‹ Études sur FarelChapitre 3 sur 12 · I. VIE DE FAREL · texte numérisé non relu

I. VIE DE FAREL

Guillaume Farel nacquit en 14899 à Gap. Il fut élevé da les superstitions du catholicisme. Comme il montrait de bon beaucoup de goût pour les études , ses parens Tenvoyèren yersité de Paris , où les leçons d'hommes , tels que Lefèvre d achevèrent la culture de son esprit. Ses progrès dans la ph et dans les langues lui firent obtenir une chaire au collège dinal Lemoine. Fermement convaincu de la vérité des docl pales , il voyait avec horreur les. essais tentés par plusieurs courageux de réformer TEglise. Cependant, la lecture de ne tarda pas à donner à ses sentimens un cours tout oppos vint lui-même un des plus ardens partisans de la réforme, quitter Paris avec son maître et ses amis, Gérard et Marti il se rendit à Meaux (iSâi), où Tévéque Guillaume Bi homme d'un grand savoir , les reçut dans sa maison. Les qu'ils répandirent à Meaux furent goûtés par un grand m personnes, tellement que les moines commencèrent à s'en i On menaça Briçonnet ; on ^évit contre les réformés , et les teurs furent encore une fois contraints de chercher ailleurs u

Farel, qui avait quitté Meaux avant ses collègues , fit un Gap ; après avoir vainement essayé d'y gagner quelques cœi

retira à Bâle ( 1 5â4) » où il fut accueilli par OEcolampade. Ce n'est qu'à Bàle proprement qu'il débuta dans la carrière de réformateur , en disputant sur dix thèses latines. Par sa franchise et sa vivacité il s'attira la haine d'Erasme. Le clergé , ayant à sa tête Louis Bérus, et excité par Erasme, parvint à faire éloigner de Bâle le courageux étranger. Celui-ci , qui s'était lié étroitement avec CEcolampade, et qui avait vu Zwingli à Zurich , et Berthold Haller à Berne, se rendit alors à Montbéliard , où le duc Ulrich de Wurtemberg lui permit de prêcher. En passant par Strasbourg , il s'était entretenu avec Capiton et Bucer , auxquels Œcolampade l'avait recommandé.

Deux années lui suflSrent pour réformer tout le pays de Montbéliard, quoique sa trop grande ardeur lui suscitât de fortes résistances et faillit plusieurs fois lui coûter la vie. Un acte de violence exaspéra teUement les prêtres et la populace , qu'il fut forcé de chercher son salut dans la fuite. En 1 626 il arriva a Strasbourg. Capiton lui ouvrit sa maison ; il retrouva Lefèvre et Gérard Ruffi , et se mit à la tête des nombreux réfugiés français qui, dans la ville hospitalière, avaient trouvé un asile. Cependant , il ne resta que peu de temps à Strasbourg. En octobre déjà il quitta cette ville pour aller à Bâle , et de là à Berne , où Haller lui conseilla de prêcher l'Evangile dans le pays d'Aigle. Sous te nom de Guillaume Ursinus, et se disant maître d'école, il y instruisit les enfans à ses propres dépens, malgré de nombreux obstacles , quoique le gouvernement de Berne le soutint. En janvier 1 628 , il prit part à la dispute de Berne ; il introduisit en* « suite la réforme dans les districts d'Aigle, de Bex etd'Olon , à la pluralité des voix. Les magistrats de Berne , voyant le succès de ses travaux , lui donnèrent une patente qui l'autorisait à prêcher , non-seulement dans leurs terres , mais aussi chez leurs alliés.

Morat est ^réformé par lui ; à Lausanne , l'évêque est encore assez puissant pour lui résister. Un premier essai à Neuchâtel ne lui réussit qu'en partie (iS^g); par contre, il triomphe à Neuveville, à Bienne, dans les villages de la vallée de Moutiers (1629 et i53o). Il retourne

(9) à Neuchâtel, où dans les rues et sur les places publiques il devant une foule qui l'écoute ayidement. Le gouverneur du et les prêtres lui opposent une vive résistance ; mais les hab prennent sous leur protection , et le nombre des partisans d< forme est bientôt assez considérable , pour qu'ils puissent al messe (4 nov. i53o). Malheureusement des scènes de dest dans les églises catholiques précédèrent cette décision.

