‹ Études sur GoetheChapitre 9 sur 44 · LA GOURMANDISE · texte numérisé non relu

LA GOURMANDISE

Que le diable t'étouffe !

f AVST. .

ÉUmÊt4iÊi toî*niène, gearmandel Et toi, la aixiènie, qui Q$-4n?

LA PABESSE (idillofU).

Uil ab! Je sus la Paresse: Je fus mise au monde suc un gaxon de soleil doré. Âh bab ! je ne dirais pas un mot de plus pour la rançon d'un roi.

Et tof, qm es-tu, la septième, et decnière,' maîtresse biroBie?

Moi, Miniiear? Je a^ ccUe qui aime mieux im pouce 4e clfaii, fratcbe qu'une aune 4a poisson firit; et la première lettre de mon nom est Luxure.

Faust Toyage ensuite b travers lllalit et F Allemagne} Je diable lui donne HéUne pour naitresse.

et il meurt au bout de ses vingt-quatre ans, comme la chronique le raconte. *

' L'idée de Faust se retrouverait facilement aussi dans le Difformed transformed de Byron, et surtout dans Manfredj qui est peut-être la seule œuvre dramatique de ce genre à mettre à côté du Faust de Gœtbe. Sans doute la pensée philosophique est moins développée dans le drame anglais que dans le poème allemand; l'espace y est moins large; la vie humaine ne s'y représente pas sous tant de formes, et les repUs de l'ame n'y sont pas si scrupuleusement déroulés l'un après l'autre. Mais quelle force ! quelle puissante nervure dans toutes les parties de ce* drame si compacte, si audacieux! Ne pourrait-on pas le comparer à cette montagne de glace sur laquelle il nous emporte; là, où l'aide semble craindre d'élever son vol, où les nuages épais s'arrondissent comme une ceinture, où des abîmes s'entr'ouvrent, si profonds que l'œil ose à pane les mesurer et la pensée les concevoir? Jamais, peut-être, les orages de l'ame n'ont pris, pour se Êiire entendre, une voix plus sombre et plus énergique; jamais le remords qui poursuit l'homme avec son fouet sanglant à la main , ' les passions qui le déchirent, l'incrédulité qui le ronge, ne se. sont montrés sous un a*spect plus sinistre. L'œuvre ne s'étend pas plus loin que la peinture d'une individualité. Mais tout'ce*qui l'environne; tous les tableaux de la nature^ toutes

les créadons mystérieuses du génie ; tout ce qui eiîste, et tout ce qui est rêvé, tend à rendre cette indîndualité saillante, majestueuse, terrible, comme un orage avec ses ténèbres et ses éclairs; comme un grand roc nllonné par la foudre.

. Parmi les Allemands, licssing est venu d'abord qui avait tracé le plan d'un Faust, et en avait même écrit. déjà quelques scènes. On doit vivement regretter que le célèbre auteur de Nathan le Sage , d'Émilia Galoui, n'ait pas achevé son œuvre. Elle ne pouvait manquer d'être tout-à-fiiit hors de la ligne ordinaire. Dans les derniers temps le goût pour la tradition de Faust s'est ranimé d'une manière surprenante; soit que cette tradition d'un homme tombant de degré en degré dans le précipice du doute, dans la satiété et le dégoût de tout ce que lui offre la route ordinaire, se trouvât en rapport plus immédiat avec cette époque de mal-aise et d'incrédulité ; soit que la pièce de Faust eût servi comme de point de mire aux poètes de la jeime école. On a eu un Faust de Lenz, de 6hamisso,.de Schink, de Grabbe, de Holiei, de Klingemann; un roman de Seybold, de Bechstein, de Gerle; et quatre opé-» ras, dont un a été mis en musique par Spohr. Dans ce grand nombre d'ouvrages, construits d'une manière si différente sur le même sujet, nous en choierons deux qui nous paraissent être très-reniarquables : c'eslla tragédie de Mûller, le peintre à qui

l'on doit aussi xm très-boa drame sar la cbroniqae de Geneviève et plusieurs autres pièces de théâtre; puis le roman de RUnger.

La pièce de MuUer parut en deux perdes s la pre* mière sous le titre de SUuation de la vie de Fausi^ ManhcSm, 1 776; la seconde intitulée VU de Fausij Manheim, 1778 (*4).

Ce drame est plein d'esprit, d'originalité et d'uM sorte de humour qui donne encore un attrait plus piquant auK beautés qu'il renferme. L'idée première, qui en forme comme le noyau, est intéressanie et élevée. MûUer a pris Faust comme l'homme de gèrne qui ne peut se ployer aux calculs ordinaires de k vie, se mêler à la foule, suivre les sentiers batnu; comme l'homme de génie auquel s'attachent la haine du monde, l'envie des êtres médiocres; l'homme qui inspire de grands dévouemens, mais aussi de grandes animosités; et qui, las de la route où il se sent à l'étroit, de l'horiaon qui borne sa vue, de la sdeoee qui trompe ses efforts, finit par se donner au diaUe, et Élit pitié au diable lu^^mème.

