‹ Études sociales et économiques sur le Canada [microforme]Chapitre 19 sur 38 · LE 3 CEE BED 2 NME A CRE M 8 EP ELA GS SES LA · texte numérisé non relu

LE 3 CEE BED 2 NME A CRE M 8 EP ELA GS SES LA

trie comme par l’agriculture, Pour que son coeur batte avec force,il lui faut remplir d’air ses poumons. Et ce cœur, au Cana- 1a français du moins, n'est-ce pas le corps législatif et gouvernant, la seule législature française de toute l'Amérique, don: lcs palsations doivent alimenter les artères d’un sang abondant, pur et généreux? Nest-il pas évident que ce coeur bat trop faiblement? Ne devons-nous pas craindre de le voir vn jour s'arrêter, si la maladie se prolonge? Il faut donc au corps social malade l'aliment vivifiant qui lui rendra la force, la

’établissement de la grande industrie

langue française du Canada, nos éœu-

t même un bon nombre des nôtres, mal-

se montrent sceptiques, On Coner l: assez vo-

à nos compatriotes d’origine française d> grandes qua-

ellectuelles ; on ne conteste pas leur génie artistique,

ni même leur goût pour les arts industriels. Mais on ne qu’ils

possèdent le sens pratique et la persévérance qui s’acharnent

et qui produisent à la longue la puissance et la süpériorité

économiques. Ceux-ci doivent donc prouver Que ce jugement

est injuste en s’emparant de leur industrie nationale, et ils le

ferort puisque leur survivance est à ce prix. C’est là que doit

tendre leur effort, c’est vers ce point que doivent les diriger ceux qui exercent sur eux quelque influence.

Dans un ouvrage antérieur (1) nous avons essayé de démontrer qu’un des moyens d'atteindre ce but serait la généralisation de linstruction industrielle. I] serait facile, en effet, en nous servant de notre organisation scolaire actuelle, de préparer la jeunesse aux carrières pratiques. Nous reviendrons là-dessus. Mais n’oublions Pas que par suite d’habitudes nationales qui ont créé certains commencements d’atavisme, par suite surtout de la situation particulière où nous nous trouvons et qui rend la réussite un peu plus difficile pour nous que pour les autres groupes, l'instruction industrielle généralisée pour-

(1) L'évolution économique dans la province de Québec.

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rait devenir pour les nôtres un don de douteuse valeur, si l’on se trouvait plus tard dans l’impossibilité de leur ouvrir les carrières où leurs goûts auraient été dirigés par cette instruction. li est vrai, sans doute, comme le dit M. Carroll D. Wright, commissaire du travail des Etats-Unis, que “l’industrie marche toujours de pair avec la diffusion de l’instruction; un peuple donne d’abord satisfaction aux besoins les plus essentiels, afin de se procurer quelque bien-être; mais l’instruction générale et l’évolution de l’industrie doivent marcher la main dans la main.” C’est là un principe prouvé qu’il faut tenir bien en vue. Mais il est vrai également que les principes sociaux ne sont utiles que lorsqu'on sait les adapter aux conditions diverses des peuples et que ces conditions sont dissemblables dans les deux pays dont il s’agit. Il est vrai surtout que l’instruction la plus parfaite ne réussira pas à implanter l’industrie, la grande industrie plus particulièrement, dans un pays quine sy prête pas. Examinons donc la situation du Canada et spécialement celle de la région orientale sous ce rapport.

Disons encore que s’il fallait s’en tenir, pour les fins de la démonstration, à la comparaison de l’état industr:el actuel des Etats-Unis avec celui du Canada, la conclusion ne serait pas encourageante. Maïs rien ne serait plus injuste et plus décevant qu’une telle manière de procéder. C’est pourtant celle qu’adoptent un foule de personnes. Dès 1776, les Etats- Unis avaient obtenu la chose la plus essentielle à un peuple, la liberté sociale et constitutionnelle. Ils purent dès cette époque travailler à leur avancement matériel; ils ont donc sur nous dans leur évolution une avance de plus d’un demi-siècle; et nous ne sommes ici guère plus formés économiquement que les Etats-Unis d’avant Ja guerre de sécession. D’autres causes ont contribué à accélérer le développement industriel des Etats-Unis et à retarder celui du Canada. La découverte de la houille et du fer sur leur territoire a donné aux manufactures américaines un avantage immense. La croissance énorme de leur population, dont nous avons expliqué la cause, leur a fourni dès le début un marché indigène et a permis au système de la protection douanière de produire son pleïn effet; effet heureux au début, mais dont on éprouve aujourd’hui les inconvénients.

Une preuve de Ja justesse de toutes ces considérations,

c’est qu'en Canada, malgré la commandite anglaise, la grande

industrie n’est vancée parmi le groupe an-

glo- roupe français. Les mêmes causes écohez les deux grou

» Presque toujours tromment cette question: Le Canada, ans sa région orientale et française, grande industrie? peut-il espérer devenir un grand exportateur de produits manufacturés?

