‹ Études sumériennesChapitre 4 sur 17 · POST-SCRIPTUM · texte numérisé non relu

POST-SCRIPTUM

M. Lenormant termine son article par un chapitre X, qui paraîtra tant soit peu étrange et sans connexité avec le but qu'il s'est proposé. Mon savant ami ne pourra donc que me savoir gré, si, après avoir reproduit textuellement son post-scriptam , je lui explique la raison de sa méprise par l'existence d'une malheureuse faute d'impression.

Je croirais devoir insister sur celte note, quand même elle ne traiterait pas d'un point de la grammaire sumérienne.

Voici l'épilogue de l'apologie du mot accadien : « Telles sont les raisons et les preuves qui justifient le nom de langue accadienne^. Ce sont celles qui me l'ont fait adopter et qui me décident à le maintenir; celles qui le font aussi conserver par tous les savants de fécole anglaise^, malgré l'autorité de M. Oppert.

«Si je ne me fais une illusion, ces raisons et ces preuves pourront être de nature à déterminer la

1 n est inutile d'ajouter que clans l'article , qui , en cela , ressemble au chapitre final , nous avons rencontré des assertions , mais aucune raison, et encore moins une preuve quelconque. Quant à l'espoir flatteur pour moi , j'aurais trës-inauvaise grâce de ne pas me bercer de Tespoir opposé, auquel, moi également, j'attacherais un trèsgrand prix.

* Nous avons déjà exposé que tel n'est pas le cas : de fait, il n'y a qu'un seul savant, d'ailleurs trës-recommandahle, qui défende, dans un intérêt de piété que personne ne saurait blâmer, les doctrines de Hincks , quelque erronées qu'elles puissent être. J. As. Extrait n** 2. (1875.) 4

conviction du lecteur. Je vais même jusqu'à me bercer de l*espoir qu elles parviendront peut-être à obtenir Tassentiment de M. Oppert. Ce serait le résultat auquel j attacherais le plus de prix. Mais ce ne serait pas la première fois que nos travaux sur laccadien, entrepris et poursuivis séparément, arriveraient au même résultat, après avoir paru d*abord s'écarter considérablement.

« M. Oppert faisait insérer au procès-verbal de la séance de la Société asiatique du 8 novembre 1872 {Journal asiatique, \if série, t. I, p. 1 1 5), à loccasion du verbe :

« Si une analogie peut être établie entre le système des suffixes et des postpositions tartaro-finnois et sumériens, le verbe sumérien présente de telles anomalies et des phénomènes tellement étranges, que sur ce point M. Oppert, dans ses recherches continuées pendant de longues années , na rien pu trouver qui rappelât la conjugaison touranienne.

«Et à la page suivante, après avoir parlé des postpositions casu elles et des pronoms :

(( Dans tout cela on reconnaît de fortes analogies avec le turc, le finnois et les autres langues de cette souche. Le verbe, au contraire, ne montre aucune analogie avec les idiomes mentionnés,

« En revanche, dans le procès-verbal de la séance du 8 février 1878 [Journal asiatique, vu' série, t. I, p. 36g), nous lisons :

«M. Oppert continue ses observations sur la langue sumérienne et en particulier sur le méca-

nisme de la conjugaison, qui présente certaines analogies avec le verbe tare.

((Dans Fintervalle, en janvier 1873, avait paru mon introduction grammaticale, contenant la première théorie complète que Ton ait donnée du verbe accadien comparé aux verbes des langues touraniennes. Mais M. Oppert navait sans doute pas eu le temps d*en prendre connaissance, et cest spontanément que pendant ces deux mois il est parvenu à la constatation du fait qui lui avait échappé pendant de longues années, puisqu'il na pas même mentionné mon travail, n

Ma réponse à cette note sera courte.

Premièrement, ce n est pas à moi qu'on pourrait reprocher de prendre les idées d'autrui; j'ai toujours cru de mon devoir de mentionner même les observations verbales qui me sont faites.

Puis, j'aurais pu citer le travail de M. Lenormanl dans une exposition orale, sans que l'honorable rédacteur du procès-verbal de la séance du 8 jan- \\et 1878 reproduisît dans les trois lignes de sa notice le nom de M. Lenormant. Ces trois lignes sont tout ce qui sumt de ma communication.

Troisièmement, je n'avais pas pensé, ayant vécu en Turquie plus de deux ans, à demander à mon honorable ami des révélations sur le verbe turc.

Quatrièmement, je suis toujours de l'avis du procès-verbal de la séance du 8 novembre 1872, car, dans celui du 8 février 1873, il s'est introduit une faute d'impression rectifiée depuis longtemps.

J'ai parlé de la langue méditfae, de la seconde espèce des inscriptions trilingues. Je ne me suis pas occupé du sumérien dans cette séance.

Je regrette que mon savant ami n'ait pas eu le temps de me demander l'explication de cette contradiction apparente : il aurait su que je n'ai jamais, et pour une raison excellente, établi une analogie entre le verbe sumérien et le verbe turc. L'un est aussi compliqué et obscur que l'autre est simple et clair. Quant au verbe médique , c'est bien différent :

Si l'on ne saurait faire que peu de rapprochements quant au son, la formation des temps et des voix données repose essentiellement sur le même principe, appliqué d'une manière quelquefois différente.

Il est pourtant un point que je me plais à reconnaître exact. Le voici : si j'avais pu accepter le nom défendu. par M. Lenormant, cela n'aurait pas été la première fois que j'aurais profité de sa science et de sa sagacité.

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