Pendant que la réfprmation s'établissait dans la ville de Neu Farel parcourait la campagne , et y répandait sa doctrine. PI fois les paysans , soulevés par les prêtres , le maltraitèrent el blèrent d'injures. A Valengin notamment , il fut battu jusqu' et jeté en prison , d'où les citoyens de Neuchâtel le délivrèrc sitôt. Au commencement de i53i il est à Morat, dont il centre de ses voyages évangéliques , et d'où il se rend encc sieurs fois à Neuchâtel. En mars il prêcha à Avenches ; à n'eut que peu de succès , malgré les recommandations des < de Berne, qui l'accompagnèrent. Cependant, il y converti Viret, qui, depuis lors^ devint son infatigable collègue. Peu d après il s'associa un nouvel ami, Christophe Fabri, Dai comme lui, qui vint le voir à Morat, où il était retourné ap malheureuse tentative de réformer Saint-Biaise. Ses voyages duisent aussi à Granson ; dés émeutes réitéi^ées ne l'ébranlen ses partisans irrités détruisent les autels; et comme Grans aussi soumis au gouvernement de Fribourg, Berne enjoin prédicateur de quitter ce bourg, pour maintenir la paix. Pe tout le pays de Neuchâtel fut ainsi réformé par ses soins. 1 il assista au synode de Berne, où il revit quelques-uns d ciens amis.

Dans cette même année, des députés des églises vaudoises mont vinrent en Suisse pour conférer avec lels réformateu pays. Farel et son collègue et compatriote Saunier furen par eux à prendre part aux délibérations d'un synode vauc

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allait être convoqué. Ils s'y rendent. Les pasteurs ou barbes s'assemblent dans la vallée d'Angrogne, le 12 septembre i532.' Plusieurs décisions importantes furent prises , entre autres de faire une nouvelle traduction de la Bible. Robert Olivetan fut chargé de ce travail. C'est en revenant de ce synode que Farel et Saunier firent à Genève les premiers essais de réformation. Depuis quelques années déjà il y avait dans cette ville des personnes suspectes de luthéranisme. Farel les réunit autour de lui , et la nouvelle de son arrivée se répandit rapidement. Les magistrats , effrayés de sa venue , lui ordonnent de partir sur-le-champ. Mais il est cité devant le conseil épiscopal. Là , des scènes tumultueuses ont lieu ; la voix des deux prédicateurs , qui s'étaient attendus à une dispute régulière , est couverte par les in)ures et les menaces des prêtres , et la manière courageuse dont Farel répond aux apostrophes du procureur fiscal del'évêque, ne fait qu'augmenter la rage de l'assemblée. Des cris de mort s'élèvent contre les deux ministres ; ce n'est qu'avec peine qu'ils peuvent regagner leur logis , où aussitôt on leur intime Tordre de quitter la ville dans trois heures, sous peine de mort.

Ils partent et retournent à Orbe et à Granson. Farel engage son jeune compatriote , Antoine Froment , à aller à Genève pour y continuer en secret l'œuvre commencée. Froment donne des leçons de calligraphie , et parle à ses écoliers de l'Evangile ; un sermon qu'il fait sur ime place publique, le premier jour de l'année i553 , est la cause d'une émeute qui l'oblige de s'enfuir. Néanmoins , le nombre des réformés s'accroît de jour en jour à Genève. Les catholiques allarmés font venir le dominicain Gui Furbiti , docteur en Sorbonne , pour soutenir leur culte. Furbiti prêche avec véhémence contre les hérétiques et contre ceux qui les protègent. Les réformés s'en plaignent à Berne ; Berne , se croyant oiBensé par le dominicain , envoie des députés à Genève pour demander sa punition. Farel et Viret accompagnent ces députés , et commencent aussitôt à prêcher. Sur les instances réitérées des Bernois , les conseils de Genève décident enfin qu'une controverse

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aarait lieu entre Furhiti et les prédicateurs réformés. Cette < dura plusieurs jours; le moine se déclara vaincu; il fut coud faire amende honorable ; il le promit ; mais ayant refusé de no il fut mis en prison.

