‹ Études sur GoetheChapitre 24 sur 44 · CHABLES · texte numérisé non relu

CHABLES

Veux- tu que je raconte l'histoire des enfans pieux P

GonraiEn.

Âjnrès dBné.

€BAaLl».

Je sais encore quelque chose.

Quoi donc^

Jaxtilaiisen est un village avec un château sur la Jaut U appartient depuis deux cents ans aux seigneiin de Berlichingen.

Connais-tu 1^ seigneurs de Bcrlidtingen P {Charles k regarde embarrassé,)

ouftnuBD (à pany,

 forc^ dé science, il de cosnittra [Utt sam fèsL A qui appartient Jaxthausen P

Jaxthausen est un village avec un château sur h Jazt

GOTimiED,

Ce n*est pas ce que )e ie demande. Yoili pomtint

-connue les femmes élèvent les enfi|ns ! Je ioÊaamak Imis

les sentiers , chemins » passades , avant que de savoir le

nom d'un fleuve ou d'une rivière. Ta mère est-dle i la

cuisine p

Oui , (>apa. ÉUe cuit des navets et un agneau.

GOXT7RIED.

Sais-tu cela aussi, maître Jean cuisinier?

CHARIiÈS.

Et pour mon dessert, )M taille ine donnera une pomiee cuite.

GovmnD

He peux'tu pas la inaiiger ente?

CEIARLES.

Cuite, elle est bien rodlleiire.

QOTTlftlEII.

Il faut toujours que ta aies quelque cbose à part ^ Weislingen, je rerieus dans un instant aupris ée voin Je yenx dire bonjour â ma femme. «-^ Viens » Charles.

CQABLES.

Qui est cet homme P

GOTTT^ED.

Salue-le, et prie-le d*âtre plus joyeux.

rjiiinTiis. /

' Voici ma main, réjods-toi > le dlnet est bientAt prit

AD ALBERT (^V embrossont).

Heureux enfant, qui ne connaît encore point d'autre malheur que d'attendre long- temps la soupe!

WeWlingen est ua camctère &ible et irrésolu, étroit et ambitieux i qui fidt un étcango contraste aYec la drokure et la fermeté de Gotifriod» Il y a poiu^ tant éBoore du bon au fond de son cœtir. la voix de Bértiohiagen , ;auirefois son ami , réveille eti lui d« remords et de nobles pensées; sa loyauté le subfugue ; il le quitte en jurant de lui rester fidèle, de se pins rentrer k la cour de l'évèquedeBamberg.

(ag6)

Bflau le monde Fa déjà enlacé par trop de liens : h flatterie d'un grand aeigneur, la vanité, régcâsme, reprennent bientôt leur empire sur lui,, et les sedaotions adroites d'une femme lui font oublier tontes ses promesses. En peu de temps il dëvie de la route qu'il avait le projet de suivre; il tombe de degré en degré; il devieiit Tennemi le plus acharné de Gouftiedy et meurt misérablement, trahi et empoisonne' par Sa femme, méprisable à ses propres yeux, et méprisable aux yeux des autres. Gœthe a très-bien suivi ce caractère dans ses variations, ses dévcloppemens, et de tous les caractères le plus difficile à bien peindre, est sans doute celui <]ui se tient toujours dans une assiette aussi indécise, passant saocesnvement du bien au mal, puis se rdevant,pais retombant encore par fiôblesse, par eatrainement, sans pouvoir se rendre lui-même compte des ressons secrets cpi le font ag^r, des nuances pres<{ue imperceptibles qui le dessinent

Cest aussi up caractère tracé avec beaucoup de hardiesse que celui d'Addaide, la femme de Weislingen. Les passions la maîtrisent, le vice s'est eoiparé d'elle, le crime s'approche et ne l'effraye pin»: il feut qu'à tout prix elle assouvisse ses dénrs, et ses désirs changent si rapidement I EUe a aimé Wcîs* lingen , elle a aimé son page, elle aime encore Sickingen ; elle empoisoupe les deux premiers poor garder avec plus de sûreté le troisième, qa'dleem-

(^97) pois^mnérat probaUement encore pins tard, ai elle ne tombait sous le poids d'un jugement du tribunal secret Cest un être horrible à voir à coté de cette chaste et modeste figure d'Elisabeth, la femme de Gcetz, ou de la douceur angélique de sa sœur Marie. La vie d'Adélaïde a été affreuse, sa mort est plus affreuse encore.

Elle est seule dans sa chambre à coucher le soir, et de sombres pensées la poursuivent

« Si le jour venait au moins! dit-elle. Je ne sais quels étranges pressentimens m'agitent , et l'orage enlève le sommeil au voyageur paisible. Je suis si lasse que je pourrais pleurer ; j'ai tant besoin de repos ; je compte chaque minute de cette nuit éternelle, et elle devient encore plus longue. Tout est si obiciirl pas une étoile au ciell Les lénfebresl La tempête! Cest par une telle nuit que je te rencoor irai, âckingen; par une telle nuit tu reposas dans mes bras. Ma lampe manque d'huile. C'est si triste de veiller dans l'ombre. {Elle sonne.) Il faut qu'un valet renonce à son sommeil. Je suis si isolée ! Les passions impétueuses me traaient autrefois si bien compagnie que je n'aurais pas été seule dans la caverne la plus retirée; et maintenant elles dorment, et moi je reste debout comme un malfaiteur devant la justice. J'ai quitté ma petite fille. — Weislingen est-il mort? {E^e sonne.) Personne n'entend. Le sommeil leur ferme les oreilles. -^ François est-il mort? — Céiait

tm aàmkbïé garçon* {Elle s^appuie sur la ùMe.) Sickângeal Sîckmgeiiil {Bile s^endorL)

FRANÇOIS ÇapparaU).

hàébSàél

LE HEuaTRiER {sortoiU de dessous le là). Enfin elle dort, elle m'a rendu le temps long.

L*EsmiT DE imAMçons.

' Adélaïde! (H sÀHtnowi.)

ADELAÏDE (s'é^eilliUU).

Je l'ai vu. Il luttait avec les angoisses de la mort. Il m'appelait. Il m'appelait. Ses yeux étaient creux et pleins d*amaur. — Àh ! un meurtrier !

LE UEURTAIEa*

It*«ppèUe pas. Tt appdles la mort L'espiif de la ratfiPM^ 90 permet pa^ qu'on irieue i ton seoottis^

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