‹ Études socialesChapitre 46 sur 57 · EN ÉCONOMIQUE · texte numérisé non relu

EN ÉCONOMIQUE

nemment abstrait, cela va sans dire, nous | tiendrons le mot luxe pour synonyme de consommation volontaire improductive ; nous attribuerons ce caractère à toute dépense qui 4 ne servrait ni directement ni indirectement à | la conservation et à l'augmentation de la ri- | chesse sociale, et de ce chef nous la condam- 1 nerons, quitte à l’approuver peut-être en définitive, lorsque nous l’aurons considérée sous. Lu autres rapports. La difficulté serait d’accomoder cette définition du luxe à nos habitudes d'esprit, et de bien distinguer les consommations indirectement productives de celles qui ne le sont absolument pas.

| C'est sur ce terrain que M. Paul Leroy- Beaulieu voulait placer la discussion dans la f note qu’il a lue à l’Institut le 6 août 1887. Il définit le luxe « cette partie du superflu (vouant parler sans doute de la consommation superflue) qui dépasse ce que la généralité 1 des habitants d’un pays considère comme es- sentiel, non seulement aux besoins de l’existen ce, mais même à l’agrément et à la décence de la vie». Cette définition aurait encore

besoin d’un commentaire, car si l’on entend par généralité la grande majorité numérique,

on tiendrait pour luxueux de la part de gens

placés dans certaines positions un genre de vie qui serait considéré comme misérable par

la classe qui les occupe. La suite montre que

l’auteur entend parler de dépenses supérieures à ce que les convenances sociales exigent de chacun de nous. | |

C'est le luxe ainsi défini que l’éminent académicien considère comme économiquement avantageux. Sans lui, pense-t-il, la société s’endormirait dans la routine et finirait par rétrograder ; de sorte qu’avec le temps «la suppression du luxe amènerait une diminution des objets de consommation vulgaire.» C’est le luxe, à ses yeux, qui fait le prix de la richesse, et c’est

souvent la soif de la richesse qui stimule le

génie de l'inventeur et soutient l’ardeur du chef d'industrie.

Ainsi l’effetimmédiat du luxe serait sans doute

une diminution de biens, puisque ceux qu’il emploie sont duement détruits et ne reparaissent pas sous la forme de produits nouveaux ou de

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