‹ Études sur GoetheChapitre 14 sur 44 · BURTHE · texte numérisé non relu

BURTHE

Les pauvres femmes ont pourtant beaucoup de peines en se chargeant d'une telle entreprise. Un célibataire est difficile à convertir.

MÉPfllSTOPHELÈS.

Une femme comme vous pourrait seule parvenir à m rendre meilleur.

BIARTHE.

Dites-moi franchement, n'avez-vous jamais rien trouvé qui fixât votre cœur quelque part ?

MÉPHISTOPHEI^S.

Le proverbe dit : un foyer à nous et une brave femme valent les perles et l'or.

HUaTHE.

Je demande si tous n'avez jamais reçu quelque faveur ?

HÉPHISTOPHELES.

Oa m'a partout accueilli très- poliment.

BLkRTHE.

Non, jc^ veux dire s'il n'y a encore rien eu de sérieux dans votre cœur?

HIÉPHISTOPHELÈS.

Avec les femmes on ne doit pas se hasarder â plaisanter.

MAnTHE.

Ah ! vous ne me comprenez pas.

MÉPmSTOPHELES.

Cela me fait beaucoup de peina Mais je comprends

cependant ^e vous êtes très-bonne pour moi.

(^Ils passent).

FAUST

Ainsi tu me reconnus aus»tàt, mon petit ange, quand l'entrai dans le jardin?

MARGUERrrE.

Ne vous en êtes -vous pas aperçu? Je baissais les yeux.

FAUST

Et tu me pardonnes la liberté que j'ai prise dernièrement lorsque tu revenais de l'église?

uauguerite.

Oh! j'étais alors stupéfaite. Jamais rien de semblable

ne m*ëtait arrivé , jamais personne n'a pn mal parler de moi. Mon Dieu*, pensais -je , anrait-ii donc remarqué en toi quelque cbose de hardi , d'inconvenant ? Il semblait croire qu'il pouvait agir avec moi comme il le voudrait Cependant» je l'avoue, je ne sais ce qui commença anssitit à me parler secrètement en votre faveur, mais fêtais fichée contre moi-même de ne pas pouvoir l'être davantage contre vous.

FAUST

Mon doux amour!

BtARGUEBriE.

Laissez- moi un instant

(^Elle cueille une marguerite et en iin les feuilles Vune après ï autre.)

Que veux-tu donc faire ? Un bouquet ?

MABGCEaiTE.

Non , c'est seulement un jeu.

FAUST

Comment cela?

BIARGUERITE.

Âllezrvous-en, vous vous moqueriez de moi.

{Elle continue à effeuiller la marguerite en prononçant quelques paroles).

FAUST

Que murmures-tu donc?

MARGUEioTB (^à demî-voix).

Il m'aime il ne m'aime pas.

FAUST

DoDce figure céleste !

MARGUERITE (cOiltl/UI^).

Il m'aime non il m'aime non.

{^Arrachant la dernière feuille ,

avec un cri de joie :) Il m*aime!

FAUST

Oui, mon enfant, accepte la réponse de cette fleur

comme un oracle de Dieu. Il t'aîme. Comprends-tu bien

ce mot? II t*aime!

(// lui prend la main,)

% MARGUERITE

Je me sens frissonner.

Ob! ne crains rien. Permets â mes regards, à mes serremens de main, de te dire ce qm est inexprimable ; sV bandonner à son amour et goûter un bonbeur étemel, oui étemel ; car s*il venait à finir ce serait le désespoir. Non, point de fin , point de fin !

(^MarguerOô lui serre la nuUn et s'éloijgnei Faust reste un moment réffeur et la suU.)

MARTBS.

La nuit approcbe.

MÉreiSTOPHElis.

Oui, et nous deyons partir.

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