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108 ETUDES SOCIALES ET ECONOMIQUES fre sous ce rapport des avantages aussi grands. Qu'on songe que ce fleuve immense, bientôt navigable pour les navires océaniques jusqu’à sa source même, est bordé au nord et au sud par de longues chaînes de montagnes partout facilement accessibles et pourtant suffisamment élevées pour donner naissance à de grands fleuves et à d’innombrables cours d’eau nourris par les neiges, régularisés par les vastes forêts à travers desquels ils coulent. Ces fleuves, ces rivières se répandent sur les deux versants des monts en cataractes, chutes et cascades d’une force en chevaux vapeur pratiquement illimitée. Ces génératrices inépuisables de puissance électrique ont autour d'elles la matière première d'industries très multiples. La forêt en fournit la plus grande partie, mais la métallurgie électrique, dont l'inventeur est un homme de race française, trouvera dans les sables mêmes des rivages laurentiens, les minerais de fer qui permettront de ressusciter sur les bords du Saint-Laurent et sous une forme nouvelle, l’industrie autrefois si prospère de la construction des navires. Que le lecteur en soit bien convaincu, la description que nous faisons ici des avantages industriels de cette région n’est pas chargée. Bien au contraire, nous restons en deça de la vérité. Nous pouvons dire, sals crainte d’être contredit par lc hommes de science et les spécialistes, que peu de régions du mois offrent Mo avantages inaustriels aussi grands. Met) Nous voilà donc en présence ê l’atelier D ouvert. Et quel atelier! Jetons maintenant un regard sur les travailleurs, sur ceux du moins qui seraient les travailleurs si nous ne persistions pas à leur lier les bras et à leur infliger le supplice de l’inactivité et de la faim au sein du mouvement de l’abondance. Dans la production, aïnsj que nous l’avons vu, le travail humain est le second facteur. C’est lui qui manie et qui guide, c’est son effort qui arrache à la nature ses richesses. Nous l’avons constaté précédemment, ces travailleurs sont en grand nombre dans le Canada français. Ils comprennent plus de la moitié de la force numérique du groupe, et la plupart, faute de travail dans leur pays, sont contraints de s’exiler. A côté d’eux se trouvent leurs compatriotes d’autres origines, moins nombreux dans cette section du pays, mais qui accour-
ront en foule dès qu’ils verront au loin se dresser les usines. nl he manque donc pas de travaiileurs. Mais de quelle qualité sont-ils’ Dans la nouvelle ère industrielle, l'ouvrier ne sera plus le manœuvre grossier et malheureux qu'on à tant plaint dans l’ancienne. De même que, dans les armées modernes, le soldat n’est plus un simple automate aveugle se mouvant sans Savoir pourquoi, mais une ent'té intelligente dans un concours immense de volontés mues par un même ressort, de même aussi l’ouvrier de demain ne sera plus un simple rouage. Il devra, lui aussi, être une intelligence, A cette question encore Ja ré- Ponse est toute prête. Nous avons vu, dans une étude précédente, combien les Canadiens-Français ont d'aptitude et de goût Pour les arts industriels. On ne saurait donc douter qu’ils de: viennent, convenablement instruits et préparés, d’excellents cuvriers industriels, Bien plus, beaucoup d’entre eux deviendront des artistes dans ce Milieu favorable, Nous avons prouvé en effet combien ces ouvriers de race et de mentalité irançaises ont une tendance à faire en beauté les moindres choses. Or, les produits les plus beaux sont toujours les piust recherchés ; ils se vendent mieux que les autres, bien que le prix de revient n’en soit guère plus élevé, dans bien des cas. Ce sentiment artistique qui anime notre population ne s’émoussera Pas dans l'atmosphère déprimante des grandes villes. Par leus nature même, les industries forestières devront s'exercer au sein des montagnes et des forêts, L’ouvrier sera incessamment en contact avec la grande nature. C’est là que prit toujours naissance l’art vrai, Cet art qui est une prière inspirée par la contemplation des oeuvres de Dieu. L'art pur, cette aspiration sublime qui rapproche l’homme du ciel, sera toujours infiniment au-dessus des combinaisons commerciales et industrielles des hommes. L’art industriel en sera toujours séparé par un abîme, c’est tout au plus s’il peut espérer en saisir quelque pâle reflet. Mais pour les masses ce reflet est si précieux que dans tous les pays, nous dit Ruskin, la grande fabric
spécialement, vigoureusement et de plus en plus
tique, afin d’orner la chaumière aussi bien que le palais. On comprend qu’une telle population ne peut manquer de fournir un grand nombre d’ouvriers habiles, des contre-maîtres compé-
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