‹ Études sur GoetheChapitre 33 sur 44 · LA PRINCESSE · texte numérisé non relu

LA PRINCESSE

Si je dois t'écouter plus long -temps. Tasse, modère cette ardeur qui m'effraie.

LE TASSE

Les bords de la coupe peuvent-ils arrêter un vin qi

éctme et s'élève en boulilomiiiit ? Chaque parole de toi augmeiite mon ardeur, à chaque parole ton regard devient plu3 briUant» Je me sens changé an dedans du coeur , je ne sens délivré de tout chagrin , libre comme un dieu, et je te dois tont cela! La force inexprimable qui me gon* veme découle de tes lèvres ; tn m'absorbes en toL Je n*ai plus rien de ce qni appartenait à mon être. Mon regard se trouble dans le bonheur et dans l'amour ; mes sens vacillent; mes pieds ne me soutiennent (dus. Tu m'attires invinciblement â toi ; mon cœur s'en va sans cesse vers toi; je suis à toi pour jamais, prends-moi donc maintenant tout entier.

(// Fenlace dans ses bras et la • presse contre sa poitrine,")

LA pnincESSB Çle repoussant et se sauvant à la hâte). Loin d^ici.

Au même moment paraissent Éléonore, le duc et Antonio.

Le duc ordonne qu'on Tarréte; et le Tasse, combattu par un conflit de sentimens opposés, par Tamour et l'humiliation , par le souvenir de la pensée audacieuse qu'il a nourrie, par l'aspect de l'abime profond où il est tombé, laisse aller comme elle le veut son imagination qui s'égare, abandonne sa tète aux images sinistres qui le poursuivent, et voit apparaître dans son fatal délire les longs jours de misère et de deuil qu'il paaaera.

* « Oh! dit*il a Antonio alors, suis- je donc si raisénUe que je le parais ? Suis- je aussi faible que je dois Tétre à tes yeux? Tout est-il donc perdu P La doûlenr a-t-eile, conune un tremblement de terre, renyené de fond en comble Tédifice? N*7 a-t-il plus de talent jriche et varié pour me distraire et me protéger ? Toute la force que je sentais dan$ ma poitrine est- elle éteinte? Sois- je donc devenu rien , absolument rien ? Oui , toat est perdu. Je ne suis rien. Je me sub enlevé à moi*roème et die m'est

enlevée aussi, '* ^

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