UNE VOIX
Faust» ne m'oublie pas.
FAUST
Mon génie !
hA VOIX.
Ton ami.
FAUST
L'ami de quif
IiA VOIX.
Ton aitii«
FAUST
Va-t*en au diable. Je ne veux point d'ami.
I«A VOIX
Ton ennemi.
FAUST
Eh Imch ! alors je puis fnmex. ^
LA VOIX
AppeUe-flMH , si ta as besoin de moi.
FAI79r.
Soit! Si ta yiens poor me porter secoom, poorqaoi cniadrais^je de te rencontrer dans cette maison inCune, dans ce tempk de yice F C'est id la prison de llionneDr Une étemelle obscarité j règne. Je veux éteindre cette luDÛère et te parler dans les ténèbres. Si tu es mon ami| prouve-le moi; si tu ne^l'es pas, demeure dans Tenfer.
Un rideau se lève, et l'oo aperçoit des sacs d'or et d'argent, des amas de bijoux.
LA VOIX
3 e donne à mon ami les biens de ce monde.
FAUST
Est-ce vr^?
Un antre rideau se lève et découvre des couronnes, des sceptres, des titres de noblesse.
LA VOIX
Les grandeurs de ce monde à celni que j'aime.
FAUST
Ah ! des couronnes !
La acène change de nouveau et présente d«s
(i48) groupes de jeunes filles qui dansent ensemble. Une douce musique se fait entendre.
LA VOIX
Les joies de ce monde à celui qui ^t à moi
Il eu manque encore une.
Le i^ideau se lève de nouveau et laisse voir une bibliothèque, et sur le devant une pyramide en marbre au-dessus de laquelle s*élève le buste de Faust couronné par la gloire.
LA voix.
L*hoMieur et la renommée à ceux qui me suivent.
FAUST
Où suis -je P Quel tourbillon m'entraîne P Est-ce la réalité» ou n*est^ce quW rêve enfanté dans Tardeur de mon imagination? Oui, je le sens â l'impression qui me domine encore. Cétait la réalité. Oh! comme ces tableau m'ont saisi» comme il me tarde de posséder et de jouir! J*aime celui qui me les a montrés. Arrive donc» puissant esprit» si tu peux satisfaire mes désirs Arrive. Je t'appelle.
Méphistopbelès entre» et au moment où la rumeur redouble, où Ton entepd les portes que l'on brise, la foule qui arrive en tumulte , il remet à Faust un livre, et ce livre l'emporte dans les airs.
Vient ensuite une scène très-comique^ où Knel- Kus» poursuivi par des étudians amis de Faust» s'est
(«49) réfogîè ïïd haut .d'une fontaine^ et là, tremblalit-dé tous ses. membres , ne pouvant pas aller pluà loin^ ne ponyant pas descendre, implore d'un ton lamentable la pitié de ses adversaires.
Cest aussi une très-bonne idée du poète d'avoir introduit dans sa pièce le père de Faust Le pauvre vieillard avec sa bonhomie, sa croyance simple ^ sa vie si régulière, fidt un grand contraste avec Tesprit ardent et l'eiistence étrange de son fUs. Dans l'humble village où il demeure, il a entendu parler des débordemens de Faust j il a eu des rêves affreux, où il le voyait se jeter hoi's de la bonne voie, tomber entre les mains du démon; et il n'a pu résister à ses craintes, à ses souffrances. Il est pe^rti seul, à pied , et s'en est venu de bien loin à Ingolstadt, pour s'assurer par lui-même de la vérité des rapports qu'on lui a &its. Faust, qui doit avoir d^ns la nuit même un rendez-vous avec le diable,^ rentre, aperçoit un étranger dans sa chambre et, croyant le. reconnaître, se sauve avec terreur.
WAGNER
Pourquoi donc ne voulez- vous pas lui parler?
FAUST
Est-ce mon père?
WAGNER
Lui-même.
FAUST
Que bil-il ici? Que demande-t-il? 11 m'est impossible
i' ptésenti.... Non, je ne pms pa», je ttédois pas bi parier!
Impossible? dites -voua.
FAUST
Val Va!
WAGNEB.
Que dois- je faire?
Regarde cette cliaine d'or et cet annean, yoili tout et qui me reste. Ptends-Ies. II te demandera pent-ètre ce qiie fai fait de mon héritage; dis -lui que je n*ai plus rien. Ëcoiite encdte. Tout doit-H donc se réunir pour m*aiiliger? Écoute y dis^lni ce qne tn voudras, mais fais es sortfe de Téloigner.
WA«llEa«
Docteur ?
FAUST
Eh bien! quoi! veux- tu donc venir encore me tourmenter avec tes larmes ? Je veux me séparer de yons si vous ne vous en allez pas : je quitterai moi-même cette demeure.
WAGRER.
Âb! oui, et vous emporterez la malédiction qoi plane déjà sur les lèvres de votre père ? Les autres courent avec joie au-devant de leiurs parens, et vous, docteur! docteur! Tenez, voici que votre père vient lui-même.
FAUST
Loin de moi, va-t*en, va-t'en.
(^ftagnefwn.}