ΟΒΒΕΒΥΑΤΙΟΝΝ CRITIQUES
πλείοσιν. Il faut substituer à δίκαιον l'expression δεῖν εἶναι κύριον, qui d’ailleurs se trouve un peu plus bas, L. 29 (13) employé dans le même ordre d'idées.
VI, 4. 1318 b 12 (2, 1). Aristote dit qu’un peuple laboureur ou pasteur est celui qui se prête le mieux à l'établissement de la meilleure démocratie. Διὰ μὲν γὰρ τὸ μὴ πολλὴν οὐσίαν ἔχειν ἄσχολος, ὥστε μὴ. πολλάχις ὀχχλησιάζειν- διὰ δὲ τὸ μὴ ἔχειν τἀναγκαῖα πρὸς τοῖς ἔργοις διατρίδουσι καὶ τῶν ἀλλοτρίων οὐχ ἐπιθυμοῦσιν, ἀλλ᾽ ἤδιον τὸ ἐργάζεσθαι τοῦ πολιτεύεσθαι καὶ ἄρχειν, ὅπου ἂν μὴ ἦ λήμματα μεγάλα ἀπὸ τῶν ἀρχῶν. Quoique les propositions semblent former une antithèse marquée par μέν et δὲ, elles expriment pourtant absolument la même chose: c’est que la population n’est pas assez riche pour avoir du loisir et s’occuper uniquement des affaires publiques. Ensuite, Aristote ne peut pas dire que cette population n’a pas le nécessaire, quand il dit ailleurs qu’elle a une fortune médiocre IV, 6. 1292 b 25 (5, 8). On trouve dans ce dernier passage ([. 26) : πολιτεύονται κατὰ νόμους" ἔχουσι γὰρ ἐργαζόμενοι ζῆν, οὐ δύνανται δὲ σχολάζειν, ὥστε τὸν νόμον ἐπιστήσαντες ἐχχλησιάζουσι τὰς ἀναγκαίας ἐχκχλησίας. Je conclus de là que dans le texte que nous discutons, il faut supprimer μὴ devant ἔχειν, καὶ devant τῶν ἀλλοτρίων, substituer διατρίδοντες à διατρίδουσι, et transposer l’une à la place de l’autre les deux propositions τὸ μὴ — ἐκκλησιάζειν οἱ τὸ — ἐπιθυμοῦσιν; on ἃ ainsi : Comme leur travail leur procure le nécessaire,
ils ne convoitent pas le bien d'autrui, c’est-à-dire le bien des riches. D’autre part, comme ils n’ont pas beaucoup de fortune, ils n’ont pas de loisir, et il en résulte que leurs assemblées ne sont pas fréquentes; le travail est plus agréable que l’exercice des droits de citoyen et le pouvoir, là où les magistratures ne rapportent pas grand'chose. La vieille traduction porte : delectabilius est ipsis laborare. | VI, 4. 1318 b 35 (2, 3). Dans une démocratie, il est avantageux que tous les citoyens prennent part à l'élection des magistrats, à l’examen de leurs comptes et à l'administration de la justice, tandis que l’éligibilité sera soumise à des conditions de cens et de capacité. Ἀνάγχη δὲ πολιτευομένους οὕτω πολιτεύεσθαι καλῶς (αἴ τε γὰρ ἀρχαὶ ἀεὶ διὰ τῶν βελτίστων ἔσονται τοῦ δήμου βουλομένου καὶ τοῖς ἐπιειχέσιν οὐ φθονοῦντος ) χαὶ τοῖς ἐπιεικέσι καὶ γνωρίμοις ἀρκοῦσαν εἶναι ταύτην τὴν τάξιν. La particule τε n’a pas d’apodose ; si l'on examine la suite des idées, indépendamment de la construction grammaticale, on verra que cette apodose ne peut être cherchée que dans la proposition καὶ τοῖς ἐπιειχέσι — τάξιν. Pourquoi le gouvernement marchera-t-il bien, dans les conditions indiquées ? C'est parce que le peuple sera content, et que les gens d'élite seront satisfaits; ces deux idées sont donc étroitement liées et subordonnées à la première proposition. Faut-il voir, dans la rédaction actuelle du texte, une négligence d’Aristote? Les
lacunes sont si fréquentes dans la Politique, que le plus probable me paraît être d’intercaler συμδήσεται ou quelque chose de semblable entre καί et τοῖς ἐπιεικέσι χαὶ γνωρίμοις. Il faut, par suite, retrancher la parenthèse et mettre un point en haut après καλῶς. La vieille traduction porte : préncipatus enim semper per meliores erunt populo consulente.
