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L'HUILE EMPLOYÉE EN HORLOGERIE

Avertissement.

§ 1. — II n’y a pas d’huile parfaite.

Rien n’est plus fréquent que d’entendre les horlogers se plaindre de la mauvaise qualité de l’huile qu’on emploie pour lubrifier les frottements dans les montres et dans les pendules. Plusieurs d’entre eux ont fait de grands efforts pour trouver des procédés qui donnassent une huile constamment bonne. Des chimistes célèbres s’en sont occupés, et cependant tous les travaux faits jusqu’à ce jour n’ont rien produit qu’on puisse considérer comme parfait, dans toute la force du terme.

§2. — Les horlogers s’occupent trop peu de l’étude de l’huile.

Si la science est en défaut en ne fournissant pas une huile parfaite, les horlogers ne sont peut-être pas très en droit de s’en plaindre, car eux-mêmes ils s’occupent trop peu de cette matière, qui les intéresse particulièrement. Lorsqu’ils n’auraient pas la prétention d’en pousser l’étude bien loin, ils devraient au moins ne pas la négliger entièrement, ainsi que le fait le plus grand nombre. Le Mémoire qui suit a précisément pour objet de diminuer le travail de ceux qui voudront s’en occuper. Nous nous proposons de mettre sous les yeux des jeunes gens animés de l’amour de leur art, des considérations pratiques sur la question des huiles. Nous leur exposerons ensuite les précautions à prendre pour la conservation

de l’huile, les causes de son altération, soit à la machine même par le travail de celle-ci, soit par des influences étrangères.

Nous ne saurions trop recommander aux jeunes gens de ne pas trop s’effrayer (en lisant ce qui suit) des défauts et des inconvénients qui se présentent dans l’huile et dans son emploi, car malgré toute l’imperfection de cet élément indispensable, il n’est pas difficile d’obtenir deux ou trois ans de bonne marche dans les montres et les pendules, sauf quelques cas qui doivent être considérés comme accidentels.

De même il ne faut pas trop se réjouir promptement d’apparences merveilleuses que présentent certaines huiles, qui promettent beaucoup et qui souvent cachent le plus grand de tous les défauts, celui de se dessécher.

Nous les engagerons surtout beaucoup à n’accepter qu’avec réserve ces choses oui circulent de bouche en bouche et qui sont récitées le pius souvent sans examen ; rien n’est plus dangereux, nous en verrons un exemple en parlant des huiles qui verdissent légèrement et de celles qui ne verdissent pas.

§ 3. — Travaux infructueux pour la préparation des huiles.

En examinant les principaux procédés qui ont été essayés pour préparer les huiles propres à l’horlogerie, je n’entreprendrai pas d’en faire un détail trop minutieux. On a voulu donner aux huiles des qualités qu’elles n’avaient pas, et surtout leur ôter une partie des principes qu’elles contenaient et qui étaient considérés comme nuisibles en horlogerie. Le plus souvent on s’est mépris, soit sur le but à atteindre, soit en ne remarquant pas qu’en purgeant l’huile d’un élément plus ou moins vicieux on altérait sa nature, et qu’en cherchant une qualité de peu d’importance, on lui donnait un vice radical.

C’est ainsi que les lavages par l’eau, le traitement par l’alcool, les acides, etc., etc., n’ont donné que des huiles inférieures. J’essayerai de montrer par des exemples que ces

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