ADDITIONS
L Nous avons avancé, conformément à l'avis émis à l'unanimité moins une voix, que KL EN. GL était l'équivalent de Sumer. Les raisons que nous avons fait valoir étaient pleinement suffisantes; mais nous en avons obtenu dernièrement encore une démonstration. Dans un texte, sémitique cette
fois, trouvé à Bagdad et rapporté par M. Smith, le roi Mérodachbaladan porte le titre usuel de roi de Sameret d'Accad. Or, le mot Sumer est exprimé par KI.EN.GI.
Ce point tranche la question , peu compliquée d ailleurs, et donne le coup de grâce à Temploidu mot accadien dans le sens que nous avons écarté.
II. Ka-mi'ki. Nous avions exprimé le doute sur cette lecture, et cru que M. Lenormant s'était trompé, parce que nous supposions, bien à tort, une sorte d'infaillibilité en faveur de M. Smith, qui a les monuments sous les yeux. C'est, au contraire, M. Smith qui s'est fourvoyé en imprimant ka me, et en supposant, sans raison aucune, que A:a-mf était sumer. Mais même la preuvedufait ne changerait rien.
La cause de M. Lenormant expliquant les Sumers, Sémites selon lui, par «tête noire», n'en devient pas meilleure, il est vrai; mais on lui devait, pour être juste, cette constatation. Notre prévision pourtant que M. Lenormant, malgré la reproduction en cunéiformes , n'avait pas vu l'original , était complètement exacte. Car le document est écrit en caractères archaïques, et M. Lenormant a rendu le texte en caractères ordinaires, ce qui n'a pas de sens dans une œuvre autographiée , et ce qu'il n'aurait certainement pas fait, s'il avait pu avoir la tablette sous les yeux.
III. MAK. ZU. Nous avons discuté un point secondaire, celui de la ville, lu idéographiquement MAK. ZU, et des divinités qui s'y rattafchent. Une
glose (B. M. II, 46, i) assez fruste avait été lue par nous MAK. ZU = Sumeritar, (le vaisseau) de JMakzUf c est-à-dire de Sunaer. Voici ce que dit M. Lenormant [Études accadiennes, I, 3, 89) :
« C'est ce qui aété constaté d'abord parM.Oppert^ puis par M. Smith (ainsi qu'il me l'écrivait le 3 janvier de cette année 1873), et par moi-même à mon dernier voyage en Angleterre, et M. Bowler l'a également reconnu , en examinant la tablette avec moi. »
Aujourd'hui M. Smith nous annonce, sans autre forme de procès, que le MAK ZU est Sarippak, la ville portant un nom touranien, où Adrahasis, le Xisuthrus des Grecs , était né ^. Pour la cause du sumérien, ce changement serait complètement sans intérêt , s'il ne nous aidait pas. Le mot Samer ne se trouverait donc pas même, comme nom de ville dans les temps plus récents; au surplus la ville assyrienne d'Ëlassar ne se nommait même pas Sumer. M. Smith a vu, le 3 janvier 1873 :
sa — me — ri — tuv. Aujourd'hui il voit :
su — rip — pak - tuv.
Nous ne voulons pas demander pourquoi M. Smith
^ Je Tai conjecturé seulement sans voir le texte. J'ai dit que le nom de Sumer devait se trouver là,
• TransoLctions of tke Society ofBibUcal archœolo^, t. IIÏ, p. 589.
Ht maintenant snrippaktav, et noû pas samerituv, quoique le motif soit évident. Il faudrait pourtant au moins surippakilav, avec un ï long, comme on trouve dans les autres lignes assurituv, urituv, akkaditav, dilmunitav, magganitav, melahhitav, nebitav, habarditav[?)t sahhitav. Ces mots sont des adjectifs accompagnant le substantif vaisseau , tels qu assyrien, urieq, accadien, etc. Le surippakitav de M. Georges Smith, combattu par les yeux de MM. Smith, Lenormant et Bowler, Test aussi par la philologie.
Nous avouons que nous serons assez satisfait de la lecture de snrippakitiv , si elle est possible , car c'est là le propre des bonnes causes, quelles demandent la lumière tout entière.