Farel gagna journellement plus de partisans ; déjà les consc saient plus lui défendre de prêcher; le i" mars 1 534 il prêcha première fois dans un temple, pour réfuter le dominicain Co Malgré les injonctions des magistrats, il continue de prêcher blic , car le peuple Técoutait avec ardeur. Genève était dans u sltion difficile ; les réformés devenaient de jour en jour plus nom et brisaient déjà les statues; Fribourg avait accompli sa men rompant le ti^aité d'alliance ; Févêque , soutenu par le dtic de avait excommunié la ville, et en était sorti. C'est alors que, l'appui de Berne , et entrant dans l'esprit de la majorité des ha le conseil permit à Farel et à Yiret de continuer leurs sermc leur accorda même un logement dans un couvent. Plusiei moines de ce couvent furent convertis par eux ; l'un surtout , nard , devint zélé réformé , et soutint quelques thèses sur le cipes de la réformation (20 mai i&35). Cette dispute, à la s laquelle les deux opposans , le dominicain Chappuis et le doc Sorboime Caroli , se séparèrent du catholicisme , eut une grai fluence sur le succès de la réforme à Genève. Les citoyens fo cher Farel dans toutes les églises de la ville, malgré les défec magistrats, auprès desquels Farel demande la convocation d'v seil général, pour arranger les affaires de la religion» On ] mais enfin, le 27 août, on publie un édit de réformation. L'anc vante (âi mai i536), Farel fait prêter serment au peuple de < rec fidèle à l'Evangile; ceLui^ci est propagé dans les campagi; images et les autels sont abattus , et Ton établit des écoles.

C'est dans ce temps que Calvin, revenant d'Italie, vint à C où il ne voulait s'arrêta que pour quelques heures. Farel , ay pri9 son arrivée, se rendit aussitôt chez lui, et le conjura de

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nière la plus solennelle de rester à Genève , et de se joiadre à lui pour l'œuvre de la réforme. Après quelques hésitations, Calvin céda, et forma dès ce moment avec Farel et Yiret , cet illustre triumvirat qui a travaillé avec tant de succès , et dont les historiens parlent avec nn^ si juste admiration. Farel s'adjoignit aussi Courant, qui, quoique aveugle , devint son zélé collaborateur.

Au mois d'août de cette année , Berne convoqua un synode à Lausanne. Farel composa les dix thèses sur lesquelles on disputa. Il fut lui-même le principal interlocuteur , et eut peu de peine à défendre la doctrine de l'Evangile contre les insignifiantes attaques des adversaires. Après cette dispute , la réformation fut établie à Lausanne ; Yiret et Caroli devinrent pasteurs de la nouvelle Eglise.

De retour à Genève , Farel soumit à l'approbation des conseils et du peuple la confession de foi qu'il avait composée. Elle fut adoptée en juillet i537. Cette confession, et sur tout l'exconunumcation qu'elle introduisait , excita des murmures chez beaucoup de personnes. Un parti commença à se former contre Farel et Calvin. D'autres germes de discorde vinrent encore s^jouter à ceux-ci. Deux anabaptistes flamands furent convaincus d'erreur par Farel , et chassés de la ville ; mais ils avaient gagné quelques partisans , qui eurent une grande part dans les troubles qui, bientôt après ^ furent suscités contre les ministres. Un autre adversaire que ces derniers eurent à combattre, fut Pierre Caroli, cet honune ambitieux et remuant, sur lequel ils avaient tant compté. Il les accusa d'arianisme ; mais n'ayant pu prouver son accusation devant les synodes de Lausanne et de Berne, on voulut le mettre en jugement; mais il s'enfuit. Les amis de Caroli, les partisans secrets des anabaptistes et du catholicisme , les hommes licencieux que gênait la discipline introduite par Farel et Calvin, et peut-être aussi quelques personnes de Iy>nne foi, jalouses de conserver la liberté de penser, se réunirent maintenant en un seul parti , et firent tous leurs efforts pour faire tomber les ministres. Le conseil avait rendu un décret pour expulser de la ville tous ceux qui refu-

( i5 ) seraient de jurer la confession; cela ajouta encore aux haines parti fut bientôt menaçant. Il ne tarda pas à trouver une o< pour éclater. L'Eglise de Berne avait conservé quelques rites, qi de Genève avait abolis; elle désirait donc, dans l'intérêt de Funio Genève les adoptât aussi; mais Farel et Calvin, craignant un ret peuple à la superstition , s'opposèrent constamment à l'introd des cérémonies bernoises. Un synode à Lausanne (mars 1 538) en faveur de ces dernières! Les ministres genevois furent invite céder à la décision du synode. Mais ils persistèrent dans leurs et, icommedepuis quelque temps ils prêchaient vivement contre gistrats nouvellement élus, parce qu'ils étaient du parti des adv< de la confession , on prit des mesures rigoureuses contre eux raut est mis en prison. Farel et Calvin refusent d'administrer h on leur interdit la chaire pour Pâques; n'importe, ils prêchent surent en termes amers la conduite de leurs ennemis. Là - de conseil s'assemble , et leur ordonne de quitter la ville dans trois ce qu'ils font. Ils se rendent ensemble à Berne et à Zurich , portent leurs plaintes. On intercède pour eux à Genève ; ils ( même d'y retourner; mais ce fut en vain: le décret de bannis fut confirmé presque à l'unanimité. Alors Calvin se retira à bourg , et Farel fut rappelé à Neuchâtel , où il retourna sous tion qu'on le laissât introduire une discipline ecclésiastique, lui promit , et il travailla dès-ldrs à Neuchâtel et dans les ei avec son sfièle accoutumé.

