RU REMONTOIR D'ÉGALITÉ
le mécanisme interposé agit directement sur le régulateur, nous en parlerons ensuite.
Les formes les plus variées ont été employées pour interposer dans le rouage, entre le moteur principal et l’échappement, un moteur secondaire qui donnât la force nécessaire à l’entretien du mouvement du régulateur d’une manière uniforme, afin d’éviter que les inégalités de force du moteur principal arrivassent à l’échappement.
Ce moteur principal ne servait alors "qu’à remonter le moteur secondaire.
Prenons pour exemple une pendule à ressort. On conçoit que si entre la roue du centre, ou de longue tige, et celle qui la suit on place un ressort dans un petit barillet, et que celui-ci mène la roue qui précède celle d’échappement, que ce petit barillet soit remonté toutes les deux minutes ou toutes les cinq minutes par le premier moteur, les inégalités de celui-ci seront sans effet direct sur l’échappement et le régulateur.
La marche de la pièce ne sera plus troublée que par les inégalités du moteur secondaire, les frottements des roues qui le suivent jusqu’à l’échappement, et par les résistances variables qu’opposent les pièces d’arrêt et de détente nécessaires à la fonction du remontoir.
Les grandes différences dans la force motrice d’un ressort seront, sans contredit, corrigées par un tel remontoir, mais il reste celles résultant du frottement des roues, ainsi que l’explique le Rapport précité.
Une des choses le plus à considérer dans les remontoirs est la résistance variable dans les effets du mécanisme, car ces effets se produisant près de l’échappement, les moindres différences deviennent sensibles. Sous quelque forme que le remontoir soit traduit, il faut : 1" une pièce d’arrêt qui maintienne le premier moteur pendant que le second se développe; 2” que le second moteur dégage le premier de l’instant voulu pour que la force de celui-ci remonte le second moteur; 3° que la pièce d’arrêt se mette en prise pour arrêter de nouveau le premier moteur. Pour produire ces effets,
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même de la manière la plus simple et la mieux combinée, il y a des percussions et des frottements variables avec l’intensité de la force du premier moteur. Plus on éloignera le remontoir de l’échappement, moins ces effets seront sensibles, mais les frottements variables des roues qui seront entre le remontoir et l’échappement se manifesteront d'autant plus; aussi, selon que les constructeurs ont trouv'é plus ou moins d’inconvénient d’un côté que de l’autre, on les a vus placer le remontoir près ou loin de l’échappement. 11 est impossible de se soustraire à ces deux inconvénients ; on n’a que le choix. Dans tous les cas, les remontoirs exigent une grande surabondance de force motrice qui n’est pas un des moindres inconvénients. Nous en parlerons plus loin.
I>e* remontoirs par la Konnerir.
Les remontoirs par la sonnerie sont inférieurs à ceux dont on vient de parler, en raison de la plus grande complication qu’ils exigent; ils ne sont plus employés depuis longtemps par les artistes en réputation dans les cas rares où un remontoir peut être admis. Dans le siècle dernier, ce qui avait séduit quelques personnes était de n’avoir plus qu’un moteur au lieu de deux. Cependant, comme on a reconnu bientôt que la véritable simplification d’une machine consiste non pas à réduire quelques pièces sans valeur pécuniaire et sans difficulté d’exécution, mais à rendre faciles et sûres les fonctions produites par les divers organes qui la composent, on trouva plus simple et plus rationnel d’employer deux moteurs, chacun approprié aux fonctions du rouage qu’il doit faire marcher, que de se lancer dans toutes les combinaisons mécaniques indispensables pour arriver à produire ce moteur à deux fins et à établir le rapport qui doit constamment exister entre ses deux destinations.
C’est principalement par ces motifs, et parce qu’un tel remontoir ne remédie en rien aux inégalités des trois ou quatre
U 1>L REMONTOIR D ÉUAL1TÉ.
derniers mobiles, que depuis bien des années on a complètement renoncé à ce système.
A force de travail, on est parvenu et l’on parviendra à une construction fonctionnant. On en a vu plusieurs; mais comme, tout compte bien réglé par l’expérience, les inconvénients ont excédé les avantages, les travaux de nos devanciers ont été abandonnés. Le même résultat menace ceux qui, plus tard, ne voulant tenir aucun compte des études faites, de l’expérience acquise, suivront cette voie, se livrant les yeux fermés à toutes les illusions si connues aux inventeurs.
Cela est d’autant plus probable, que la supériorité du remontoir à engrenage, dont nous allons parler, sur celui par la sonnerie est aussi trop incontestable pour qu’il soit permis aujourd’hui, dans les cas où il y aurait lieu à employer un remontoir, d’adopter autre chose que celui qui figure dans quelques grandes horloges de nos plus habiles constructeurs.
