Villes de f étranger
Traduction de M. Lenormant.
Villes de la terre.
Villes de Sumer.
Villes d*Accad.
Villes de la contrée d'Accad.
Villes d'Elam.
Villes de l'étranger.
Pourquoi le pluriel : u les villes » ? Mais n'insistons
pas.
Voici maintenant ce qui se sera passé. M. Smith,
qui, p. 29, cite comme u seules expressions» de Sumer Lisan. KU et KT. EN. GI, a rendu par ka-me le signe »^Tf^T, qui en effet est un KA avec un ME inscrit. M. Lenormant aura lu à tort, au lieu de kame, les deux signes ka-mi, »^I"^T ÇT" <* bouche noire» selon lui, Bans même faire attention à la différence entre [— me et Cl^ mi. M. Smith, néanmoins, avait écrit me et non mi.
Nous sommes donc autorisé, jusquà preuve du contraire, à supposer que le ka-mi-ki de M. Lenormant est douteux, et que le texte porte Lisan-ka, et pas même Lisan-hi,
Quoi qui] en soit, de deux choses Tune : ou il se trouve l'idéogramme de Sumer, et la traduction de M. Lenormant croule par sa base; ou il se trouve ka-mi'ki, et alors comment MM. Smith et Lenormant en prouvent-ils l'identité avec Sumer ?
Mais ce qui est plus important encore, c'est la leçon constatée par la transcription de M. Lenormant , et qui n'a pas été remarquée par lui :
Kl. EN. GI. Kl. AKKAD. KL
Sumer terra Akkad terra.
Pour l'auteur de ce texte, le RI, EN. GL est un pays, et l'Accad un autre. Le ki, en. gi. porte après
lui la mention de Kl, de pays; c'est donc un nom
propre comme les autres soixante-treize noms, qui
se terminent tous par cette syllabe finale.
M. Lenormant aurait donc du traduire :
Ville de la contrée da pays d'Accad.
Et pourquoi les villes d'Accad sont- elles suivies des villes de la contrée d'Accad ?
Nous espérons que maintenant la démonstration sera complète.
vm.
Nous croyons avoir démontré par des preuves directes que la langue touranienne est la langue 5ttmérienne. Il ne résulterait pas de cela que \accadien fût Tidiome des Sémites; mais nous avons encore ici une démonstration immédiate et non pas un indice conduisant à des conclusions incertaines.
Voici cette démonstration :
Dans un texte ninivite du Musée du Louvre, écrit en langue -assyrienne, il se tix)iive une souscription oii le roi Sardanapale dit qu'il a fait copier cette tablette « selon la teneur des textes du pays d'Accad » (SA KA. IS LI SI HU UM). Cela paraîtra décisif pour l'autre coté de la question; c'est une preuve directe que Faccadien est la langue sémitique des Assyriens.
Bien des indices s'ajoutent à cette preuve directe. Nous en avons déjà cité. En voilà un autre qui ne manque pas de gravité. Dans les textes astrologiques, il se trouve des prédictions qui s'étendent tantôt à « toute la terre habitée » , tantôt à quatre régions qui sont les suivantes :
Elam, l'est, la Susiane.
Accad , le sud , la Mésopotamie.
Âkharru, 1 ouest.
Kbubur, le nord.
Les textes sont tous en assyrien, c'est-à-dire en langue sémitique. On voit que le mot Accad seul y figure, et que le nom de Sumer en est exclu. On ne peut donc en conclure raisonnablement que Sumer était un nom sémitique et Accad un nom touranîën'. Pourtant M. Lenormant a émis cette thèse gratuite dans son livre sur la magie (p. 271). Si Sumer est le nom sémitique, comment cela se fait-il que les Sémites ne s'en servent jamais? et si Accad est le nom touranien, pourquoi les Sémites Temploient-ils pour désigner la Mésopotamie, surtout méridionale ? car les textes des Tois assyriens opposent, dans des centaines de passages, Accad à TAssyrie. ^
En voici un exemple , sans en citer d'autres. C'est l'inscription de Sennachérib qui rend compte d'un cachet antique :
uTuklat-Samdan, roi d'Assyrie, fils de Salmanassar, roi d'Assyrie.
(( Butin du pays de Kardouniyas. Celui qui altère l'écriture de mon nom, qu'Assour et Ben anéantissent son nom et son pays.
«Ce cachet s'en alla, comme cadeau, d'Assyrie en Accad. Moi, Sennachérib, roi d'Assyrie, je pris Babylone, six cents ans plus tard, et je le fis sortir du trésor de Babylone. »