VI, 5. 1320 a 26 (3, 8). Dans les démocraties, où l'État n’a pas de revenus, il faut que les assemblées soient rares, et que les tribunaux ne siégent que peu de jours. Τοῦτο γὰρ φέρει μὲν xai πρὸς τὸ μὴ φοθεῖσθαι τοὺς πλουσίους τὰς δαπάνας, ἐὰν οἱ μὲν εὔποροι μὴ λαμθάνωσι δικαστιχόν, οἱ δ᾽ ἄποροι. On ne peut tirer des derniers mots un sens satisfaisant. Les riches craindront-ils moins les dépenses, si les pauvres seuls reçoivent l'indemnité de juges ? Giphanius avait raison de suspecter le texte ; mais il n’y a rien à retrancher. Il y a après ἄποροι une lacune et il faut supposer quelque chose comme ὄλιγον. Les riches ne craindront pas les dépenses, si les gens aisés ne reçoivent pas d'indemnité, et si l'indemnité des pauvres n’est pas considérable, conséquence nécessaire d’assemblées peu nombreuses et d’une session judiciaire courte.
VI, 6. 1320 b 35 (4, 2)... Ta μὲν σώματα οὖ dia κείμενα πρὸς ὑγίειαν. χαὶ πλοῖα τὰ πρὸς ναυτιλίαν καλῶς ἔχοντα τοῖς πλωτῆρσιν ὀπιδέχεται πλείους ἁμαρτίας ὥστε
SUR LA POLITIQUE. ot
τῶν καὶ τὰ τῶν πλοίων ἐχλελυμένα καὶ πλωτήρων τετυχηχότα φαύλων οὐδὲ τὰς μικρὰς δύναται φέρειν ἁμαρτίας... Le sens et la comparaison des deux membres indique qu'il faut intercaler χαὶ entre ἔχοντα et τοῖς πλω- ᾿ τῇρσιν.
VI, 8. 1321 Ὁ 38 (5, 4). Ἐνιαχοῦ μὲν οὖν μερίζουσι χαὶ ταύτην εἰς πλείους, ἔστι δὲ μία κυρία τούτων πάντων. Il faut lire ἔστι δ’ (οὗ).
VI, 8. 1322 ἃ 12 (5,6). Aristote traite des moyens d'éviter l’odieux qui s'attache aux magistratures chargées d'exécuter les condamnations. Il indique d’abord qu’on peut diviser cette fonction entre différents citoyens de différents tribunaux. Ἔτι δ᾽ ἔνια πράττεσθαι χαὶ τὰς ἀρχὰς τάς τε ἄλλας χαὶ τὰς τῶν νέων μᾶλλον τὰς νέας, καὶ τὰς τῶν ἐνεστώτων ἑτέρας καταδιχασάσης ἑτέραν εἶναι τὴν πραττομένην, οἷον ἀστυνόμους τὰς παρᾶ τῶν ἀγορανόμων, τὰς δὲ παρὰ τούτων ἑτέρους. Il est à remarquer que les mots ἑτέρας — ἑτέρους forment un sens complet et parfaitement clair; je crois qu'il faut les séparer de ce qui précède. Ici le texte est très-gâté. Je pense toutefois qu'en substituant τοὺς νέους à τὰς νέας On peut*tirer un sens de ce membre de phrase : Les magistratures qui commandent à la jeunesse exécuteront les condamnations à l'égard des jeunes gens. Aristote conseille ailleurs, VII, 9. 1329 a 13 sqq. (8, 4), d'organiser la jeunesse à part et militairement. Je ne sais ce qu'il y a dans le mot ἐνεστώτων.
