugeât-o

régime ut le meilleur pti il

rait pas ; il faut rage du pauvre, «a vis

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MORALITÉ HE 1 da

nement de la société économique, le prestige qui s'attache à l'autorité, le plaisir de commander, la satisfaction naturelle de sentir quelqu'un au-dessous de soi. La classe aisée, qui déjà n’est plus la classe dirigeante, s’'imposerait un sacrifice dans le but d’apprendre au pauvre à diriger la production lui-même. Pour entrer franchement dans ce rôle, il faudrait de l’abnégation. La classe ouvrière ne peut s’émanciper qu'au moyen de sa propre épargne. Il faut donc, si l’on veut son affranchissement, lui faciliter l’épargne, comme il faut la détourner de l’épargne et la lui rendre impossible si l’on redoute sa liberté. Ici nous trouvons la Journée normale, par laquelle les consommateurs du monde entier accepteraient un renchérissement pour

donner à l’ouvrier le temps de s’instruire et de

soigner ses affaires privées sans rien perdre de son gain. Ici se placent les sociétés de consommation, qui ont besoin de clients et de directeurs, les fonds de secours, les Asiles, les caisses d'épargne, la salubrité, la commodité

des logements (question capitale) et tant d’œu-

vres de bienfaisance où les classes fortunées travaillent avec plus ou moins de zèle et de bonheur à rendre les salariés capables, par l'épargne et par Pinstruction, d'échapper à leur tutelle onéreuse. La question sociale n’est pas une question de bienfaisance, mais la bienfaisance confine à la question sociale et l'influence. Exercée avec largeur et discernement, elle tend à éloigner, à prévenir les essais de solution violente en atténuant le malaise et peut-être même en diminuant la défiance et l'hostilité. Mais pour obtenir ce résultat important et difficile ce n’est pas assez de la bienfaisance administrative ; pour atteindre le mal dans sa racine, il faudrait plier les srandes villes au régime des petites villes, tel-

lement que personne n’y fût oublié, il faudrait

que chaque famille bourgeoise se fit des amis parmi les pauvres, non seulement parmi les veuves et les orphelins, mais dans les ménages et chez les adultes. Rien n’est impossible à la charité. En éloignant les révolutions, la charité, dans le sens chrétien du mot charité, qui est encore compris dans nos provin-

ces, mais que la langue proprement fran-

çaise semble avoir perdü, la charité, disonsnous, ou plutôt la bienfaisance inspirée par la charité, accélère incontestablement l’évolution en préparant l'émancipation pacifique du travailleur.

L'association libre, forme de cette émancipation, présenterait sur l’organisation productive actuelle l’avantage de chefs élus en raison de leur capacité reconnue ; mais elle ne peut pas devenir la loi du travail aussi longtemps que ses membres ne sauront pas obéir volontairement à des égaux et ne trouveront pas dans leurs rangs des directeurs dont le talent, la persévérance et la probité leur inspirent une parfaite confiance. L'histoire de la coopération offrirait un choix d'exemples tristement instructifs sous ces divers rapports. On voit dès lors que la réforme sociale ne pourrait aboutir sans un travail préalable de la classe ouvrière sur elle-même, et qu'elle a pour:

condition une réforme morale de l’ouvrier sérieuse, incisive et plus ou moins générale, sinon complète. Aïnsi la société de tempé-

rance, la mission intérieure et toutes les œuvres d’évangélisation touchent à la question sociale. |

Ne pouvant nous flatter que ces articles soient lus par de nombreux ouvriers, nous n’insisterons pas sur ce côté du sujet, le plus important de tous. L'avenir est là tout entier, mais de toutes manières l'initiative revient aux patrons et aux familles parmi lesquelles se recrutent la généralité des patrons. Tout dépend en dernière analyse des résolutions de la volonté et des motifs qui les décident. Que chacun rentre en soi-même, qu'il jette la sonde au

profond de sa conscience et laisse le cable se

dérouler en liberté! Est-ce un besoin pour lui d’avoir des inférieurs ? Faut-il qu’il commande à quelqu'un ? S'il se plaît à obliger, lui répugnet-il d’être obligé? Tient-il à protéger ? Ne comprend-il pas la bonté sans un peu de condescendance ? — Et s’il éprouve de tels besoins,

-les approuve-t-il? Au fond du cœur trouve-t-il

naturel, Juge-t-il bien d’être au-dessus d’un de ses semblables? Appartient-il à son idéal qu'un tel ordre existe et que lui-même en

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profite? Alors qu’il étançonne de son mieux l’ordre régnant et qu’il se prépare à le défendre. Mais s’il n’aperçoit rien de pareil dans son cœur ou que, le discernant, il le condamne, tout le convie à chercher avec nous la transaction la plus équitable entre les intérêts et les droits colluctans.

Cependant, à nous écouter il perdrait beaucoup. On ne réclame pas ses biens ; on l’invite à laisser restreindre la puissance que ses biens lui confèrent, et à renoncer aux chances de les décupler en renonçant à diriger la production pour son compte exclusif. On veut qu'il travaille lui-même à rendre inutile un

service aussi magnifiquement rétribué; c’est

peut-être lui demander trop. Lorsque, dans ce monde, on veut obtenir un résultat pratique, on ne fait pas appel à l’héroïsme, nous le disions en commençant, et alors déjà nous aurions pu nous borner à le sous-entendre.

Parmi ceux dont une réforme telle que létablissement du système coopératif et le retour graduel de la rente foncière à l'Etat amoindrirait certainement la position, quelques-uns

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