La faction ennemie des ministres tomba enfin à Genève ; des t sanglans amenèrent sa chute. Aussitôt le décret de bannissen révoqué, et on envoie aux ministres des lettres et des messager les engager à revenir. Farel ne put céder aux vœux des Genev tenu qu'il était à Neuchâtel. Mais il pressa Calvin de se rend celui-ci avait refusé d'abord , et s'était montré peu disposé à re dans une ville où il prévoyait de nouveaux troubles. Cepenc rentrai Genève^ le 1 3 septembre iS4>*

Aprèï des royages à Strasbourg et à Worms , Farel travailla à rétablissement de la discipline à Neuchâtel. Il prêcha avec vigueur contre les mœurs déréglées d'une partie de la population , et s'attira par là beaucoup de haines. Un parti se forma contre lui , et lorsqu'un jour il eut blâmé en chaire la conduite d'une femme noble, on lui ordonna de quitter la ville dans Tenace de deux mois. Berne intercéda ; des députés furent envoyés à différentes Eglises, pour demander leur avis; Farel demeura ferme dans ses principes, et ses amis l'encouragèrent à persévérer. Les réponses des Eglises qu'on avait consultées, étant arrivées, le conseil de Neuchâtel décida que Farel resterait. Depuis lors les manœuvres de ses ennemis cessèrent , et il put agir sans le moindre obstacle. Le i^ février i542 il fit rendre des ordonnances pour le régime des Eglises , et pour l'introduction de censures fraternelles entre les pasteurs; le 9 mai, après des voyages à Genève et à Berne, il assembla un synode pour confirmer ces réglemens.

Les réformés de Metz, pour lesquels Farel avait une sollicitude toute particulière, le prièrent, en i54â, de se rendre au milieu d'eux. Le mattre échevin, Gaspard Heu, les favorisait, et le comte Guillaume de Furstenberg, qui venait d'entrer dans la ville avec ses troupes, avait demandé qu'on leur accordât le libre exercice de leur culte. Farel arriva à Metz le 3 septembre , et prêcha malgré l'opposition du Conseil des Treize , et malgré les moines qui firent sonner les cloches pour couvrir sa voix. Cependant , il fut obligé de quitter la ville avec ses partisans ; ils se retirèrent à Montigni. Sur la plainte des catholiques, l'empereur donna un édit défendant aux habitans de suivre les prédicatkMis. Là-dessus Farel se rendit à Gorze, où il continua ses assemblées sous la protection du comte de Furstenberg. Mais, malgré le traité fait â Pont-à-Mousson, en mars 1 543, le duc de Guise marcha contre Metz, et surprit les réformés à Gorze, le {our de Pâques ; ses troupes en massacrèrent beaucoup ; le reste fut dispersé; Farel luimême arriva blessé à Strasbourg.

Plusieurs affaires fâcheuses l'atteadaieut à Neucl\âteL 11 s'y trou-

\ait encore toujours beaucoup de personnes mécontentes de '. pKne. Même son collègue Chaponneau eut, à cet égard, une le opiniâtre querelle avec lui. Ce n'est que peu de temps avant î que Chaponneau se réconcilia. Son remplacement causa de m difficultés Car on voulait élire à sa place un homme qui ne trop rigoureux. Mais Farel réussit à faire appeler auprès de ami Christophe Fabri.

Genève avait conservé un profond attachement pour son n teur. Il y alla à plusieurs reprises, et fut reçu chaque foi manière la plus touchante. Calvin désirait même qu'il fût comme pasteur à Genève; mais le gouvernement de NeucJ voulait pas y consentir.