Je conviendrai volontiers que les bronzes qui se font aujourd’hui pour nos pendules de cheminée sont tellement bas, que le peu de longueur du pendule (on n’a quelquefois pas 10 centimètres) ne permet pas un réglage aussi parfait que lorsqu’on peut employer 20 à 2o centimètres. Cette circonstance a éveillé l’attention de quelques artistes contemporains, qui ont cherché dans le remontoir le moyen d’obtenir une aussi grande régularité des mouvements adaptés à ces bronzes que si le pendule avait une plus grande longueur. Dans ce cas, la fusée serait le moyen le plus convenable.
11 est à croire que les remontoirs n’v seront point admis, soit à cause des inconvénients que nous avons signalés dans leur nature en général, soit parce que le commerce serait peu tlatté d’être obligé de faire une étude particulière de ces conceptions nouvelles, et qu’en outre la généralité des horlogers ne serait pas en état de les comprendre et de les entretenir. (Ici, comme en tout autre circonstance, nous parlons seulement des choses acquises à l’art depuis de longues années, et sans que lés artistes (jui s’en sont occupés puissent y voir la moindre personnalité à leur adresse.) Ayant fait nous-méme
DU KEMOXTOIH D'ÉGALITÉ.
beaucoup de recherches sur diverses questions d’horlogerie, nous sommes très-disposé à applaudir ceux qui s’y livrent par goût et par dévouement ; seulement, nous voudrions les voir diriger leurs travaux vers les matières présentant plus de chances de succès que les remontoirs.
Sous le rapport des horloges publiques, dans lesquelles le remontoir parla sonnerie a été principalement admis, il faut faire la remarque suivante :
Ce remontoir présente un bon côté qui a dû lui faire des partisans ; toutes choses égales d’ailleurs, la somme de force qu’il exige est moindre que si l’on divise ce moteur unique en deux parties, l’une appliquée à la sonnerie simple, et l’autre au mouvement muni d’un remontoir que nous supposons ici coûter la même somme de force que celui introduit dans un rouage de sonnerie.
Cela tient à ce que, dans le rouage de sonnerie simple, il faut toujours sacrifier une somme de force pour faire mouvoir la partie du rouage qui sert à modérer sa vitesse, de même que pour le remontoir qui est séparé il faut un rouage modérateur spécial, tandis que lorsqu’on emploie le rouage de sonnerie simultanément pour les deux fonctions, la résistance qu'oppose le moteur secondaire est utilisée et diminue celle qu’il faudrait trouver dans le rouage de sonnerie pour modérer sa vitesse ; en outre, il n’y a plus qu’un seul modérateur au lieu de deux qu’il faut employer lorsque le remontoir est séparé du rouage de sonnerie.
Toutefois, et nonobstant cet avantage, on a préféré diviser la puissance du moteur, parce que les rouages de sonnerie exigent déjà beaucoup de force et qu’il fallait encore en ajouter, ce qui chargeait par trop cette partie, tandis que les rouages de mouvements marchant toujours avec beaucoup moins de force, on pouvait y appliquer, sans autant d’inconvénient, une force motrice beaucoup plus grande que celle qui leur suffit en l’absence de remontoir.
nu nuMo.NToin d'égalité.
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De la surabondance de force nécessitée par le remontoir.
Lorsqu’on construit pour la première fois un remontoir, on pense généralement qu’il suffit de mettre au moteur principal un peu plus de force qu’il n’en faudrait pour faire marcher la pièce sans remontoir, mais on s’aperçoit bientôt qu’il faut une très-grande surabondance de force, et qu’elle n’est pas la même selon les diverses dispositions des remontoirs. En voici la raison :
Pour qu’un poids ne coûte pas plus de force à élever à la hauteur d’un mètre, par exemple, qu’il n’en restituera en descendant de cette même hauteur (sauf quelques petites quantités que nous devons négliger ici), il faut que le temps employé pour l’élévation soit égal à celui de la descente. Si, au contraire, ce poids est élevé dans un temps plus court que celui de la descente, la force nécessaire à cette élévation est à la force que le poids produira dans sa descente, comme le temps employé à la descente est il celui nécessaire à l’élévation; mais comme dans tous les remontoirs le temps pendant lequel le moteur principal remonte le moteur secondaire est plus court que le temps pendant lequel celui-ci transmet au régulateur la force nécessaire à l’entretien de son mouvement, il en résulte que tous exigent une force plus grande que celle qui est nécessaire sans remontoir. (Ceci n’est dit ici que comme règle générale; nous ne pouvons pas entrer dans plus de détails sur d’autres causes qui nécessitent une surabondance de force.)
Par exemple, prenons les proportions indiquées par de Lalande au sujet de la pendule de Janvier : le ressort moteur principal agissant de quart d’heure en quart d’heure sur le petit barillet contenant un ressort secondaire qui est le véritable moteur de la machine.
On conçoit que l’impétuosité du ressort principal doit être modérée par un rouage analogue à celui des sonneries, et que le ressort secondaire est remonté par le mécanisme à peu