Le drame s'ouvre à minuit, dans lés ruinesjd'use vieille église gothique. Les démons sont là qui tien* nent un synode; Lucifer, leur roi, se plaint de la fidblesse^ de la misère du siècle. U n'y a plus de grands crimes à commettre, de grandes Tertus à séduire. Tout est commun, vulgaire, soumis à un effrayant niveau de médiocrité : c'est le vice qui se

traSneaféc ses paltes de velours danstouies les classes delà société; c'est le péché quiberce tous les hommes. Le coup d'oeil est flatteur pour Lucifer » mais pourtant monotone. Après lui, Mogol, le dieu de l'argent, gémit de n'avoir plus de grands fleuves d'or à fidre couler mtre les mains d'un honnne qui aurait su en ûrer hon parti Tout s'en va par petites mesures et par petits canaux; les faonuues calculent, épargnent, forment kurs trésors par sous et par de* hiers; les plus grosses sommes tombent entre les mains du pige, si ce n'est entre les mains d'une mère qui vend l'honneur de sa fille; et le reste s'en va comme une maigre source, dont on cherche à recueiUir chaque goutte. Cacal , le démon de k volupté , veut quitter le monde, où il n'a plus rien à Ëiire. Une femme trompe son époux, un amant séduit la jeune fille; k luxure s^ glisse dans toutes les de-» meures, se montre à tous les regards, court dans toutes les veines, et l'on pèche et l'on se damne sans quele démon puisse avoir le pkisir d'y prendre k moindre part. Ensuite^Atoti, le maître des litté* ratenrs, arrive encore tout étourdi des vers rocail-* lenx , des harangues sottement pompeuses , des phrases ridicules qu'il a entendues, de ce ckbaude* ment stuptck de taont de pauvres écrivains, qui s'en^ cessent tour à tour ou se déchirent, se mettent k couronne sur le front, s'appellent génies , s'a|^l-> lent dieux, se donnent l'un à l'autre un brevet d'un-

mortalité, et s'endorment enfin 3ur les mêmes oenvres avec lesquelles ils endormaient leurs lecteurs.

Alors Lucifer pousse un grand soupir, qui ressemble au mugissement du vent, et s'écrie: c'en est fait, il n'y a plus lien de beau à voir dans le monde; il n'j a plus rien de grand sur cette terre, où nos regards se reposaient autrefois avçc tant de saûsfiu>tion. Pas un de ces graves hermites contre lesquek toute notre cohorte pouvait en vain se réunir; pas un de ces profonds repentirs^ contre lescpieb ii nous fallait si fortement lutter. Pas un seul Néron; pas un pauvre Ruggieii

Soudain arrive Méphistophelès, qui s'écrie : oui» ^ il y a encore dans ce monde un homme, qui est vraiment grand, et je promets de te l'amener.

Eh bien! j'attendrai le résultat de ta promesse * dit Lucifer, et si die ne se réalise pas, j'abdique mon trône ; je ne me soucie pas de me tounnenter si long-temps pour la patrie, de régner sur tant de misérables. Alors prendra le sceptre qui voudra, et le peuple de l'enfer pourra bien être comme un troupeau abandonné.

La.- dessus Lucifer lève la séance, avec la colère d'un roi auquel ses sujets refusent d'acquitter les impôts. La troupe infernale rentre dans ses demeures souterraines, et Méphistophelès prend avec lui une troupe de démons des plus fins et des plus expérimentés, pour s'en aller trouver Faust

Faust habite Ingolstadt : c'est un docteur très** renoniflié pour sa grande science, mais très -peu pour sa bonne conduite. Les étudians ont pour lui une profonde vénération; mais les marchands n'osent lui iaire crédit Un homme qu'il a. humilié par sa supériorité, le magîsterKnellius, orgueilleux, lâche, pédant, enyiéux, gonflé de sa propre importance, ennemi de celle des autres, hors d'état de lutter dans sa chaire de professeur contre Faust, et ne pouvant vivre tranquille, tant qu'il le sent à Ingolstadt , ameute contre Im une troupe de juifs , d'ouvriers , de vagabonds ramassés dans la rue. On accuse le docteur de vouloir fiiire banqueroute. Les usuriers, qui lui ont prêté de l'argent, viennent réclamer le capital et ]es intérêts; les ouvriers veulent être payés de ce qu'ils ont fait pour lui; et Knellius est là qui attise le feu, souffle dans tous les cœurs la colère, le besoin de vengeance, et marche lui-même en tête de Témeute.

Pendant ce temps, Faust est dans une salle d'auberge,, où il joue en homme désespéré. Il a déjà perdu la plus grande partie de son bien; il' apporte le reste de son argent, tout ce que son brave père lui a donné, tout ce qu'il a reçu de la vente de son patrimoine. Il le jette sur la table, et le perd en deux coups de dés. Au même instant l'orage gronde. Les cris de la multitude, qui poursuit Faust, se font entendre. Les joueurs se sauvent; Faust reste seul,

lO

livré à sa rage, à son déses|)oir, n'ayant plus aucune res60uix:e et menacé par un danger pressant

— Saayez-vôus, saurez- vous, lui crie encore un de ses compagnons de jeu, on en veut à vos jours.

FAUST

Ya-fen, ou mon épée te traversera le corps. Si tu portais une antre figure que la figure humaine je ne te naodirais pas. Mais les hommes me font mai â voir.

QUELQUES flOHSnS.

Que dit-il P

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