SUR L’HUILE EMPLOYÉE EN HORLOGERIE
haute température prolongée sans être détériorées ; il y a trop peu à espérer de ce moyen pour qu’on doive s’y arrêter.
de l’éther. — Les huiles étant solubles dans l’éther, on a eu recours à cette propriété pour extraire de quelques substances celles qu’on ne pouvait obtenir par d’autres moyens : ainsi, par exemple, si l’on râpe le marron d’Inde, la châtaigne ordinaire et les autres fruits du même genre, traitant par l’éther, l’huile est dissoute. Évaporant ensuite, on obtient une huile parfaitement pure, dont les chimistes ont pensé qu’on pouvait faire usage pour l’horlogerie.
J’ai essayé de ces huiles préparées par M. Chevalier, professeur à l’École de pharmacie de Paris, qui a bien voulu m’en donner. Pas plus de succès dans ce cas que dans tous ceux où les huiles ont été en contact avec l’alcool ; ces huiles étaient très-belles, n’oxydaient point, mais se séchaient en peu de temps.
du charbon. — Le charbon jouit de plusieurs propriétés (Voiries Traités de Chimie) si remarquables qu’on a dû s’occuper de rechercher s’il ne présenterait pas quelques ressources pour améliorer les huiles. Personne n’a rien dit à cet égard, mais il m’a été facile, d’après les recherches que j’avais faites moi- même, de reconnaître que des huiles qui m’étaient présentées, comme très-bonnes, par des personnes qui ne communiquaient pas leurs procédés, que ces huiles, dis-je, avaient été traitées par le charbon, et même dans de mauvaises conditions.
Aucun des charbons qui existent dans le commerce, sous diverses dénominations, n’est pur. Les charbons de bois de toutes essences contiennent de la potasse et d’autres substances ; le charbon animal a une très-grande proportion de craie ; dans le noir de fumée il y a une forte proportion de résine et des huiles essentielles : c’est celui qui peut être amené le plus facilement à un état de pureté assez parfaite par la calcination en vase clos.
Tout ce que j’ai pu obtenir du charbon a été de ne pas détériorer l’huile ; le plus grand nombre de ceux que j’ai expérimentés ont rendu l'huile plus mauvaise qu’avant son emploi;
très-peu ont été sans influence, et pas un n’a apporté de l’amélioration à la qualité de l’huile considérée dans son emploi en horlogerie. Je n’ai pas la pensée d’avoir étudié cette matière sous toutes les formes qu’il serait possible à un chimiste d’employer ; mais je crois l’avoir fait assez pour dire que, s’il n'est pas impossible de trouver dans l’emploi du charbon un agent utile pour l’amélioration de l’huile, il y a du moins bien peu d’espoir de ce côté.
g 3. — Observations sur les procédés qui viennent d’être indiqués.
Dans le petit nombre de procédés que nous venons d’indiquer, on a pu remarquer le ridicule des uns; que les auteurs des autres n'avaient même pas compris le but qu’il fallait atteindre, et que d’autres, qui pouvaient laisser quelque espoir, ont été infructueux.
Les préparateurs d’huiles se sont toujours occupés de deux propriétés seulement : que l’huile n’oxydât pas le métal, et qu’elle ne se figeât pas, tandis que la principale propriété de l’huile est de rester longtemps fluide ; et cependant, il ne paraît pas que ce soit le but qu’on ait cherché à atteindre, car toutes celles qui nous sont parvenues, préparées par des chimistes, sont plus siccatives que les huiles de seconde qualité versées dans le commerce pour l’usage de l’horlogerie. Ce fait bien constant, il faut en conclure, ou que cette propriété ne les a point occupés, ou que les moyens mis en usage ont agi en sens diamétralement opposé de leur désir.
Ce qui paraît avoir induit les chimistes en erreur c’est qu’en général, lorsque les huiles sont mêlées à des oxydes métalliques, elles sont plus siccatives qu’elles ne l’étaient avant. Ainsi, pour rendre siccatives celles employées dans la peinture, on les fait bouillir en les mélangeant avec l’oxyde de plomb.
Partant de ce fait bien connu, ils en ont conclu que pour qu’une huile ne fût pas siccative, il fallait qu’il n’y eût pas oxydation du métal, l’oxyde qui se formerait devant, par sa présence, rendre l’huile siccative.