VI, 8. 1322 b 13-15 (5, 10). Après avoir énuméré différentes espèces de magistratures, Aristote ajoute : παρὰ πάσας δὲ ταύτας τὰς ἀρχὰς ἡ μάλιστα κυρία πάντων ἐστίν" ἡ γὰρ αὐτὴ πολλάκις ἔχει τὸ τέλος καὶ τὴν εἰσφοράν, ἢ προχάθηται τοῦ πλήθους, ὅπου χύριός ἐστιν ὁ δῆμος" δεῖ γὰρ εἶναι τὸ συνάγον τὸ χύριον τῆς πολιτείας. Καλεῖται δὲ ἔνθα μὲν πρόδουλοι διὰ τὸ προῤουλεύειν, ὅπου δὲ πλῆθός ἐστι, βουλὴ μᾶλλον. Les objections de Schneider me paraissent être de toute justesse. La proposition δεῖ γὰρ x. τ᾿ À. ne se rapporte pas du tout à celle qui la précède, et en outre il est singulier qu’Aristote parle deux fois de la démocratie et ne dise pas un seul mot de l’oligarchie. Je crois que de προκάθηται dépendait un autre membre de phrase où il était question de l'oligarchie, et qui ne nous a pas été conservé. En outre, il me semble que toute la proposition ἡ γὰρ — δῆμος est l'explication des mots ἡ μάλιστα χυρία, et doit être eonsidérée comme une sorte de parenthèse, tandis que la proposition δεῖ γὰρ — πολιτείας 86 rapporte uniquement à παρὰ πάσας δὲ τὰς ἀρχᾶς ἐστι. Voici, à ce qu’il me semble, la suite des idées : Outre toutes les magistratures précédentes, il y en a encore une autre, car il faut des magistrats qui rassemblent le souverain; et cette magistrature est la plus puissante de toutes, car le commencement et la fin des affaires sont entre ses mains, soit dans la démocratie, soit dans l’oligarchie. La vieille traduction porte : finem et eforiam.
VII, 2. 1324 ὃ 36 (2, 9). Aristote tronve qué la plupart des hommes ont tort de penser qu'il ne faut pratiquer la justice qu'entre citoyens d'un même État et ne pas s’en inquiéter à l'égard des autres. À roπον δὲ εἰ μὴ φύσει τὸ μὲν δεσπόζον ἐστὶ τὸ δὲ où δεσπόζον, ὥστε simep ἔχει τὸν τρόπον τοῦτον, οὐ δεῖ πάντων πειρᾶσθαι δεσπόζειν, ἀλλὰ τῶν δεσποστῶν. Stahr me semble avoir eu raison de substituer δεσποστόν ἃ δεσπόζον. En outre, je ne sais s’il ne faut pas supprimer μή. Aristote, ce me semble, veut dire ici non pas qu’il est absurde qu'il n’y ait pas par nature certains êtres faits pour être esclaves, mais qu'il est absurde de ne tenir aucun compte de la justice à l'égard des autres, s'il y a des êtres nés pour être esclaves et d’autres qui sont nés pour être libres; ainsi les idées me paraissent mieux liées, et la construction d’érorov δέ me paraît conforme à l’usage de la langue et d’Aristote.
VII, 3. 1325 b 7 (3, 4). Τοῖς γὰρ ὁμοίοις τὸ καλὸν καὶ τὸ δίχαιον ἐν τῷ μέρει" τοῦτο γὰρ ἴσον χαὶ ὅμοιον. 1 δαὶ ἐν τῷ ἐν μέρει, ou τοῖς γὰρ ὁμοίοις καλὸν καὶ δίκαιον τὸ ἐν μέρει; Car, dans tout le passage, ces adjectifs sont employés attributivement. Ἐν τῷ μέρει signifie chacun pour sa part, et s’appliquerait plutôt à un rapport d'inégalité ; c’est l'alternative du pouvoir et de l’obéissance qui convient à des égaux, et c’est ce qu’exprime ἐν μέρει, Cf. IV, 12. 1297 ἃ 4 (10, 4) et VI, 2. 1317 b 2-4 (1, 6).
VII, 4. 1326 a 12 (4, 3): δεῖ δὲ μᾶλλον μὴ εἰς τὸ
πλῆθος εἰς δὲ δύναμιν ἀποδλέπειν. La particule δέ, opposée à μή, ne me paraît pas conforme à l’usage ; il faudrait ἀλλά. La vieille traduction porte d d’ailleurs : sed ad petentiam.
