SCR L'HCILE EMPLOYÉE EN HORLOGERIE
Dans nombre de cas les préparateurs ont lavé les huiles par l’eau ; ils ont fait en cela bien plus pour la détérioration de l’huile que ne l’aurait fait une légère oxydation du métal.
Aussi, il en est résulté que celles de leurs huiles qui n’oxydaient pas étaient cependant plus promptement desséchées que des huiles extraites et préparées sans eau.
Il paraît qu'ils n’ont pas examiné si le résultat des manipulations auxquelles ils soumettaient l’huile n’avait pas la propriété de faire directement ce qu’ils cherchaient à éviter indirectement; et si les manipulations auxquelles ils soumettaient l’huile pour éviter quelle oxydât le métal et par suite qu'elle s’épaissît, ne conduisaient pas plus promptement à l’épaississement qu’une légère oxydation. S’ils se fussent adressé cette question, qui ne devait pas être résolue par le raisonnement, mais par l’expérience, ils auraient été conduits tout naturellement à des expérimentations analogues à celles que nous avons faites, et auraient reconnu, comme nous, que toutes ces manipulations étaient d’excellents moyens pour rendre les huiles plus siccatives qu’elles ne l’eussent été sans cela, ou du moins pour leur faire prendre un épaississement nuisible à l’horlogerie.
Si l’éther et l’alcool ont eu le même inconvénient, c’est, sans doute, parce qu’une partie de l’un et de l’autre est restée combinée ou mêlée mécaniquement avec l’huile, et a formé un liquide bien moins siccatif que l’un, et un peu plus que l’huile. Aussi, toutes ces huiles essayées pendant plus ou moins de temps sont ensuite abandonnées.
J’ai très-souvent constaté que des huiles (pii prenaient lentement une légère teinte verdâtre se conservaient trois et quatre ans fluides, tandis que d’autres, qui ne se coloraient point, ne restaient pas plus de huit ou dix mois en contact avec le laiton sans être hors de service ; mais je conviens volontiers qu’une huile qui oxyde fortement, ainsi que je l’ai expliqué plus loin, doit être rejetée.
Il ne m’appartient pas de dire qu’un jour la science n’arrivera pas à de meilleurs résultats que ceux qu’elle a obtenus jusqu’à ce jour. Si les chimistes veulent bien me le permettre,
10(i COSSIDÉHATIO.MS PRATIQUES
jo les engagerai à renoncer à tous les moyens auxquels ils ont eu recours jusqu’ici, et à chercher dans la nature, dans les pieds des animaux, par exemple, une huile qu'ils en extrairaient par des moyens plus mécaniques que chimiques, proscrivant l’eau, et surtout la chaleur, l’alcool et les opérations lentes dans lesquelles l'huile à extraire resterait en contact avec d’autres matières quelconques. Nombre de faits m’ont prouvé les mauvais effets qui en résultent. J’ai des motifs de croire que les animaux du Nord donneraient une huile qui serait préférée à celle qu’on retirerait de ceux du Midi. Ce sont quelques comparaisons que j’ai eu l’occasion de faire qui motivent mon opinion à cet égard.
Quelque pénible et incertaine que soit cette recherche, je n’hésiterais pas à m’y livrer, si mon âge le permettait (il y a 30 ans que j’ai commencé à m’occuper de la question des huiles). Celles que j’extrais moi-même des olives me donnent des résultats qui s’améliorent chaque année, par suite de l’étude continuelle que je fais de tout ce qui se passe sous mes yeux; je n’oserais, à mon âge, entreprendre une recherche aussi aventureuse, aussi longue, quand je possède un produit vraiment suffisant.
Les recherches que j’ai faites sur les huiles animales ne me laissent pas de doute qu’on pourrait obtenir mieux que ce qu’on possède actuellement ; mais arrivera-t-on à un meilleur produit que celui de l’olive? C’est ce dont il est permis de douter. Il serait très-heureux, sous bien des rapports, que les huiles animales pussent remplacer celles d’olive. L’extraction n’en serait pas circonscrite à une saison dans laquelle seule on puisse les obtenir. On ne serait pas exposé à voir une année défavorable priver d’un produit convenable ; ce qui oblige un préparateur à être approvisionné pour cette éventualité : grave inconvénient par les embarras qui en résultent. De leur côté, les huiles animales présenteraient une difficulté dans la fabrication. On n'aurait pas toujours les substances animales en quantité et dans l’état convenable pour l’extraction d’un bon produit. Ainsi ces substances pourraient être, ’es unes très-fraîches et en trop petite quantité pour l’extrac-
SU H l’huile employée en horlogerie.
tion, et les autres de date trop ancienne. Je suis persuadé que l'huile de pied de mouton extraite le jour où l'animal est abattu n’est pas la même pour l’horlogerie que celle extraite huit jours après. II y aurait encore différentes circonstances qui modifieraient la qualité de l’huile.