‹ Études sur AristoteChapitre 4 sur 21 · RS · texte numérisé non relu

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de l'incompatibilité des deux leçons. Je ne sais s’il ne faut pas transposer le passage où il est question de la république aristocratique après celui où il est question de l’aristocratie. Il est plus naturel qu'il ne parle du mélange des deux gouvernements qu'après avoir traité de l’un et de l’autre, cf. IV, 8. 1293 b 32 (6,2); et dans le chapitre x1v, où il traite du pouvoir délibératif, il passe en revue les gouvernements dans l'ordre suivant : Démocratie tempérée et excessive,

oligarchie, aristocratie, république aristocratique et république.

V, 1. 1301 b 5. 6 (1, 4). Ἀρχαὶ μὲν οὖν ὡς εἰπεῖν ἀὗται καὶ πηγαὶ τῶν στάσεών εἰσιν » ὅθεν στασιάζουσιν. Διὸ καὶ αἱ μεταδολαὶ γίγνονται διχῶς. Les mots ὡς εἰπεῖν doivent peut-être se trouver après πηγαί, qui est une expression figurée; ἀρχαί est une expression ordinaire, qui n'a pas besoin d’être adoucie et excusée. Je ne saisis pas le lien de la proposition Διὸ---διχῶς avec cé qui précède. Je ne vois pas dans les causes de sédition énumérées par Aristote les motifs pour lesquels les révolutions s’opéreraient dans les deux sens qu’il indique. Je soupçonne une lacune après στασιάζουσιν. D'ailleurs, la particule μὲν n’a pas d’apodose, et elle en a toujours dans les formules de transition. |

V,1.1302a 5 6, 8). Τὸ δὲ ἁπλῶς πάντη καθ᾽ ἑχατέραν τετάχθαι τὴν ἰσότητα (l'égalité arithmétique ou l'égalité proportionnelle, géométrique) φαῦλον. dave-

ρὸν δ᾽ ἐκ τοῦ συμθαίνοντος " οὐδεμία γὰρ μόνιμος ἐκ τῶν τοιούτων πολιτειῶν. La préposition ἐκ est insolit: dans l'expression du simple génitif partitif. Je crois qu'il faut lire πολιτεία au lieu de πολιτειῶν. Aucun gouvernement composé de pareils éléments (c’est-à-dire de gens qui sont arithmétiquement ou géométriquement égaux sous tous les rapports ) ne peut durer.

V, 3. 1303 ἃ 20 (2, 9). Μεταδάλλουσι δ᾽ ai πολιτεῖαι καὶ ἄνευ στάσεως — δι ὀλιγωῤίαν, ὅταν ἐάσωσιν εἰς τὰς ἀρχὰς τὰς χυρίας παριέναι τοὺς μὴ τῆς πολιτείας φίλους, ὥσπερ ἐν ᾿Ωρεῷ χατελύθη ἡ ὀλιγαρχία τῶν ἀρχόντων γενομένου Ἡραχλεοδώρου, ὃς ἐξ ὀλιγαρχίας πολιτείαν καὶ δημοκρατίαν χατεσχεύασεν. 1] est clair qu'Héracléodore n’a pu établir en même temps deux gouvernements différents, la république tempérée et la démocratie. L’Arétin n’a pas traduit πολιτείαν xai; Schneider est d’avis d’omettre ces mots, et Coraï les efface. Outre que les interpolations sont fort rares dans la Politique d’Aristote, et qu'une interpolation comme eelleci n’est pas motivée, il n’est pas vraisemblable qu'Héracléodore uit changé insensiblement une oligarchie en démocratie, sans passer par l’intermédiaire de la πολιτεία, mélange d’oligarchie et de démocratie. Je suis disposé, là comme ailleurs, à chercher l’altération du texte dans une lacune que je place après πολιτείαν χαὶ et que je remplis par ἐχ πολιτείας,