VH, 9. 1329 a 14 (8, 4). Les fonctions militaires et les fonctions civiles, réclamant des aptitudes dif férentes, ne peuvent être confiées aux mêmes personnes ; d'autre part, comme ceux qui ont la force en main ne se résigneraient pas à une obéissance perpétuelle, il faudrait confier ces deux espèces de fonctions aux mêmes mains: οἱ γὰρ τῶν ὅπλων χύριοι χαὶ μένειν ἢ μὴ μένειν χύριοι τὴν πολιτείαν. Αεΐπεται τοίνυν τοῖς αὐτοῖς μὲν ἀμφοτέροις ἀποδιδόναι τὴν πολιτείαν ταύτην, μὴ ἅμα δέ, ἀλλ᾽ ὥσπερ πέφυχεν ἡ μὲν δύναμις ἐν νεωτέροις, ἡ δὲ φρόνησις ἐν πρεσδυτέροις ἐστίν. Οὐχοῦν οὕτως ἀμφοῖν νενεμῆσθαι συμφέρει χαὶ δίκαιον εἶναι" ἔχει γὰρ αὕτη ἡ διαίρεσις τὸ κατ’ ἀξίαν, Bekker indique que les mots ἐστίν, εἶναι, doivent changer de place l'on avec l’autre, et Stahr substitue une virgule au point devant οὐχοῦν. Ces changements doivent être approuvés; mais il reste encore une faute dans ce passage. Le démonstratif sæirn n'offre pas. de sens satisfaisant. 61] τὴν πολιτείαν désigne le gouvernement en général, considéré dans l’ensemble des fonctions publiques. C’est ee qu’exprime l’article seul et sans démonstratif. Il faut donc supprimer Ὁ ταύτην Ou peut-être le transposer après ἀμφοῖν; alors il désignera les mots τὴν πολιτείαν exprimés plus
haut. La vieille traduction porte : justum esse videtur.
VII, 13. 1332 ὃ 2 (12, 6). On devient homme de bien par le naturel, l'habitude, la raison. Il faut d’abord être né homme, et avec certaines dispositions du corps et de l'âme. ἔνιά τε οὐθὲν ὄφελος φῦναι" τὰ γὰρ ἔθη μεταθαλεῖν ποιεῖ - ἔνια γάρ ἐστι διὰ τῆς φύσεως ἐπαμφοτερίζοντα διὰ τῶν ἐθῶν ἐπὶ τὸ χεῖρον χαὶ τὸ βέλτιον. Conring me semble avoir raison de supposer qu'il manque après ἐθῶν un verbe répondant à ἐπαμφοτερίζοντα; on pourrait aussi supprimer διὰ τῶν ἐθῶν ; mais en tous cas ces mots ne pèuvent se rapporter à ἐπαμφοτερίζοντα. En effet, ce participe signifie équivoque, incertain, susceplible des deux directions opposées, comme l'indiquent l’étymologie et son emploi dans VIII, 2. 1337 b 23 (2, 2). Ce n’est pas par suite de l'habitude, qui au contraire détermine la direction, que certaines dispositions sont équivoques entre le bien et le mal ; c’est évidemment par la nature seule qu’elles ont ce caractère. En outre, ἔνια δὲ (quedam autem dans la vieille traduction) me paraît préférable à ἕνιά τε.