Nous n’apprendrons rien au lecteur en lui disant que le dé. veloppement industriel d’un pays tient surtout de la nature, du travail et du capital. Cependant, comme il est quelquefois utile de se pes reni S ncipes, essayons de résumer

les économistes sur ces trois guider par le traité d'économie poli- Beaulieu, certainement un des plus

ts qui existent.

Pports avec la Product:on, peut se di- TS: 1. Le climat et la constitution géo- 2. La constitution géologique, le sol et le sous-s0] ; rces des divers agents naturels, par exemple, la force motrice des vents et des Cours d'eau, la force: expansive des gaz, l'électricité, et toutes les applications sans cesse renouvelées et étendues qui résultent des progrès de la physique, de la chimie, de la mécanique, et des autres sciences ayant la nature pour objet. - La civilisation, au point de vue matériel, cons'ste dans une connaissance et une utilisation croissante des forces naturelles, et la plupart des Savants sont d’opinion

ntal est aujourd’hui trop bien connu Pour qu’il soit nécessaire d’en Parler bien jonguement. Nous savons maintenant que Contrairement à ce que pensaient

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nos ancêtres, la zone cultivable s’étend au nord jusqu’à la latitude de la baie James, et que ces régions septentrionales aussi bien que la vallée du Saiut-Laurent, en dépit des hivers rigoureux, que les provinces maritimes malgré les vents et les brumes de l’Atlantique, sont des pays aussi sains et aussi fertiles que l'Ontario. On y cultive toutes les céréales, tous les légumes, de très beaux fruits; les troupeaux sy multiplient sans être sujets à une foule de maladies qui les déciment dans les pays d’un ciel plus clément. Un climat favorable à l’agriculture doit l’être également aux entreprises industrielles. Bien plus, si l’on suppose de bonnes conditions de logement et de nourriture, le travail humain est nécessairement plus facile et plus intense dans les pays froids que dans les pays chauds, et la vigueur physique et morale des individus est plus considérable, Le clir-+ du Canada oriental n’est donc pas défavorable à la grau te ndustrie. C’est du reste un point qui n’est pas contesté.

Passons maintenant à la situation et à la configuration géographique de la région. Nous constatons tout d’abord que c’est le point du continent américain le plus rapproché des grands marchés de l’Europe, et qu’il possède de nombreux et d’excellents ports ouverts en toute saison au commerce du monde ; ces ports sont reliés entre eux et avec les centres de l’intérieur par de nombreuses voies ferrées. Pendant sept mois de l’année les plus grands waisseaux océaniques remontent l’estuaire du Saint-Laurent et pénètrent jusqu’à Montréal, à environ six cents milles à l’intérieur des terres. Le ”oment n’est pas éloigné où un système de grands canaux vermettra d’atteindre les extrémités des mers intérieures, o4 l’on verra les chargemeénts de blé passer sans transbordement de la tête du lac Supérieur insqu’en Europe. Nous pouvons aussi dès maintenant prévoir l'époque où les ports du Saint-Laurent deviendront accessibles en hiver, comme le sont aujourd’hui plusieurs ports russes, d’un climat plus rigoureux.

Remarquez combien la région orientale du Canada contrôle le mouvement commercial du pays tout entier; réfléchissez À l'importance de ce contrôle, destiné, par la force des choses, à s’accroître et même à s'étendre graduellement sur toute la par-

tie septentrionale cette vérité

ce qu'est le Canada

Examinons maintenant ce Pays au point de v

merciale. Si nous voulions entrer dans les détails,

la commission géologique du Canada, des rapports des ingé. sieurs de mines des différentes p spéciaux. Les renseignements ne manquent pas. dans une foule de livres q Sont ouverts devant NOUS; tous peuvent nous voulons rester à dessein dans les généralités : Plus utiles à notre démonstration, puisqu'elle Coup d’œil d'ensemble. Nous devons donc re approfondir ce sujet aux Ouvrages statistiques et La houille et le fer de la Nouvelle-Ecosse, du

Nouveau-Brunswick et du Cap-Breton sont dé

dustries du même gen sidérables qui exste autres richesses minières de 1 le seront bientôt davantage, Mais tout cela portant, n’est que l'affirmation d’une concurre i avenir, avec les industries du même genre ét il importe surtout de constater c’est qu’une ère nou-

l’industrialisme électrique, si ainsi, s’implantera et s’épanoui

du continent. Pénétrez-vous bien de plus un Pays offre d'avantages, plus tæ doit être fort et industrieux pour Us aurez quelque idée de l’'mportance qu’il français du Canada d’être, économiquement D Pas seulement l’éga] de ses voisins, mais

Voilà oriental au point de vue de la situation géo-

ue topographi- ; explorons le sol et le sous-sol, Peu de pays

‘néraux d’une

du rapport de

rovinces, sans parler de nom-

S qui, pour la plupart, ÿ avoir accès, Mais

; elles sont S permettent un nvoyer le lecteur

jà en exploitant assez bien la Comparaison avec les inre plus anciennes, plus riches et plus connt dans un grand nombre de pays. Les a région sont peu exploitées ; elles

nce possible dans ablies en d’autres

-Laurent. C’est là que nous pouvons nous exprimer Fa, Car nul pays au monde n'of-

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