γωγοῦντες οἱ σπουδαρχιῶντες εἰς τοῦτο καθιστᾶσιν ὡς χύρίον εἶναι τὸν δῆμον καὶ τῶν νόμων. On construit et on ne peut construire μὴ ἀπὸ τιμημάτων δὲ qu'avec aipsταί; et il faut entendre que l'éligibilité n’est pas soumise à des conditions de cens; mais ce ne peut être la pensée d'Aristote. Est-ce que les éligibles même soumis à des conditions de cens ne chercheront pas à flatter le peuple? Aristote lui-même dit plus bas, 6. 1305 b 30 (5, 5), que la démagogie peut se produire, ἐν ὅσαις ὀλιγαρχίαις οὐχ οὗτοι αἱροῦνται τὰς ἀρχὰς ἐξ ὧν οἱ ἄρχοντές εἰσιν, ἀλλ᾽ αἱ μὲν ἀρχαὶ ἐκ τιμημάτων μεγάλων εἰσὶν ἢ ἑταιριῶν, αἱροῦνται δ᾽ οἱ ὁπλῖται ἢ ὁ δῆμος. D'ailleurs, dans la proposition suivante, Aristote ne propose pas comme remède de soumettre les éligibles à des conditions de cens, mais de faire voter le peuple par tribus et non en masse. Or cette combinaison s’applique EV, 14. 1298 ἃ 12 (11, 3) 15. 1300 a 24 (12,114) aux démocraties où les citoyens exercent tous sans restriction leurs droits. De plus, quand Aristote dit que le peuple deviendra maître des lois, il entend parler de cette démocratie extrême où les droits politiques ne sont soumis à aucune restriction. Voir plus haut, 1V, 6. 1292 ὃ 41 sqq. (5, 5). En transposant μὴ ἀπὸ τιμημάτων δέ après αἱρεῖται δὲ ὁ δῆμος, on lève la difficulté : là où les magistratures sont données à l'élection, mais où l'élection est faite par le peuple entier, sans condition de cens.

V,6. 1306 b 12 (5, 11). Πολλάκις γὰρ τὸ ταχθὲν πρῶτον τίμημα πρὸς. τοὺς παρόντας καιρούς, ὥστε μετέχειν ἐν μὲν τῇ ὀλιγαρχίᾳ ὀλίγους ἐν δὲ τῇ πολιτεία τοὺς μέσους, εὐετηρίας γιγνομένης δι εἰρήνην ἣ δι ἄλλην τιν᾽ εὐτυχίαν συμδαΐνει πολλαπλασίου γίγνεσθαι τιμήματος ἀξίας τὰς αὐτὰς κτήσεις, ὥστε πάντας πάντων μετέχειν. Coraï ἃ très-bien senti que τὸ ---- τίμημα ne peut se construire avec cuuéaive; il propose d’intercaler après συμᾷαίνει les mots πολλαπλασιοῦσθαι διὰ τὸ πολλαπλασίου x. τ. À. Mais, quand la richesse publique augmente, le cens n’est pas multiplié; il diminue. Il faudrait suppléer ἔλαττον γίγνεσθαι διὰ τὸ πολλατλασίου x. τ. À.

V, 7. 1807 a 81 (6, 6). Aristote parle des révolutions de Thurium, où la république tempérée fut changée en une oligarchie de plus en plus exclusive, que le peuple détruisit. Διὰ μὲν γὰρ τὸ ἀπὸ πλείονος τιμήματος εἶναι τὰς ἀρχὰς εἰς ἔλαττον μετέδη καὶ εἰς ἀρχεῖα πλείω, διὰ δὲ τὸ τὴν χώραν ὅλην τοὺς γνωρίμους συγχτήσασθαι παρὰ τὸν νόμον " ἡ γὰρ πολιτεία ὀλιγαρχικώτερα ἦν, ὥστε ἐδύνατο πλεονεχτεῖν ὁ δὲ δῆμος γυμνασθεὶς ἐν τῷ πολέμῳ τῶν φρουρῶν ἐγένετο χρείτπων, ἕως ἀφεῖσαν τῆς χώpas ὅσοι πλείω ἦσαν ἔχοντες. Schneider me paraît avoir raison de trouver ce texte vicieux et mutilé. La proposition ἡ γὰρ — πλεονεχτεῖν doit être mise entre parenthèses, comme l’a fait Stahr; mais ὁ δὲ δῆμος ne peut être l’apodose de διὰ δὲ — νόμον, même en supprimant δὲ; car les idées ne se suivent pas : comme les riches s'étaient approprié tout le territoire, le peuple