VII, 14. 1332 b 30 (13, 2). Aristote remarque qu’il n’y ἃ jamais entre les membres d’un État une inégalité naturelle assez grande et assez évidente pour que le pouvoir puisse être toujours exercé par les mêmes hommes. Il conclut ainsi : Φανερὸν ὅτι
κατὰ μέρος ἄρχειν καὶ ἄρχεσθαι. Τό τε γὰρ ἴσον ταὐτὸν τοῖς ὁμοίοις, καὶ χαλεπὸν μένειν τὴν πολιτείαν τὴν συνεστηκυῖαν παρὰ τὸ δίκαιον. Μετὰ γὰρ τῶν ἀρχομένων ὑπάρχουσι νεωτερίζειν βουλόμενοι πάντες οἱ κατὰ τὴν χώραν. Si l’on compare les passages parallèles qui se trouvent 11,2. 1261 a 30 sqq. (1, 5-6) et VII, 3. 1325 b 7 sqq. (3, 4), on verra qu'il n'est pas besoin de transposer χατὰ μέρος après ἄρχεσθαι ni de le construire avec κοινωνεῖν, comme le propose Schneider. L'égalité consiste précisément dans l'alternative du pouvoir et de l’obéissance, et τοῦ --- ἄρχεσθαι est synonyme ici de τοῦ ἴσου. Mais il faut lire : τό τε γὰρ ἴσον (τῷ δικαίῳ) ταὐτὸν τοῖς ὁμοίοις. En effet, le raisonnement d’Aristote a pour conclusion ἀναγκαῖον ---- ἄρχεσθαι, et pour prémisses τό τε γὰρ, x. τ. À. Si on le met en forme, on a : La justice est nécessaire au maintien d'un gouvernement ; or, pour un État composé d’égaux, l’égalité (par la participation alternative au pouvoir) est la justice; done, pour un État composé d’égaux, l'égalité (par, etc.) est nécessaire au maintien du gouvernement. L'idée de justice est donc le moyen terme du syllogisme ; elle doit donc être exprimée deux fois. ΟΝ. Dübner, dans lédition Didot, semble avoir lu ainsi, car il traduit : æquum (et jus) idem est similibus. Quant à la dernière proposition : μετὰ γὰρ τῶν ἀρχομένων ὑπάρχουσι νεωτερίζειν βουλόμενοι πάντες οἱ χατὰ τὴν χώραν, on n’en peut guère tirer d'autre sens que celui qu’on trouve dans la plupart des traductions :
Les habitants de la campagne sont tous d'accord avec les sujets du gouvernement pour vouloir un changement. J'avoue que ce sens ne me satisfait pas. Que signifie ici cette distinction entre les sujets du gouvernement et les habitants de la campagne? Je crois qu’on obtient un sens plus satisfaisant en lisant, par une simple transposition : πάντες οἱ κατὰ τὴν χώραν νεωτερίζειν βουλόμενοι. Les sujets du gouvernement ont pour alliés tous ceux qui désirent des changements dans le pays. Lambin a sans doute lu quelque chose de semblable ; car il traduit : qui in regione sunt novarum rerum cupidi. La vieille traduction porte : omnes volentes insolescere qui per regionem.
VII, 14. 1333 b 38 (13, 13). Ταὐτὰ γὰρ ἄριστα καὶ ἰδίᾳ καὶ κοινῇ τὸν νομοθέτην ἐμποιεῖν δεῖ ταῦτα ταῖς ψυχαῖς τῶν ἀνθρώπων. Dans l'édition de 1855 Bekker ἃ mis ταῦτα entre deux crochets, et la plupart des éditeurs le suppriment. Si l'on compare ce que dit plus bas Aristote, 15. 1334 a 11 (13, 16), τὸ αὐτὸ τέλος εἶναι φαίνεται χαὶ χοινῇ χαὶ 10 ίᾳ τοῖς ἀνθρώποις, On jugera vraisemblable qu'il faut lire : ταὐτὰ γὰρ ἄριστα χαὶ ἰδίᾳ χαὶ χοινῇ, τόν (τε) νομοθέτην ἐμποιεῖν δεῖ ταῦτα ταῖς ψυχαῖς τῶν ἀνθρώπων.
