LE SENS DU MOT
l'accroissement de cette richesse est l’objectif, lorsque le savant se risquerait à formuler des préceptes et à donner des conseiis sans vouloir sortir de sa propre sphère, il lui serait peut-être permis de définir la dépense de luxe sans égard à la position des personnes. En morale, où l'individu doit entrer en compte et où l’ensemble de son développement forme un objet essentiel à considérer, l'échelle des satisfactions à rechercher étant relative à ce développement total, il est clair, au contraire, que ce qui serait luxe pour l’un ne le sera pas toujours pour l’autre, et que l'effet d’une dépense sur la richesse collective ne saurait ser- vir de critère, quoique son influence sur le bien total de la société puisse parfaitement le devenir.
Demander sans explication préalable : le luxe est-il un bien ou un mal? c’est donc poser une question qui n’en est pas une, parce que la même définition ne convenant pas à l’économie politique et à la morale, on ne parle pas de la même chose lorsqu'on croit
examiner le luxe sous deux aspects. Dans ce
sens, ilest vrai de dire que le luxe ne peut pas être défini. Nous séparerons donc expressément les domaines, pour voir s’il n’est pas possible d'atteindre à des notions précises dans chacun d'eux pris à part.
Laissant de côté la politique proprement dite, qui réclamerait peut-être une troisième définition, relative à des questions d’opportunité trop variables pour qu’on puisse espérer de leur étude un grand avantage scientifique, nous commencerons par l’Economique. Ici la question de principe nous parait fort simple. L'Economique, ayant pour objet la richesse des nations, examine toutes choses au point de vue de l'accroissement, de la conservation ou de la diminution de cette richesse. À la prendre comme un art, son but serait d’'augmenter la somme des biens et des capacités. Elle distingue les consommations en improductives et reproductives. De ce point de vue émi-