devint le plus fort. I y avait sans doute après πλεονἐχτεῖν une proposition qui est perdue et qui faisait suite à διὰ δὲ — νόμον.

V, 8. 1308 a 37 (7, 6). Aristote traite des moyens de prévenir les révolutions qui peuvent survenir dans l’oligarchie et la république par suite du cens , ὅταν συμδαίνῃ τοῦτο μενόντων μὲν τῶν αὐτῶν τιμημάτων εὐὖπορίας δὲ νομίσματος γιγνομένης. Il semble, d’après cette proposition, qu'il n'ait prévu que le cas où le cens deviendrait trop bas par suite des progrès de la richesse publique. Mais, dans les remèdes qu’il propose, il indique l’abaissement du cens, dans le cas où il deviendrait trop élevé, sans doute par suite de l’appauvrissement général. Le sens exige donc qu’on ajoute après νομίσματος, ἢ ἀπορίας, à moins qu'Aristote n'ait rédigé négligemment, ce qui est possible.

V, 9. 1309 b 21-31 (7, 17-18). Καθάπερ n’a pas d'autre apodose logique que συμδαίνει δὴ τοῦτο καὶ mept τὰς ἄλλας πολιτείας. 11] suffit, pour le marquer, de mettre une virgule après ἐναντίων, et une autre virgule après μορίων. Quant à l’apodose, Schneider et Coraï y suppriment ἄλλας. Gôtiling le conserve en l’'opposant au meilleur gouvernement, ἃ l'aristocratie. Mais rien ne peut indiquer cette opposition. On pourraïit Lire : περὶ τἄλλα καὶ τὰς πολιτείας.

V, 10. 1310 b 9 (8,2). Je ne comprends pas qu'Aristote dise que la royauté a été instituée par les nobles pour les protéger contre le peuple; lers-

SUR LA POLITIQUE. 85 qu’un peu plus bas il dérive l'établissement de la royauté de services rendus à la nation entière, et représente Île monarque comme protégeant également les nobles et le peuple. Rien n'indique pourtant que le texte soit fautif. C’est peut-être une distraction d’Aristote.

V, 10. 1311 ὃ 37 (8, 14). On conspire contre les rois par crainte de leur vengeance, ἕν γάρ τι τοῦτο τῶν αἰτίων ἦν, ὥσπερ καὶ περὶ τὰς πολιτείας χαὶ τὰς μοναρχίας. Aristote a dit plus haut, 2. 1802 b 21(2,5), que la crainte du châtiment était une eause de révolution dans les républiques. L’imparfait ἦν s’applique vraisemblablement à cette observation faite antérieurement ; il ne convient pas à ce qu'il dit de la monarchie, puisqu'il en traite présentement, et que l'observation a un caractère général qui doit être exprimé par le présent. Je crois qu'il faut transposer ἦν après ὥσπερ. Coraï ἃ eu raison de transposer le καὶ qui suit ὥσπερ après ἕν γάρ τι; il ne convient pas pour le premier membre de la comparaison. Il faut ajouter περὶ devant τὰς μοναρχίας; car les deux membres de la comparaison ne peuvent dépendre du même verbe. La vieille traduction porte : unum enim aliquid erat hoc eausarum sicut et monarchias.

V, 10. 1312 b 16 (8, 19). IL faut ajouter ἐπὶ de. vant Διονύσιον δὲ Δίων στρατεύσας. Cf. 1312 a 35 (17), ἐστράτευσεν͵ ἐπὶ Διονύσιον. La vieille traduction porte : dyonisium autem dyon aggressus.