VII, 15. 1334 b 4 (18, 20). Aristote développe cette idée que, dans un État heureux et vertueux, les citoyens doivent être capables de vertu pendant la paix aussi bien que pendant la guerre, et même que la vertu est plus nécessaire et plus difficile dans la
paix que dans la guerre. Διὸ δεῖ μὴ καθάπερ ἡ Λαχεδαιμονίων πόλις τὴν ἀρετὴν ἀσχεῖν. ᾿Εχεῖνοι μὲν γὰρ οὐ ταύτῃ διαφέρουσι τῶν ἄλλων, τῷ μὴ νομίζειν ταὐτὰ τοῖς ἄλλοις μέγιστα τῶν ἀγαθῶν, ἀλλὰ τῷ γενέσθαι ταῦτα μᾶλλον διά τινος ἀρετῆς. Ἐπεὶ δὲ μείζω τε ἀγαθὰ ταῦτα, καὶ τὴν ἀπόλαυσιν τὴν τούτων ἢ τὴν τῶν ἀρετῶν, xai ὅτι δι᾿ αὐτήν, φανερὸν ἐκ τούτων, πῶς δὲ καὶ διὰ τίνων ἔσται, τοῦτο δὲ θεωρητέον. Τυγχάνομεν δὴ δερρημένοι πρότερον ὅτι φύσεως καὶ ἔθους καὶ λόγου δεῖ x. τ. Δ. Pour mieux saisir ce qu’il y ἃ de défectueux dans la proposition ἐπεὶ δὲ — θεωρητέον, il faut rapprocher cet autre passage de la Politique, 11, 9. 1271 b 6 (6, 22) : Ἐσώζοντο (oi Aaxsd αιμόνιοι) μὲν πολεμοῦντες, ἀπώλλυντο δὲ ἄρξαντες διὰ τὸ μὴ ἐπίστασθαι σχολάζειν μηδὲ ἠσχηχέναι μηδεμίαν ἄσχησιν ἑτέραν χυριωτέραν τῆς πολεμιχῆς. Τούτου. δὲ ἀμάρτάμα οὖχ ἔλαττον" νομίζουσι μὲν γὰρ γίνεσθαι τἀγαθὰ τὰ περιμάχητα δι’ ἀρετῆς μᾶλλον À κακίας" καὶ τοῦτο μὲν καλῶς, ὅτι μέντοι ταῦτα χρείττω τῆς ἀρετῆς ὑπολαμδανουσιν, οὐ χαλῶς. La comparaison de ce texte avec celui du VII: livre montre qu'il ne faut pas chercher dans ἐκεὶ δέ — ἀρετῶν l’expression de la pensée d’Aristote, comme l'ont fait ceux qui ont essayé de corriger ce passage. Il y ἃ une lacune après ἀρετῶν; on n'a pas conservé la fin de ce qui concerne les Lacédémoniens, et le commencement de la transition à ce qu’Aristote va dire de l’éducation. D’après le passage du Il livre, et la suite des idées, je remplirais la lacune à peu près de cette manière , pour le sens
du moins : Ἐπεὶ δὲ μείζω τε ἀγαθὰ ταῦτα, καὶ τὴν ἀπόλαυσιν τὴν: τούτων ἢ τὴν τῶν ἀρετῶν (ὑπολαμθάνουσιν, ἐσώζοντο μὲν πολεμοῦντες, ἀπώλλυντο δὲ ἄρξαντες. Ὅτι μὲν οὖν δεῖ τὴν ἀρετὴν καὶ σχολάζοντας ἀσχεῖν) χαὶ ὅτι δι᾽ αὐτήν, φανερὸν ἐχ τούτων, x. τ. À. La comparaison du texte du livre IT prouve que Schneider a eu raison de lire γίνεσθαι à la place de γενέσθαι, I. 2.
VII, 15. 1334 b 14 (13, 22). Aristote discute la question de savoir si l’on doit commencer l’éducation par la raison ou par les habitudes. Φανερὸν δὲ τοῦτό γε πρῶτον μέν, καθάπερ ἐν τοῖς ἄλλοις, ὡς ἡ γένεσις ἀπ᾿ ἀρχῆς ἐστὶ xai τὸ τέλος ἀπό τινος ἀρχῆς ἄλλου τέλους, Ὁ δὲ λόγος ἡμῖν καὶ ὁ νοῦς τῆς φύσεως τέλος. “Ὥστε πρὸς τούτους τὴν γένεσιν χαὶ τὴν τῶν ἐθῶν δεῖ παρασκευάζειν μελέτην. On ne peut expliquer ἄλλου τέλους. Je crois qu'on rétablira le sens en écrivant par un très-léger changement : ἀλλ᾽ où τέλους. La fin provient d’un commencement et non d’une fin. La raison et l'intelligence étant la fin de notre nature, on ne peut commencer par elles; elles proviennent d’un commencement qui est la génération et l'habitude, et leur éducation doit être précédée par les soins donnés au corps et par la discipline des appétits. La maxime : La fin provient d'un commencement et non d’une fin, ressemble à une tautologie; mais les axiomes les, plus généraux ont plus ou moins ce caractère ; et Aristote dit lui-même ailleurs V, 8. 1307 b 28 (7, 1) : φθορὰ δὲ σωτηρίᾳ ἐναντίον. Stahr a traduit
- = nm π᾿
ἡ γένεσις am” ἀρχῆς ἐστί par : die Geburt von einem Anfange ausgeht; mais ἀπ᾽ ἀρχῆς est une locution adverbiale qui signifie tout d’abord, et qui ne peut être synonyme de ἀπό τινος ἀρχῆς. Il faut traduire : la génération est ce qui s'offre tout d’abord, ou comme F. Thurot : c’est ἃ la génération (ou plutôt par la génération) que tout commence. Quant au principe ici énoncé par Aristote, le texte le plus voisin pour l’expression que j'aie fencontré est dans Phys. auscull., Π 8. 199 ἢ 15 : φύσει γὰρ, ὅσα ἀπό, τινος ἐν αὑτοῖς ἀρχῆς συνεχῶς κινούμενα ἀφιχνεῖται εἴς τι τέλος.
