EN ÉCONOMIQUE
facultés acquises, comme il arrive aux consommations d’une utilité moins problématique ; mais indirectement, en stimulant les efforts de quelques-uns, en réveillant l'esprit de tous, le luxe finirait par rendre ce qu’il coûte et au delà. L'auteur de la note fait observer avec raison que l’économie résultant de la suppression du luxe ne serait pas complète, que les grands vignobles, par exemple, rapporteraient beaucoup moins si l’on y plantait des cépages communs, et qu'un habile sculpteur devenu charpentier ne gagnerait plus les mêmes journées. — Sur quoi l’on pourrait dire qu’en se retranchant le milliard du luxe dont il parle, il resterait toujours quelques centaines de - millions applicables à la production du nécessaire, dont il n’y a point encore assez, puisque tant de gens en restent privés. On pourrait répondre encore, et l’on à répondu, que pour une invention dont la paternité reviendrait au luxe, on lui doit bien quelques centaines de banqueroutes, sans parler des indélicatesses, des duretés, des voleries que les
statistiques n’enregistrent pas — que le luxe
n'est ni l’unique avantage de la richesse, ni le mobile principal de sa poursuite, bref, que le profit du luxe est hypothétique, tandis que la perte directe est certaine. Au point de vue purement économique, il reste donc à comprendre sous le nom de luxe foute dépense où l'équivalent des biens consommés ne se retrouverait pas sous la forme d’autres pro-
duils utiles ou de forces, de facultés et de con-.
naissances applicables à la production. N’admettant pas, jusqu’à plus ample information, les bénéfices indirects du luxe préconisés par
M. Paul Leroy-Beaulieu, ou les croyant au
moins compensés par les dommages indirects
qu’il occasionne, nous y ferions rentrer même les dépenses que l’usage impose aux personnes de moyenne condition, lorsque celles-ci pour-
raient s’en dispenser sans inconvénient pour
leurs affaires. Un pays qui travaille pour lex-
portation trouve quelquefois un profit considé-
rable dans la production des ouvrages d'art ou de fantaisie. Dans ce cas Je gouvernement et les citoyens peuvent servir la richesse nationale par des dépenses qui sont du luxe pour