V,11. 1313 ὃ 19 (9, 4)... Καὶ τὸ πένητας ποιεῖν τοὺς ἀρχομένους, τυραννιχόν, ὅκως μήτε φυλακὴ τρέφηται καὶ πρὸς τῷ καθ᾽ ἡμέραν ὄντες ἄσχολαι ὦσιν ἐπιδουλεύειν. Παράδειγμα δὲ τούτου αἴ ve πυραμίδες... On a trouvé déjà μήτε φυλακή embarrassant; on a corrigé ἥ τε quλαχή. Mais le sens ne me paraît pas plus satisfaisant. Un tyran n’appauvrit pas ses sujets pour entretenir une garde, mais en entretonant une garde. D'ailleurs les exemples cités par Aristote s’appliquent tous à des constructions, et non à l'entretien d’une garde. Je crois qu'on peut trouver le mot à substituer à φυλακή dans le passage qui se trouve plus bas, 1314 a 23 (8). Aristote réduit les moyens de maintenir la tyrannie à trois : abaisser les courages, semer la défiance, τρίτον δ᾽ ἀδυναμία τῶν πραγμάτων οὐθεὶς γὰρ ἐπιχειρεῖ τοῖς ἀδυνάτοις, ὥστε οὐδὲ τυραννίδα καταλύειν μὴ δυνάμεως ὑπαρχούσης. Je crois donc qu'il faut substituer δύναμις à φυλακή, en l’entendant de la puissance, de l'importance, des ressources que donne la richesse. |

V, 12. 1316 b 24 (10, 6). On ἃ fait remarquer avec raison que les mots οὗ αἰτίαν τὴν ἀγὰν ἔλενθερίαν εἶναί φασιν sont une allusion au passage de la République de Platon (VIII, 564 A), et que Platon y parle ᾿ς de la démocratie, non de l'oligarchie dont Aristote traite ici. 1] me paraît vraisemblable que, comme l'a supposé Schneider, après avoir réfuté ce que Platon disait des causes des révolutions dans l’oligarchie,;

Aristote faisait une objection à ce qui est dit dans la République de la eause des révolutions dans la démocratie ; il ne pensait sans doute pas que l’excès de Liberté fût l’unique cause des révolutions dans les démocraties. La proposition où — φασιν paraît être un débris de cette réfutation qui ne nous a pas été conservée. |

VI, 2. 1317 b 6 (1, 6). Après avoir fait remarquer que, pour la démocratie, le droit est dans l'égalité arithmétique et non dans l'égalité géométrique, Aristote ajoute : τούτον δ᾽ ὄντος τοῦ δικαίου τὸ πλῆθος ἀναγκαῖον εἶναι χύριον, χαὶ ὅτι ἂν δόξη τοῖς πλείοσι, τοῦτ᾽ εἶναι χαὶ τέλος καὶ τοῦτ᾽ εἶναι τὸ δίκαιον" φασὶ γὰρ δεῖν ἴσον ἔχειν ἕκαστον τῶν πολιτῶν " ὥστ᾽ ἐν ταῖς δημοχρατίαις συμθαίνει χυριωτέρους εἶναι τοὺς ἀπόρους τῶν εὐπόρων " πλείους γάρ εἰσι 2 κύριον δὲ τὸ τοῖς πλείοσι δόξαν. La dernière proposition κύριον δὲ — δόξαν indique qu'il faut lire : καὶ τοῦτ᾽ εἶναι τέλος, et traduire : st c’est la le droit, il en-résulie que la multitude et la volonté de la majorité prévalent, et que le but du gouvernement et le droit consistent à ce que la mullitude et la volonté de la majorité prévalent. Le texte vulgaire présente une idée toute différente et contraire à la pensée d’Aristote : il en résulle que la multitude est maîtresse et que la

volonté de la majorité est le but et la justice. La vieille

traduction porte : hoc esse finem. On peut conclure de là que le texte est altéré VI, 3. 1318-a 19 (1, 11):

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