VII, 17. 1336 b 14 (15, 8). Θεωρεῖν λόγους ἀσχήμόνας ἃ paru étrange à Schneider; mais l'expression est justifiée et expliquée par οὔτ᾽ ἰάμδων οὔτε χωμῳδίας θεατάς, ligne 20 (9). —
VIIL, ὃ. 1338 b 1 (3, 2). Ὁμοίως δὲ καὶ τὴν γραφιχὴν (δεῖ παιδεύεσθαι) οὐχ ἵνα ἐν τοῖς ἰδίοις ὠνίοις μὴ διαμαρτάνωσιν, ἀλλ᾽ ὦσιν ἀνεξαπάτητοι πρὸς τὴν τῶν σχευῶν ὠνήν τε χαὶ πρᾶσιν, ἢ μᾶλλον ὅτι ποιεῖ θεωρητιχὸν τοῦ περὶ τὰ σώματα κάλλους. Le sens exige ἀλλὰ au lieu de # devant μᾶλλον, par opposition à οὐχ. D'autre part, ἀλλ’ doit être conservé devant ὧσιν par opposition à μή. Aristote ἃ marqué que le second ἀλλὰ était opposé à l'idée principale, en ajoutant μᾶλλον. Quant à l’utilité qu Aristote attribue ici à la connaissance du dessin, et plus haut, 1338 a 17 (2,-6), δοκεῖ δὲ καὶ γραφικὴ χρήσιμος εἶναι πρὸς τὸ χρίνειν τὰ τῶν τεχνιτῶν
ἔργα κάλλιον, on 80 l'explique en se rappelant que de
tout temps les arts du dessin ont eu de l'influence sur l'industrie, comme sur l’ébénisterie, la poterie, les objets ciselés® | VII, 5. 1339 a 26 (4, 4). La musique peut être utile pour trois choses : pour le jeu et la distraction, pour la vertu, en troisième lieu πρὸς διαγωγήν τι συμ- . βάλλεται καὶ φρόνησιν. Le mot διαγωγή signifie un loisir occupé agréablement et noblement à la fois ; cf. plus bas, 1. 28 (4) et 1339 b 17 (5, 1). On s’explique que la musique puisse y servir; mais de quelle utilité peut-elle être à cette vertu qui est propre à la partie rationnelle de l’âme, à la sagesse qu'Aristote désigne sous le nom de φρόνησις ἢ Reiz déclare ne pas le com- ‘ prendre, et il ἃ raison. La musique, comme Aristote le dit lui-même, ne peut être utile à la vertu, qu’en agissant sur l'#00ç, sur la partie sensible de l'âme; elle n’agit pas sur notre raison. Ensuite la sagesse est une vertu, et la première de toutes; on ne s’expliquerait pas qu'Aristote ait dit d’abord que la musique peut être utile à la vertu, pour dire ensuite qu’elle est utile à la sagesse. Enfin Aristote ne dit plus un senl mot de la sagesse; il emploie plus has 1339 ἢ 4 (6) πρὸς εὐημερίαν καὶ διαγωγὴν ἔλευθέριον, ou le mot διαγωγή seul. Je crois en conséquence qu'il faut lire εὐφροσύνην au lieu de φρόνησιν. VII, 6. 1341 ἃ 8-9 (6-4). Φανερὸν τοίνυν ὅτι δεῖ τὴν μάθησιν αὐτὴς (τῆς μουσικῆς) μήτε ἐμποδίζειν πρὸς τὰς
στον πρὸς τὰς πολεμιχὰς χαὶ πολιτικὰς ἀσχήσεις, πρὸς μὲν τὰς χρήσεις ἤδη, πρὸς δὲ τὰς μαθήσεις ὕστερον. Je crois que ‘le moyen le plus simple de τοἠηόά!ον à l’altération du texte dans le dernier membre de phrase, c’est d'écrire : πρὸς μὲν τὰς μαθήσεις ἤδη, πρὸς δὲ τὰς χρήσεις ὕστερον, et de construire ces mots comme apposition à ce qui précède : l’enseignement de la musique ne doit pas rendre le corps impropre aux exercices qui préparent à la guerre et aux fonctions de la vie civile, impropre ἃ les apprendre d’abord et ἃ s’en servir dans la suite. On retrouve des constructions analogues, précisément avec πρός, dans IV, 3. 1289 b 39 (3, 2), VIE, 8. 1325 a 16. 18 (3,1), VILL, 7, 1341 b41 (7,4), passage où il faut lire : πρὸς ἀνάπαυσίν τε καὶ πρὸς τὴν τῆς συντονίας ἄνεσιν.