Cette période de la vie de Farel n'esl: qu'une suite de voyage travaux , pour propager et consolider la réforme. Le plus so va à Genève , surtout depuis que Calvin avait à lutter de n contre la faction des Libertins. Les paroles sévères que Farel sait aux magistrats et aux citoyens rétablirent chaque fois 1 et la tranquillité.

" En 1 549 il assiste à Zurich à l'assemblée qui fait le con deux années après, il convoque un synode à Neuchâtel (4 mars et quelques mois après nous le retrouvons à Genève , défei prédestination contre Jérôme Bolzec.

Quand on songe à toutes ces fatigues , on s'étonne que F ait toutes supportées sans en être accaUé. Jusqu'à présent tout enduré sans accident; mais en 1 555 il fut attaqué d'une si grave , que ses amis et lui-même désespérèrent de sa guér fit même son testament ( 1 5 mars) . Ce document est rema par la piété et la soumission qui l'ont dicté. Toutefois il fut il reprit aussitôt sa tâche, et assembla un synode ( 1 5 mai) qui des constitutions et ordonnances évangéliques.

Après plusieurs nouvelles* excursions , Yîi^et lui écrit pour de se rendre à Genève, où, en ce moment, on jugeait Michel

( ï6) Cet inconceTable procès touchait à son terme; Fassentiment des Eglises delà Suisse était arrivé ; Farel lui-même avait insisté sur l'emploi de la mesure la plus rigoureuse ; de sorte que Calvin et les magistrats de Genève ne virent plus d'obstacle à faire exécuter la sentence. C'est le 27 octobre i553 que le supplice eut lieu. Farel accompagna l'arien espagnol au bûcher , l'exhortant vainement à renoncer à ses opinions.

Cette journée fit de nouveaux ennemis à Calvin , et grossit le parti des Libertins. Farel , ayant prêché avec force contre les fauteurs de discorde , fut accusé devant les conseib de Genève. Il est appelé de Neuchàtel pour répondre ; il arrive , il est insulté et menacé dans les rues; mais, devant les magistrats, il parle avec un tel entraînement, que tout le monde en est ému , et que ses accusateurs eux-mêmes lui demandent pardon de leur conduite.

Malgré son grand âge il fit encore de nombreux voyages dans llntérét de l'Evangile , surtout pour solliciter en faveur des Yaudob persécutés , et des réformés français , que le roi Henri II opprimait cruellement. Dans un de ces voyages qu'il fit avec Théodore de Bèze, il parvint jusqu'à Worms, où étaient assemblés des théologiens, et des ambassadeurs de princes d'Allemagne. Les deux amis présentèrent une confession de foi touchant la Sainte-Cène , qui fut reçue avec bienveillance , surtout par Mélanchton.

Un essai de réformer Porentrui demeura sans succès.

Vers la fin de 1 558 Farel épousa Marie Torel , de Rouen. Cette résolution du vieillard de soixante-neuf ans parut étrange à beaucoup de gens, et donna lieu aux plus sottes calomnies. Nous ne nous arrêterons pas à les réfuter.

C'est sans doute au commencement de 1 55g qu'il visita quelques églises du comté de Nassau-Saarbruck ; il dédia au comte Jean son Traité du vrai usage de ta croix ^ qui fut imprimé en mai i56o. En i56i il parcourut de nouveau les principales villes de la Suisse, pour faire une quête avec les députés des églises vaudoises. Â peine fut-il

(17) de retoui^ à Neuchàtel , qu'il fut demandé par les réformés ville nallde. Il partit avec son collègue Fabri. Le 1 5 novembre riva à Gap, où, malgré quelques résistances, U prêcha avec fruil qu'à Grenoble, où il passa lors de son retour. En mai 1 564 î^ ^ ^ ' Genève , pour voir encore Calvin mourant ; les deux amis se leurs adieux, et Farel retourna aussitôt à son Eglise. Il la de nouveau et pour la dernière fois , au mois de mai de 1 suivante , pour aller à Metz. Son affection pour l'Eglise de cet était remarquable. Souvent il lui avait adressé des épitres {: consoler et pour l'édifier, et il désirait ardemment de la rev< core avant sa mort. Le conseil de Neuchàtel lui donna poui pagnon un . de ses membres , afin que le vieillard n'éprouvât accident» Il arriva à Metz le 1 2 mai 1 565 , y prêcha le lendc et revint peu de semaines après à Neuchàtel, malade et épui 1 3 septembre une mort douce et sereine vint couronner cet rière de soixante-seize ans , et l'àme de Fard retourna dans du Tout-Puissant.

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