ὙΠ, 7. 1342 ἃ 15 (7,6). Aristote, après avoir rappelé que les mélodies sacrées produisent leffet qu’il appelle purgation sur les natures sujettes à l’émotion religieuse, ajoute : ταὐτὸ δὴ τοῦτο ἀναγκαῖον πάσχειν χαὶ τοὺς ἐλεήμονας χαὶ τοὺς φοδητικοὺς χαὶ τοὺς ὅλως παθητιχούς, τοὺς δ᾽ ἄλλους καθ᾽ ὅσον ἐπιδάλλει τῶν τοιούτων ἑχάστῳ, καὶ πᾶσι γίγνεσθαί τινα χάθαρσιν καὶ κουφίζεσθαι μεθ’ ἡδονῆς. ὁμοίως δὲ χαὶ τὰ μέλη τὰ καθαρτιχὰ παρέχει χαρὰν ἀθλαδῇ τοῖς ἀνθρώποις. Quel est le terme de comparaison désigné par les mots ὁμοίως καὶ ? Bernays, dans son Mémoire sur la purgation (p. 143), pense que, dans ce qui précède, Aristote, en mentionnant particulièrement ceux qui sont sujets à la
pitié et à la crainte, fait allusion évidemment à la tragédie, et il traduit (p. 140) ὁμοίως δὲ καί par de la même manière que d'autres moyens de purgation. Mais dans tout ce qui précède, Aristote ne mentionne pas d’autres moyens de purgation que ceux qui sont empruntés à la musique. Il me paraît probable que dans la proposition relative à la purgation de la terreur et de la pitié, il manque quelques mots où Aristote disait par quels moyens cétte purgation est opérée. Cependant on pourrait entendre ὁμοίως δὲ καί des harmonies, et alors la dernière phrase signifierait : de même qu'il y a des harmonies cathartiques 1l y a des mélodies qui produisent le même effet. Mais je ne pense pas qu'au point de vue de l'emploi de la musique dans l’éducation, Aristote ait distingué entre ἁρμονίᾳ et μέλος. 1] emploie tantôt l'une tantôt l’autre de ces deux expressions, comme si elles étaient synonymes, au point de vue où il considère les idées qu’elles expriment, et il les oppose indiféremment à ῥυθμός. Ainsi 5, 1340 a 19 (5,6) ἐν τοῖς ῥυθμοῖς καὶ τοῖς μέλεσιν, plus bas Il. 39 sqq. (8), 1340 b 17 (9) ταῖς ἅρμονίαις καὶ τοῖς ῥυθμοῖς, 6, 1341a 1 (6, 8) ποίων μελῶν χαὶ ποίων ῥυθμῶν, 7, 1341 ὃ 19-20 (7, 2) περί τε τὰς ἁρμονίας καὶ τοὺς ῥυθμούς, πάσα;ς ταῖς ἁρμονίαις καὶ πᾶσι τοῖς ῥυθμοῖς. Enfin on lit, 7, 1341 b 88 (1, 4) : διαι: ροῦσί τινες τῶν ἐν φιλοσοφίᾳ, τὰ μὲν ἠθικὰ (μέλη) τὰ δὲ πραχτιχὰ τὰ δ᾽ ἐνθουσιαστιχὰ τιθέντες, καὶ τῶν ἁρμονιῶν